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← ExitThe Manly Hall Manuscript Collection, Volume I
Herod and the Reduction of the Elements

Explication de la figure de la cinquième page qui contient l’histoire des enfants massacrés par Hérode, et les principes de l’art des philosophes. — Réduction des éléments.

C’est une chose épouvantable que ce qui est dit du

du roi Hérode dans cet emblème où il est représenté plus cruel qu’Hercule même qui massacre sa femme et ses enfants, plus inhumain que Saturne qui les dévore, plus dénaturé que le géant Phorbas qui étouffe les hommes, plus dur que Jason qui met Absyrte en pièces, plus vorace que Typhon ou, pour ainsi dire, que Tisiphone qui se repaît de la chair de son propre frère ; enfin plus avide de sang que le sanglier d’Erymanthe qui, en fureur contre Adonis, lui dévore les entrailles. Ce roi commande à deux soldats de massacrer des enfants arrachés du sein de leur mère, à deux autres de recevoir le sang qui coule de leurs corps, et enfin à deux autres, de rechef, mettre ce sang dans une grande baignoire, pour laver Phœbus et son épouse ou sa sœur, afin qu’ils se renouvellent comme ce Roi tourmenté de mille maux et qu’ils se régénèrent en une meilleure production.

Quoique le sang humain ait une vertu souveraine, ce qui a fait dire à des médecins profanes qu’un bain de sang humain est très bon pour arroser les terres, ne croyez pas pour cela, je vous prie, que notre philosophe

entende ceci du sang humain, car il ne faut pas prendre cet emblème tel qu’il se présente et au dépourvu, parce que sous son écorce il y a de profonds secrets cachés. Par ce sang il entend les esprits mercuriels sulfureux ou métalliques, dans lequel les poètes disent que Vulcain a baigné le soleil pour le purifier de sa lèpre. Comme nous lisons de Naaman dans l’Écriture sainte qui fut plongé sept fois dans le Jourdain ou dans la piscine que l’ange avait troublée pour être guéri de sa lèpre. Ceux qui approfondissent et qui creusent plus avant dans ces mystères qui sont au-dessus de tout ce que nous pouvons dire, par la tête de ce Roi couronnée d’un Diadème d’or et par son trône d’or ils entendent le soufre d’or qui est le capital et le fondement de l’œuvre, et par sa robe de pourpre qui descend jusqu’à ses pieds à la mode des Juifs, ils entendent la couleur extérieure du vif-argent dont l’esprit de notre roi est revêtu, et donnent à connaître que celui qui a inventé ces figures est notre philosophe juif. Par son trône nous le comparons à celui du prince des enfers qui est le soufre d’or, où il est

assis dans sa majesté royale, d’où les quatre fleuves d’enfer qui se répandent dans le Tartare prennent leur source, ce qui a donné lieu à quelques-uns de représenter Ophs, femme de Saturne, ou Vénus assise sur un trône d’or. Ils peignaient près d’elle à sa droite des lions et à gauche des serpents qui sont les premiers principes de cet œuvre, comme nous dirons ailleurs plus amplement. Elle tenait de la main droite un grand crapaud très noir et de la gauche une pierre faite comme une tête d’homme, pour nous faire connaître tacitement par les ombres et par les caractères de ces figures la corruption de la nature et la création ou génération du soufre. Par le large coutelas que ce Roi a à la main, il faut entendre ce que nous avons dit de la massue d’Hercule, de l’épée de Persée, de la flèche de Cadmus, de la pique de Pallas, du caducée de Mercure et de la hache de Vulcain, comme des clous qui attachent le serpent sur la croix, qui ne signifient rien autre chose que l’eau ou notre feu physique, céleste et végétable.

La terre vitriolique ou le soufre de Mars est

représenté par ces infortunées femmes qui sont par terre à demi mortes ; ces enfants arrachés de leurs seins et de leurs mamelles sont les sept parties du soufre, car il est formé de la pure substance du vitriol, et on appelle son sang l’esprit métallique des corps parfaits ; car de même qu’un enfant est nourri de sang dans le corps de sa mère et de lait lorsqu’il est né, de même notre soufre dans le corps de sa mère est nourri d’esprit de vitriol rouge et, lorsqu’il a vu le jour, doit être nourri et élevé par de fréquentes imbibitions, jusqu’à ce que, arrivé à l’âge des adultes, il soit fortifié d’une nourriture plus solide, c’est-à-dire d’un corps métallique par la fermentation.

Est-il surprenant de voir ces malheureuses mères étendues par terre à demi mortes et sans mouvement puisqu’elles sont privées de leur propre sang et de celui de leurs enfants dans lequel est leur esprit, leur âme et leur vie ? On peut rapporter à cet emblème ce qu’on a dit de la mort d’Adonis et d’Osiris, qui ne sont pas tués par ces soldats, mais de la dent d’un sanglier et de la griffe de Typhon, qui signifient la même chose que les esprits subtils de

notre eau ou de notre feu physique, qui dépècent Adonis et Osiris, c’est-à-dire dissout et corrompt radicalement l’or ou Adonis, qui est le fils de Vénus.

Une telle barbarie et une telle inhumanité ne convient qu’à des enfants de morts. Ils sont couverts de fer et armés de poignards et représentent le jeune homme dépeint dans le premier emblème, et ainsi signifient l’esprit mercuriel auquel est attribuée la vertu de dissoudre les corps, car rien ne peut plus tirer la teinture réelle de Vénus, excepté Mercure. Le nombre des satellites répond au nombre des enfants massacrés, si vous y comprenez le Roi. Ils sont requis dans les premières opérations. Les deux femmes signifient aussi les deux sortes de soufre. Il nous reste à expliquer ici la raison pour laquelle il n’y a que deux de ces soldats qui s’acharnent si cruellement à massacrer ces enfants ; deux seulement qui reçoivent le sang ; et deux qui le versent dans une grande baignoire. Cela marque, comme nous avons dit, non seulement la quantité de mercure, mais encore l’effet et la propriété de cet œuvre : non seulement sa vertu dissolutive et calcinante est représentée par les deux soldats

qui massacrent, mais encore la recette des teintures et le milieu qui le flotte est signifié par deux autres soldats, et on l’appelle aussi le voiturier des teintures et des âmes, ce qui est représenté par les deux derniers qui renversent le sang dans un grand vaisseau. La diversité des personnes exprimées dans cet emblème fait voir la diversité des substances contenues dans la matière, savoir le corps du soufre par les deux mères demi mortes, celui du soufre d’or et métallique par le soleil et la lune qui descendent dans la baignoire, et l’esprit solutif du soufre par le sang des enfants massacrés, comme celui de mercure par les sabres et coutelas de ceux qui les tuent et massacrent. Selon cette multiplicité du soufre, les poètes ont inventé et établi plusieurs Vénus : une qu’ils ont appelée chaste, céleste, Uranie, et avec le Soleil mère du Soleil et de la lune ; une autre qu’ils ont appelée terrestre et androgyne, née de l’écume de la mer, qui, avec Mars, Vulcain et Mercure, est le principe, non seulement des végétaux, mais aussi des minéraux et des métaux ; et une troisième qu’ils appellent physique, de laquelle, jointe avec le Soleil et Mercure, naît Adonis, qui n’est

rien autre chose que l’esprit caché et invisible de l’or, du vitriol et de mercure, et son fils qui préside aux autres dieux.

C’est ce qui fait dire aux poètes que Saturne coupa les parties honteuses de son père et les jeta dans la mer, et que sur les flots agités il s’éleva une écume, d’où naquit cette déesse. Ils désignent la vertu prolifique du soufre ou de mercure par les parties honteuses et par le Ciel, père de Saturne, dont ils descendent, et par l’écume de la mer ils désignent l’aphronitre, parce que la vertu génératrice est d’abord communiquée au nitre dont le soufre et le vitriol, qui sont avec le vif-argent les commencements et les causes principales des métaux, ont tiré leur origine. Tous les philosophes ont soutenu avec chaleur et opiniâtreté que les semences de toutes choses créées descendent du ciel par les éléments de la nature, desquels, comme de la jonction du mâle et de la femelle, se font les plus célèbres et les premières épousailles des choses. Ils ajoutent à tout ceci que la vertu séminale ou bien d’une vertu céleste par

une mixtion de peu d’heures procure la première origine au grand et au petit monde que nous appelons notre pierre ; c’est pourquoi ils prennent le soufre pour le Ciel, les génitoires pour Mercure et sa vertu corruptive et solutive pour la faux, sans lequel le soufre ou la teinture, invisibles d’ailleurs, ne peut être séparée de ses extrémités, c’est-à-dire de l’eau et de la terre, pour être transplantée dans le champ du soleil, plus noble et plus fixe, et sans lequel l’or ne peut pareillement être corrompu, végété, ni être multiplié à l’infini. C’est sans doute la vertu germinative de l’esprit génératif qui descend du ciel dans la mer, de l’écume de laquelle (savoir de notre nitre) naît Vénus qui, comme soufre intérieur et radical des métaux, se mêle avec eux, sans lequel aucun argent ne se peut coaguler en métal ; c’est pourquoi il est nommé par quelques-uns métal.

Il faut maintenant faire voir ce que ces choses signifient dans le monde de notre pierre. Par les parties honteuses du père, nous apercevons le soufre à la tête de l’alambic qui est figuré par le ciel,

l’esprit solutif, corrosif et frappant de notre mercure par la faux de Saturne, et par l’écume de la mer le sel ou le nitre qui s’élève sur notre mer de la corruption des dieux ; d’où notre Vénus ou androgyne de nature hermaphrodite a été appelée en langue arabique Ziniar, c’est-à-dire lumière et beauté ; c’est elle qui est la mère des Dieux, l’épouse du ciel étoilé, le huitième Jour où notre soleil commence de luire et est appelé comme au-dessus au huitième Ciel.

Voici encore ce qu’on remarque dans cette figure. Les jeunes enfants tués et leurs mères étendues par terre demi mortes figurent le corps du vitriol, c’est-à-dire la terre vitriolique commune ; par le sang qui coule de leurs veines, le soufre invisible et intérieur de cette terre ; par les soldats qui massacrent ces enfants, le vif-argent ou l’esprit mercuriel, parce que ce n’est qu’à lui qu’il appartient de tirer cette première essence ou cette teinture du sang de ces cavernes vitrioliques pour en pouvoir faire un bain pour laver et rétablir les membres malades et affligés du soleil et de la lune. C’est assez parlé là-dessus.

Dans le dernier feuillet du troisième septenaire est la représentation d’une solitude déserte et montagneuse, arrosée de l’eau claire de quatre fleuves qui sourdissaient de quatre petites sources, d’où naissent une infinité de serpents bleus par le dos et martelés de taches rouges et jaunes, qui faisaient mille plis et replis dans ces lieux déserts et inhabités.

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