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← ExitThe Manly Hall Manuscript Collection, Volume I
Multiplication and the Eucharist

et beaucoup au-dessus de tous les autres corps parce qu’elle contient non seulement toutes les vertus et qualités passives de l’esprit, de l’âme et du corps glorifié, ce que nous pouvons dire, mais aussi ses vertus et ses qualités actives puisqu’elle peut glorifier et espiritifier les corps imparfaits, puisque par la subtilité et pénétrabilité elle pénètre intimement et jusqu’aux moelles tous les corps les plus durs et opaques des métaux et du cristal, et qu’elle parcourt toutes leurs parties et qu’en s’insinuant en elles elle les convertit et transforme à l’infini en sa nature parfaite ou en une autre aussi parfaite. Or présentement il nous reste à expliquer la manière dont cela se fait.

Vous en doutez encore, ô hérétique, et vous ne rougissez pas d’être instruit par la nature même ? Que les noirs charbons des chimistes ne vous épouvantent pas, que leur nom vous fasse encore moins fuir et ne les regardez plus avec les yeux de travers comme les ennemis les plus déclarés du genre humain. Vous ne vous apercevez pas

que leur art qui vous déclare tant de secrets et de mystères est presque divin, que la peur de la chimie n’épouvante pas vos esprits dans la suite ; il faut premièrement savoir que je ne parle point de cette chimie spagirique qui ne s’occupe presque qu’autour des charbons et du feu et à de fausses et vaines teintures des métaux qui trompe toujours tout le monde sinon promptement du moins certainement. Mais je parle de celle qui a toujours pour objet Dieu et la vérité et la méditation et la connaissance de cette vérité, et qui ne remplit et ne nourrit point les esprits des hommes de l’espérance d’une vaine gloire ou d’une ambition démesurée ou de richesses infinies, mais qui répand en secret et libéralement les secrets cachés de la nature et de la philosophie morale et chrétienne qu’elle renferme au fond de son cœur. Vous avez jusqu’à présent été effrayé de ce nom vulgaire de chimie ; mettez bas cette frayeur, je vous en conjure, afin que vous ayez le contentement de connaître du moins les formes, les espèces, les individus, les genres, les qualités, les facultés et les vertus qui sont

cachées dans les accidents communs de l’eau ou de la terre élémentaire et vulgaire comme les parties des corps et leurs semences, tout ensemble et d’un coup d’œil, distinctement et sans confusion pour avoir réellement et actuellement sa forme de l’or avec tous ses accidents, c’est-à-dire sa fulgidité, sa malléabilité et son extension non pas simplement mais à l’infini. Ô prodige inconcevable ! Ces accidents ne sont pas seulement renfermés virtuellement dans notre pierre comme quelques-uns se le sont imaginé ; elle les renferme effectivement et réellement de la même manière que la pomme encore sur l’arbre et l’animal ont d’eux-mêmes dans leur semence la vertu de se régénérer. Sa nature ne diffère en rien de celle qui forme l’or dans les minières ; selon quelques-uns l’or ne mérite le nom ni le titre de véritable or s’il n’est condensé ni coagulé par le moyen du feu, et ils regardent cet or de travail comme un corps mort et inutile à l’œuvre, mais ce qui est au-dessus de la portée des esprits les plus sublimes et qui par l’éclat de la lumière

offusque les yeux les plus perçants de sorte qu’à peine peuvent-ils fixer leur vue dessus, est la manière par laquelle une même matière est plante et pierre, métal et minéral, corps et âme, élément, ciel, astre et tout et néanmoins un sans contradiction.

A Dieu.

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