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arbre bienheureux, il chasse des corps et des esprits toute infirmité, misère, langueur, tristesse, avarice, pauvreté, soin, inquiétude et embarras de sorte qu’en jouissant de ce divin nectar, il semble jouir par avance des délices de leur béatitude future.
La multiplication et de la nature de la pierre représentent la figure et le symbole du Saint-Sacrement de l’Eucharistie
C’est une chose admirable de voir combien ce sacrement de l’Eucharistie est loué et honoré dans l’église, et combien il l’a été par les anciens philosophes du premier testament, et combien il a eu de vertu et de puissance en tous temps. De sorte que quoique plusieurs saints fidèles nous en aient donné plusieurs indices et témoignages comme dans la multiplication de l’huile et du blé, faite par Élysée, et dans la résurrection du fils de la Naamatite, ou pour ainsi dire dans la confrontation
des membres du prophète aux membres de ce petit enfant dans le changement de la verge de Moïse en serpent qui dévorait les autres, dans le mystère de la manne conservée dans le tabernacle en témoignage de ce sacrement, qui avait tous les goûts qu’on voulait qu’elle eût. Jésus-Christ entre les autres a été non seulement l’auteur, mais encore le prophète lui qui est le fondement et la base d’un mystère si élevé et si caché et qui nous a laissé des marques si certaines et si indubitables de ce mystère futur, dans les changements de l’eau en vin aux noces de Cana, et dans la multiplication à l’infini d’un pain et d’un ou deux petits poissons et que presque personne à moins d’avoir perdu l’esprit n’ose le nier, quoique toute la famille des anges tremble d’effroi à la vue d’un si auguste sacrement, et qu’il n’est pas possible d’en écrire et d’en parler en termes assez relevés quoique le diable garde le silence et ne puisse comprendre un si grand bienfait de Dieu envers les hommes, et que toute la nature créée ne puisse pas ouvrir la bouche
sur une chose aussi sublime. Nous avons cependant résolu d’expliquer ce que cette dernière opération de la pierre physique qui contient sa multiplication donne à entendre, quoique sous des traits grossiers avant de finir entièrement cette philosophie naturelle et chrétienne du moins s’il y manque quelque chose ou plusieurs choses importantes qui conviennent pour manifester son immensité et sa dignité nous ne les rapportons pas : qu’on ne nous reproche rien qu’on ne nous blâme point parce qu’il n’y a point de progresser du fini à l’infini et nous ne nous ferons point de déshonneur de n’en rien dire, ainsi si dans ce chapitre nous parlons des symboles et figures de ce sacrement, prises de notre pierre nous ne dirons rien de nous-mêmes ; nous ferons seulement en sorte de mettre au jour les ombres et les purs modèles qu’elle renferme autant que le permettra notre faible génie ; nous nous en acquitterons avec d’autant plus de joie et d’attention que le fils de Dieu infini, immense et incompréhensible a voulu être renfermé dans une petite hostie, et sous les apparences du pain
et du vin et qu’il a bien voulu nous laisser, quoique nous en soyons indignes, des preuves vraies et certaines d’un si grand mystère dans ce secret de notre pierre presque divin, que nous avons recherché pendant toute notre vie, et non pas tant pour amasser des trésors et pour acquérir de l’honneur et de la gloire que pour connaître Dieu l’aimer et le servir. Si l’école des païens n’ajoute point de foi aux saintes écritures, si les paroles de Jésus-Christ ne leur plaisent pas, ils n’ont qu’à écouter et interroger la nature ; elle leur répondra que Dieu lui a confié le symbole d’un si auguste mystère, qui contient tout ce que nous croyons renfermé dans les autres mystères de notre foi, d’une manière divine, immense et impénétrable, parce qu’on y trouve non seulement Jésus-Christ incarné, mais ressuscité de la mort et glorifié très parfaitement dans le Ciel comme il est présentement mais encore la substance du pain et du vin transformée au corps et au sang de Jésus-Christ qui se trouve sous les accidents de l’un et de l’autre de sorte qu’on y voit tous les miracles de toute l’église
et de notre foi, et de tous les secrets de la nature d’une certaine manière digne d’admiration car comme il est le souverain auteur de ce sacrement, de même que de la nature comme il est le sacrement même et l’exemplaire divin et invisible de la nature et de tout le monde visible, il sera permis aux païens, aux hérétiques, et encore plus à tout fidèle chrétien de chercher de grandes et profondes merveilles dans la nature de ce sacrement.
Mais j’entends quelques hérétiques murmurer à ces paroles, comme s’il était possible à tout mortel de n’en parler que superficiellement ; j’en conviens et je l’accorde volontiers ; mais je dis derechef qu’ils ne jettent pas la vue sur moi mais sur la nature même, et sur ses ouvrages, et qu’ils voient eux-mêmes ce qu’elle a renfermé et caché dans cette dernière préparation savoir la multiplication qui est la figure et l’image d’un si grand mystère, non pas comme ils veulent que le sacrement est la figure même selon ces paroles de Jésus-Christ : les paroles que je vous ai dites sont l’esprit et la vie. Ignorent-ils ce que nous venons de dire tout à l’heure
des miracles d’Élisée, de Moïse et de Jésus-Christ même qui étaient alors les figures et les images de ce sacrement comme si elles ont été ou peuvent être appelées figures des figures ? Ne savent-ils pas que toute la nature créée est le caractère et le type visible et sensible des choses invisibles et n’est pas Jésus-Christ même ? Que doit-on conclure sinon que J. C. ne peut pas être le sacrement et la figure du sacrement ? Outre cela si ce sacrement est le précis et l’abrégé de tous les miracles de Jésus-Christ, tout n’était donc qu’ombre et que figure, même notre église ou plutôt la vôtre car ce ne sera donc plus qu’une idée certaine et un certain énigme sacré conçu seulement dans les esprits des hérétiques ; mais s’il vient que J. C. ait eu ce pouvoir, qu’ils envisagent du moins ce que J. C. fils de Dieu avec le père et le Saint-Esprit a pu faire d’une seule parole, lui qui est le verbe de la très Sainte Trinité indivisible et la sagesse qui n’est qu’esprit et que vie selon ces paroles : Je suis la voie et la vérité de la vie, qu’ils voient donc combien les paroles de J. C. sont pleines d’esprit et de vie
puisqu’elles ne sont pas la figure de Jésus-Christ mais J. C. même sur lequel est appuyée notre foi fermement établie qui pleine de vie et d’esprit ne se renversera jamais.
Qu’ils voient dis-je si on ne peut voir ce qui est au-dessus de leurs forces et si la pénétration de l’esprit à la vue de tant de merveilles qui brillent de tous côtés autour d’elle, ne se remplit pas avec avidité de tout ce que Dieu a opéré dans la nature, qui dans ce traité vous expose un symbole et une figure fidèle de ce mystère que vous devez croire, afin que vous soyez obligés (à votre honte et à votre confusion) de convenir aujourd’hui que ce que vous avez cru jusqu’ici impossible au Dieu fort, est possible à sa créature. Afin de développer la chose ouvertement et d’en convaincre les plus aveugles même il est à propos que j’étale ici les avantages et qualités qu’acquiert notre pierre dans sa multiplication, par sa résolution et corruption, lesquelles étant pour ainsi dire pénétrées par un esprit incorruptible, fixe et immortel et pleine d’une vie végétative, animale et sensitive,
elle peut renouveler, glorifier et rectifier non seulement les plantes et les animaux, mais encore le corps humain et toute la nature même, c’est-à-dire conduire tout à une nature souveraine et parfaite ; ainsi afin que la matière de notre pierre agisse sur les végétaux, les animaux et les minéraux il est besoin qu’elle ait une âme végétative, animale et minérale. De plus afin qu’elle exerce sur les métaux il est à propos avant tout qu’elle ait de la subtilité, qu’elle passe au travers de toutes leurs parties, ce qui dépend de la fusibilité mercurielle ; il lui faut encore de la fixité, autrement sa teinture s’évanouirait en l’air et n’attendrait pas le temps convenable pour introduire sa nouvelle forme.
Ce sont là les qualités de notre glorieuse pierre physique qui correspondent aux qualités des corps glorifiés, quoiqu’ils aient la nature de l’esprit ou de notre quintessence, et parce qu’on n’accorde point de mouvement local au métal qu’elle a refusé il ne possède point l’agilité des corps glorieux mais à sa place on substitue la fusibilité qui
pénètre les parties les plus intérieures du métal ; la fixité qui lui est opposée lui donne une si grande incorruptibilité qu’elle rejette toutes sortes de feux et surmonte même sa force et sa violence. C’est pourquoi ce sont véritablement et certainement les qualités de l’élixir arabique, la fusibilité, la subtilité, la pénétrabilité, la fixité, la fulgidité ou la teinture qu’on compare à la subtilité, agilité, incorruptibilité et lumière des corps glorieux. Qu’est-ce, je vous prie, que la fusibilité sans subtilité, la subtilité sans permanence et la permanence sans teinture ? Ce n’est certainement rien. La fusibilité étant de plusieurs métaux fait qu’ils ne se peuvent pas tous pénétrer ; c’est pourquoi la pénétrabilité et la subtilité sont requises et absolument nécessaires pour pénétrer par les plus petites parties. La première fusibilité est l’ouvrage de la nature qui mêle tellement les éléments dans le mercure ; suivant les règles de l’art, a besoin d’un artiste très subtil et ingénieux pour parfaire notre matière plus que la nature même, et elle la surpasse en ce qu’elle pénètre comme les esprits et passe au travers des corps
les plus solides et imprime non seulement sa forme métallique simple et plus parfaite, mais les élève au souverain degré de subtilité, de pureté et de permanence, séparée de toute matérialité et de toute corporéité mortelle. De même comme ils ont communiqué à leur matière un corps ils ont cru devoir le purifier de toute impureté pour le rendre meilleur, c’est-à-dire léger et volatil, et afin que dans la suite ce corps léger devienne fixe, car ce serait une affectation inutile de subtilité et de pénétrabilité s’il ne s’y trouvait de la fixité et de la permanence dans le feu qui retient la matière dans le feu aussi longtemps qu’il est nécessaire pour agir. Cette qualité n’est point encore une œuvre de l’art mais de la nature très prudente et très habile qui joint si bien selon les règles un soufre pur et clair avec un mercure homogène et très subtil qu’étant une fois unis ils ne se séparent jamais. Sans teinture où réside la forme et l’éclat métallique, et la subtilité, la pénétrabilité et la permanence dans le feu ne seraient d’aucun poids et
d’aucune utilité dans cet œuvre. C’est pourquoi il faut faire grande attention, elle est l’ouvrage de l’art et de la nature ; de la nature parce qu’elle connaît seule le poids des éléments et leurs dispositions à recevoir des formes, et de l’art parce qu’elle doit être multipliée dans ce sujet à l’infini pour pouvoir être communiquée aux autres à l’infini ; ainsi c’est un sujet suffisant et capable de se communiquer et de recevoir à l’infini. Enfin tout ce qui anime à la perfection de notre quintessence dont nous avons parlé ne vient que d’une juste union de l’humide et onctueux avec le pur et le sec, parce qu’il est certain que la froide terrestréité empêche toute fusion de même que l’humidité volatile résiste à la permanence du feu. Ainsi nous devons écarter loin de notre œuvre les choses qui peuvent communiquer la corruption et la mort au corps, autrement il n’arriverait en aucune manière à la glorification.
Parce que tout le monde ne comprendra pas ceci qui est écarté des yeux du peuple, il faut avoir recours à quelque expérience pour par ce moyen surmonter celui qui voudra s’opposer à nos démonstrations incontestables, mais que sais-je si on y ajoutera foi, cela n’empêche pas, je sais