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← ExitThe Manly Hall Manuscript Collection, Volume I
Lucretius Ovid and the Parts of the Human Being

résurrection de J. C. mais avec un rapport très semblable si nous la comparons à des choses purement naturelles car dans la mort de l’âme causée par le péché comme dans la corruption de quelque corps que ce soit, il se fait un renversement de la forme la plus noble, et une altération ou destruction de quelques propriétés et qualités ; de même dans leur vie soit qu’elle vienne de la grâce ou par la résurrection dans les choses métaphysiques, soit par la génération, régénération, et résurrection opérée par l’art ou la nature dans les choses physiques il se fait un changement et une introduction d’une forme plus noble, et plus parfaite ; avec cette distinction cependant que dans la résurrection la première forme moins noble et caduque périt et est détruite entièrement, et que celle qui est prise dans sa naissance se conserve. C’est assez sur les circonstances de l’incarnation du Verbe ; expliquons présentement ce qui regarde son avènement.

L’exemple et la preuve de cette vérité exposée paraîtra encore mieux par les recherches qu’on peut

faire sur notre pierre physique, et celui qui aura les yeux pénétrants apercevra tout d’un coup les causes et moyens de sa résurrection et de celle de J. C. Ceux qui ont vu et prédit que tout le monde ou toute la nature périrait et serait entièrement détruite par un déluge universel, éclairés qu’ils étaient par cette philosophie naturelle, ont tiré ce sentiment de la réduction de notre matière en eau. Dans le principe de cette opération toute la matière est eau, ce qui fait dire à Ovide : Tout était mer la mer même n’avait point de rivage, et alors, il n’y avait aucune séparation entre la mer et la terre.

Soit qu’il ait voulu parler de cette opération qui représente les commencements des choses, soit de celle qui arrivera dans le déluge universel : il est pourtant certain que tout a tiré les commencements de sa génération et de sa corruption, de cette inondation et que rien ne peut aucunement acquérir sa première purification que par le moyen de l’eau, c’est pourquoi dans le saint

sacrement du baptême on commence premièrement à purifier la tache du péché originel avec l’eau.

Nous savons cela sans en douter, qui empêche présentement qu’instruits de cette philosophie nous ne puissions conclure de la divine connaissance de notre pierre, qui n’était pas inconnue à nos pères, tout ce qui arrivera dans ce dernier jour, ou du moins en pressentir quelque chose ? Certainement la première purification des choses et leur renouvellement par la régénération ne commence pas autrement ; de même leur résurrection et glorification veut être fait par le feu, c’est pourquoi dans cet emblème sacré et mystérieux on dépeint l’image d’un roi dont les yeux sont comme la flamme du feu, et qui a plusieurs couronnes sur sa tête, qui a une robe blanche couverte de sang, avec une grosse armée de sa bouche sortait un glaive tranchant pour en frapper les nations, et le serpent qui avait fait des préparatifs de guerre contre lui, et il les précipite dans un étang de feu et de soufre, et les oiseaux se remplissent de leurs chairs comme cet

emblème explique la famille de ce mystère et de ce magistère, nous ne croyons pas indigne de notre explication. Par ce Roi armé d’un glaive tranchant des deux côtés, fait voir que cette troupe de soldats doit être mise à mort, ensemble avec le dragon à sept têtes. Le philosophe est appelé le roi qui a une si grande puissance qu’il change toute la nature métallique en sa forme d’argent et qu’il écarte au loin tout ce qui est hétérogène, impur et corruptible, qu’il remédie aux maladies et aux défauts du corps et qu’il ne souffre rien que ce qui est de sa nature, qu’il l’emporte de beaucoup sur toutes les substances des choses animées et inanimées à la réserve de l’âme raisonnable qui enfin acquiert une si grande vertu, si on le conduit à la rougeur que sa puissance et son empire se multiplient mille fois. Or celui qui règne dans le centre commande à tout l’univers ; c’est pour cette raison que le parot [?] l’imbibe du lait solaire et simil [?] ; il a pour lors une fixité si grande que aussitôt il boit l’eau solaire, ce qui fait que

dans cet œuvre les couleurs sont plus pourprées et célestes que noires. Il est néanmoins certain que par toutes ces imbibitions, toutes les couleurs qui sont dans le monde paraîtront avant que notre Roi vienne, avant qu’il vainque et fasse périr tout. C’est pourquoi ils ont dépeint ce roi vêtu d’une robe variée de plusieurs couleurs assis et venant sur les nuées, car dans ce temps une partie de la substance encore volatile et qui n’est pas encore fixe et mêlée radicalement avec les parties du soufre fixe, monte au haut du vaisseau, et descend afin de recevoir la vertu supérieure et inférieure, parce que le corps reçoit la nature de l’âme glorifiée et fixe et que l’âme fixe et éternelle se revêtit de la forme du corps spirituel et volatil jusqu’à ce qu’il n’y ait qu’une substance parfaite et éternelle, quoiqu’elle eût été auparavant de plusieurs natures et substances.

L’humidité mercurielle représentée par le Dragon les cavaliers et les soldats qui au commencement

de l’opération dominait dans la solution et dans la corruption, et le soufre représenté par le soleil la lune le Roi, la Vierge était éclipsé et enchaîné maintenant le temps de la domination est venu et notre Dragon est vaincu et exterminé, ils ont appris de là une vérité chrétienne très importante savoir que Satan qui règne à présent avec un grand pouvoir dans le monde et qui répand partout les semences de tous les vices, de tous les crimes, et de toutes les abominations, verra venir un temps où après qu’il aura été terrassé et précipité avec tous ses complices dans un gouffre de feu comme on a fait voir dans cet emblème sacré ; notre roi tout-puissant qui vainq tout, régnera éternellement avec les amis de Jésus-Christ.

C’est pour ce sujet que dans la même figure, on dépeint un esprit, ou un ange qui tient en sa main droite une clef, et de la gauche tient ce dragon rouge et ancien garroté de chaînes et le lie, et le précipite dans un

étang plein de feu et de soufre. Par cette clef, ils ont entendu la multiplication de la pierre, car c’est à elle que convient la puissance de lier ou de délier. Or, délier et ouvrir est la même chose que de rendre un corps humide, fluide et aqueux. De même lier et coaguler, et fermer signifient la même chose chez les philosophes. Toutes les fois que vous résolvez et coagulez cette matière, autant de fois vous l’augmentez en quantité, en qualité à l’infini, jusqu’à multiplier dix sur cent, cent sur mille, etc.

De sorte, comme le prétendent quelques-uns, s’il était possible que toute l’eau de la mer se changeât en métal, par la multiplication d’un seul grain de métal, elle se changerait en un corps très parfait et détruirait tout ce qui est combustible, incorruptible et impur ; par le Dragon qui est représenté en ce tableau et précipité dans le feu.

Le Roi n’est point représenté vêtu d’un habillement blanc comme dans l’emblème pénultième

mais d’habits de pourpre et couvert de son sang afin d’apprendre à tout artiste que c’est là le dernier comble de la perfection et quand il est une fois venu là il ne craint plus rien et le feu ne peut plus agir dessus, alors il est appelé le vrai Lion par les philosophes parce qu’il dévore tout et le convertit en sa nature : c’est alors la terre sainte, la terre promise sur laquelle, si on a une fois mis le pied et si l’on en a pris possession, l’on jouit de toutes les richesses et de tous les plaisirs du monde ; parce que les murailles, les maisons et les portes sont de pierreries et de perles fines enchâssées dans l’or et l’argent, et dans le milieu est un fleuve d’eau vive qui coule du siège de l’agneau et le bois de vie s’y pullule pour le salut et la santé des nations car celui qui jouit de ce précieux trésor de la Toison d’or a une chose mille fois plus précieuse que toutes les pierreries, l’or et l’argent, parce qu’il peut multiplier à l’infini le cristal en toutes sortes de pierres précieuses et les métaux imparfaits en or et en argent, et de même que l’eau du fleuve de vie susdite, ou que cet

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