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Par la troisième opération, c’est-à-dire la Résurrection du Roi ou du soufre, on figure allégoriquement la résurrection de Jésus-Christ même
Tous les docteurs et maîtres des Hébreux ont assuré que les spermes de l’idée de l’immortalité et de la glorification étaient répandus dans les choses, d’où ils ont inféré la résurrection de Jésus-Christ et des corps, ce qui a été confirmé non seulement par sa mort, mais par l’expérience des choses qui doivent être clarifiées, et ils en ont eu de si grands témoignages et en ont laissé tant de preuves que ce serait résister à la vérité même que d’aller au contraire. Il est certainement surprenant de trouver dans les dépouilles même de la mort et dans les restes de la corruption des semences d’une nouvelle vie meilleure qui pullulent et qui germait, de sorte que la mort et la corruption après avoir dévoré et détruit les hétérogénéités des qualités corruptibles,
fournissent ensuite l’occasion d’une vie immortelle et incorruptible, puisque par la mort, les corps restent invulnérables aux traits des éléments, et incapables d’être tués par leur violence, ce qui fait que quelques-uns prétendent que les esprits d’ailleurs incorruptibles, sortent de la corruption pour avoir longtemps contracté un commerce impur avec les enveloppes de la matière ; c’est en quoi consiste tout le secret de la philosophie naturelle, que la corruption et la mort servent à spiritualiser, essencifier, et pour ainsi dire glorifier les choses, car tous les philosophes enseignent que ce qui ne connaît point les lois de la corruption et de la destruction, ne peut accomplir les devoirs de la génération comme certains corps à savoir métaux et minéraux, ont de la peine à se corrompre, et à être détruits, il ne faut leur demander ni attendre d’eux aucune rénovation ou génération, s’ils ne sont corrompus et ne meurent, à cause de la pureté, spiritualité et homogénéité de leurs parties, d’où il s’ensuit que tout ce qui est déchu de cette uniformité des substances, et est composé
de parties différentes, est aisément écroulé et corrompu de sorte que la vie en eux est plutôt une mort ou une disposition à la mort qu’à la vie, et que au contraire la mort de ceux-là est toujours le principe d’une vie nouvelle ou meilleure, et c’est pour cette raison que les anciens en démontrant ce mouvement successif de vie et de mort, et leur enchaînement, dépeignaient un serpent qui se dévorait lui-même, c’est-à-dire sa queue, comme l’explique le poète. Nous mourons en naissant et notre vie dépend de notre mort.
C’est une chose établie par la nature, non seulement pour perpétuer les suites des choses, mais aussi pour procurer à l’homme la connaissance de la mort, parce qu’il devient plus parfait, plus heureux, et incorruptible après cette vie passagère et corruptible. Afin que ces avantages de rénovation de génération, de clarification et de glorification se fît dans les choses d’ici-bas, la nature leur a donné une semence immortelle, par laquelle, lorsque la corruption de la matière où elle réside
arrive, elle se renouvelle, se régénère et se glorifie.
Qui est-ce qui a jamais considéré avec attention cette première fleur et germe de la vie où la forme du composé est renfermée ? Mais qui est-ce qui a cherché à trouver la place qu’il occupe dans le composé ? Quoique la faiblesse de l’esprit ne le permette pas, puisque les philosophes seuls peuvent en avoir la connaissance, nous tâcherons néanmoins de le faire connaître à tout le monde, afin que l’ignorant, le païen et l’infidèle comme le chrétien avouent que les fondements et appuis de cette vérité sont si fermes que le Ciel même tomberait, et que toute la machine du monde serait plutôt détruite avant qu’elle puisse branler ou être émue le moindrement.
J’entends quelques personnes qui se déchaînent et crient contre moi que cela est nouveau et inouï que cela n’a jamais été traité ni approuvé de qui que ce soit, qu’au contraire on a désapprouvé comme peu convenable à un chrétien de mêler le sacré avec le profane, qui même nieraient avec opiniâtreté qu’on puisse indiquer et montrer le sacré par le
profane, je dis plus, qui me condamneront et m’accableront d’injures et de railleries. Leurs cornues et leur estomac cacochyme rempli de nourriture commune et qui ne conviennent qu’à la lie du peuple jusqu’à en avoir des soulèvements de cœur, ne trouvera point de goût à celle-ci et la rejettera comme trop crue trop solide et peu accommodée à leur tempérament mais cela ne me regarde pas, et qu’ils éprouvent si par aucune loi divine ou humaine, il est défendu de vouloir connaître l’ouvrier par son travail, le créateur par son ouvrage, ou celui qui a engendré par sa créature ; si c’est un crime qui mérite qu’on crie si fort, que de vouloir monter à la connaissance de Dieu par la nature. Que nous marque la nature même sinon la véritable et royale voie, par laquelle nous montons à lui de sorte que l’ayant connu à notre façon mortelle, nous puissions l’aimer, l’honorer, le glorifier de toutes nos forces, et de toute la puissance de notre esprit. Ils feraient beaucoup mieux de se taire et d’appliquer tant soit peu leur esprit à ces choses
que de perdre tant de temps à marmotter de ridicules formulaires, de certaines oraisons et méditations ; car ils auraient plus de plaisir et de consolation en un moment qu’en vieillissant dans leurs méditations. Ces gens ressemblent sans doute au renard de la fable, et méprisent les raisins auxquels ils ne peuvent atteindre, et plus malheureux que Tantale cherchent de l’eau dans les eaux, et courent après des fruits qui leur échappent.
S’ils avaient du moins une fois senti et goûté des choses au-dessus de ce que je dis, comme ils sont plus pénétrants, ils découvriraient que les semences de l’immortalité et de l’incorruptibilité coulent d’une autre source que de l’esprit universel à qui seul, il convient de marier les éléments par un lien d’union éternelle, ou les choses qui sont à engendrer recevraient ces avantages du Ciel pour elles-mêmes. Nous tâcherons autant qu’il nous sera possible d’expliquer pourquoi cet esprit universel est destiné par la nature
à être leur père et leur formateur il est dans cette famille élémaire comme le fils du Ciel dont il fait les fonctions ; il est un aimant et un attrait qui attire les formes séminales dans les composés, et les y retient certainement tant qu’il réside dans un composé de cette manière ces idées de formes attendent quelque disposition avant qu’elles entrent dans les composés et sont formées et spécifiées diversement, selon celle qu’on attribue à l’esprit ou chaleur de notre quintessence parce qu’il fait les différents degrés de leur mixtion ; on peut l’appeler véritablement et avec raison leur père et leur gardien. Tout ce donc qui est devenu propre à les recevoir, est désigné sous le nom de cette essence spirituelle : plus les parties d’un composé sont pures, plus elles sont jointes par une forte liaison d’union plus elles sont unies, plus elles approchent de la pureté, de la spiritualité et de l’incorruptibilité.
Il y a là une vie plus noble, plus grande, et plus végétative, il y a là un esprit germinatif plus
puissant et en plus grande quantité, comme la pureté des parties l’homogénéité et l’incorruptibilité est plus grande dans les métaux que dans toutes les autres choses ; ils ont plus d’esprit germinatif que tout le reste, c’est pourquoi ils sont le centre central, d’où il se répand sur tout, comme nous dirons en son lieu.
Tout ce qui est dans les spermes et dans ces semences coule de cette source universelle et ne peut couler d’aucune autre, quelque différente qu’elle soit, soit dans les végétaux, soit dans les animaux, quoique la nature ait établi son propre domicile dans le sperme des animaux et dans les semences des végétaux, les parties des autres corps n’en sont pas privées pour cela, autrement elles ne pourraient ni être nourries, ni augmenter comme dans les arbres transplantés, et parce qu’elle est cause de leur germination, elle est aussi le principe de leur nutrition. Or, la nutrition n’est autre chose qu’une génération étendue et amplifiée. Si nous examinons comment elle se fait en eux, elle
se fait dans les animaux de toute la circonférence jusqu’aux reins qui font le centre du corps, et au contraire dans les végétaux du centre de toutes les parties du corps elles se forment dans l’air qui est le rein des végétaux, d’où il suit que toutes les parties sont trempées de cette divine semence de l’immortalité qui les perpétue, ou lorsqu’il a achevé l’ouvrage de leur perpétuation et régénération il est dépouillé des corruptibilités, et elles retournent à leur première pureté et à l’incorruptibilité. Cet esprit germinatif fourmille d’impuretés desquelles enveloppé, il a bien de la peine à se débarrasser, quoiqu’il en ait besoin pour avancer la corruption il n’est cependant jamais accablé de si grandes corruptibilités de la matière qu’il en soit étouffé quand même il serait renfermé dans le corps dur et fixe des métaux où il reste faible et comme un poids sans force et propre à rien, et est engourdi dedans, tant qu’il y reste emprisonné, aussi faut-il écarter les obstacles qui empêchent son action, et introduire les choses qui l’aident et l’accélèrent
mais pour faire voir sa pureté et la simplicité de la matière qu’il possède, il a besoin cependant de quelques qualités par le moyen desquelles il parcourt les différentes voies de l’altération pour engendrer quoiqu’il soit du devoir et des fonctions de la nature et de sa faculté de séparer ce qu’elle sépare dans les végétaux et dans les animaux, les métaux n’ont ce privilège qu’après une longue suite d’années, ainsi, comme les métaux pourraient encore mieux se purifier en aidant en cela la nature l’imitant en quelques choses, et la surpassant en d’autres ; ils ont cru tâcher de tirer de ces impuretés cette essence incorruptible où la fleur et le germe du métal est emprisonné, d’où ils ont pris les preuves de la rénovation, de la génération, et de la glorification de la race qui est à perpétuer et ont prédit ce qui arrivera à la fin des siècles de cet embrasement universel qui renouvellera et rectifiera tout.
Si nous voulons chercher les racines profondes qui poussent ces semences de l’immortalité, et
examiner combien les formes séminales sont plongées avant dans les moelles de la matière, il faut avoir recours à l’expérience ; ainsi on s’apercevra qu’il n’y a point d’esprit qui puisse l’effacer et l’éteindre ; nous avons vu et plusieurs personnes ont vu ces formes renaître des cendres des choses après l’incinération de la matière ; c’est ce qu’ont éprouvé les inquisiteurs de cette science, gens graves, et par la distillation ont tiré de l’eau des chancres et des vipères jusqu’à ce que la matière qui restait fût réduite en cendres et qui ont produit une infinité de chancres et de vipères par un arrosement fait de cette eau sur la chaux, par une digestion convenable. Une personne de notre cabale a fait l’expérience en présence d’une assemblée de gens dignes de foi et a fait voir par quel moyen on attirait les formes renaissantes des cendres des végétaux, je l’ai faite moi-même, et ai éprouvé que les métaux résolus par notre eau végétative recevaient la forme des étoiles, et tout le monde l’aperçoit