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les figures de Saint Pierre nous signifient sur ce sujet indigne de notre application.
Dans cette figure est dépeint le soleil obscurci et la lune rouge comme du sang, la terre était secouée d'un mouvement violent et convulsif. On peut remarquer cela dans ces figures ou images sacrées faites sur les notes et arguments différents de la mort et résurrection de Jésus-Christ, que présage l'obscurcissement du soleil de la lune et des étoiles, sinon (comme ci-dessus) le mystère du Verbe incarné ou Dieu principe de la lumière et source de la vie, sous la figure humaine et mortelle de la chair, comme dans un cachot ténébreux ou dans un sépulcre, ne souffre que l'éclipse de la huitième partie de sa lumière, est comme une image de sa mort ou de sa corruption, sans qu'il en soit atteint. Cet astre céleste n'est pas si obscurci dans elle, qu'il ne donne des preuves vraies et certaines de sa toute-puissance, et de sa vertu divine. À peine cet enfant chéri de Dieu et attendu des hommes est-il sur la terre, qu'il y est respecté et adoré avec de souverains hommages et un culte divin.
Qui est-ce qui, par cette pompe et cet appareil de la nativité ne comprend pas la vérité plus certaine et plus auguste de sa résurrection future? De même, par le moyen des mêmes mystères de notre religion très cachés, nous prédisons l'avènement ou la miséricorde de Jésus-Christ, et la résurrection future des chrétiens; si nous voulons fouiller dans ces mystères et les débarrasser des enveloppes de la nature nous établissons plusieurs nativités, corruptions et morts et pour ainsi dire avènement de notre pierre, de même qu'on le voit dans les figures précédentes de notre philosophe et dans les fables des poètes, et dans celles représentées dans ces figures ou images sacrées. Cette éclipse entière et parfaite du soleil ne nous explique autre chose physiquement que la vraie corruption du soufre solaire, qui est assez et plus que démontrée par tous les signes de cette figure. Ce soufre d'or et mercure parviennent dans leur corruption à une telle noirceur que les philosophes la réputent et la disent plus noire que le corbeau noir même. Alors la lune, qui est au-dessous, et qui est une substance d'or plus fixe, est teinte d'une couleur rouge et ensanglantée reçoit sa nature et sa teinture à cause de leur très unie
et très parfaite résolution et association; les étoiles qui tombent du ciel sont des particules du soufre solaire qui tombent sur la terre mercurielle et se plongent dans notre mer. Ce soufre d'ordinaire est pris pour le Ciel en cet art, parce qu'il contient en lui toutes les forces et vertus des étoiles et des planètes, à la manière des choses célestes: ce mouvement de terre convulsif, et ces esprits qui soufflent violemment des quatre parties du monde, de même qu'un figuier laisse tomber ses fruits lorsqu'il est agité d'un grand vent, marquent les vapeurs mercurielles qu'on dit être très chaudes, très sèches, très froides et très humides; c'est pourquoi, par rapport à leur différente nature et à leur diverse origine, on dit qu'elles soufflent des quatre coins du monde au temps de la corruption de l'esprit. Le haut du vaisseau se remplit de tant de vapeurs et de petits nuages, que les vents semblent en quelque façon souffler et agiter la terre d'un grand mouvement, de sorte que les Rois et les princes se cachent dans les cavernes, et les creux pierreux des montagnes et disent aux montagnes: tombez sur nous et cachez-nous. Les rois et les princes nous désignent les esprits solaires et lunaires,
qui, en cette grande corruption, ne désirent que la mort pour ressusciter en une meilleure vie. Ils sont revêtus d'habits royaux; ainsi les anciens leur ont donné différents noms, et les ont comparés au dragon commis pour garder les pommes d'or des Hespérides, que Jason tua avec la drogue empoisonnée de Médée. Ils ont dit que les deux serpents étouffés ou corrompus par Hercule dans son berceau sont les deux spermes engendrés dans le ventre et les recoins de la terre, par l'opération des quatre éléments. Ils les ont aussi comparés aux taureaux vomissant feu et flammes, qu'il fallait dompter sous le joug, à cause des nouvelles vapeurs, qui de jaunes, deviennent verdâtres, et de rouges deviennent noires, qui sont plus funestes que le venin, plus fugitives et plus violentes que le vent qui porte la mort; ils les ont appelés de ces différents noms.
Ils ont encore voilé cette corruption sous un autre ombrage de la fable, et sous la poussière ténébreuse des caractères, représentant des serpents qui se dévoraient ou la figure et l'image des serpents qui s'étranglaient car par leur nature venimeuse et leur dent mortelle,
c'est-à-dire que par le moyen de la chaleur et de l'ignéité pontique de mercure, s'opère la corruption et la mort de tous les corps, qui est marquée par la noirceur, qui arrive dans ce temps, la chaleur agissant sur la matière visqueuse et onctueuse. Les poètes cachent cette corruption sous une autre ombre de la fable. Quelques-uns ont représenté les noirs et lugubres aspects du vaisseau de Thésée, qui sont un indice certain d'une corruption complète, par cette éclipse universelle de ces deux grands astres, mais nous laissons passer les contes et les fictions qu'ils débitent là-dessus. Parcourons les mystères qui sont encore cachés sous cette corruption, parce qu'elle commence par une conjonction parfaite de diverses natures, c'est-à-dire par les vertus du mâle et de la femelle. Ils l'ont appelée androgyne ανδρος γηνος, qui sont les noms grecs de l'homme et de la femme; et même ils prétendent que ce soit la concorde et la paix jurées entre les frères, c'est-à-dire que ce célèbre et ancien combat du chaud contre le froid, et du sec contre l'humide est terminé, et que par le moyen de l'humide finit
cette ancienne guerre et procès et que les éléments commencent à s'allier et s'unir, par une paix de bonne intelligence.
Cette dispute des éléments est encore assez ingénieusement représentée par l'υπομαχια, ou par le combat à cheval qu'on voit dans la présente figure. Il y avait la figure d'un homme monté sur un cheval blanc, qui bandait fortement son arc, on lui a donné la couronne, et il est sorti vainqueur pour vaincre. On a accordé au second monté sur un cheval rouge de prendre la paix de dessus la terre, et afin qu'ils se tuent, et il avait en main un sabre. Troisièmement, on voit la figure d'un homme tenant une balance en sa main, qui était monté sur un cheval noir; son nom est la mort et l'enfer le suivait; on lui a donné puissance de tuer du sabre, par la faim, par la mort et par les bêtes de la terre etc., dans les quatre parties du monde.
Comme ils ont goûté ce qui est caché dans l'abîme étendu des temps, ils l'ont parfaitement compris avant la naissance du Christ, par les moyens que peuvent
suivre ceux qui sont après Jésus-Christ, et nous les ont laissés tracés graphiquement et à découvert, comme choses présentes, et n'ont puisé autre connaissance de ces choses que celles qui sont de la source de la nature; Dieu les révélant aux hommes par le moyen de cette nature même; c'est pourquoi il a présenté la nature comme un livre ouvert à tout le monde, aux infidèles, aux païens et aux sarrazins même, pour le lire et le feuilleter, afin qu'ils ne rejettent pas sur Dieu, mais sur eux-mêmes la faute de leur damnation et afin que personne ne se défie de ses forces pour y atteindre, il a publié ces mystères de sa bouche, et les a accomplis par ses œuvres, quoique déjà annoncées par ses prophètes et les a laissées attestées et confirmées par de si grands prodiges, que les démons en sont effrayés, que les anges en frémissent, et que ceux qui ont été les sacrés et véridiques témoins en sont saisis d'admiration, que l'impie reste seul plus froid qu'un rocher, comme étourdi, surpris et immobile à la vue de si grands miracles et prodiges.
Quelques scrupuleux nous objecteront peut-être que Dieu ne nous a pas présenté ces prodiges comme nécessaires au salut, parce que tout le monde doit quitter cette théologie sacrée et naturelle, et qu'ainsi il y aurait autant de Docteurs que de chrétiens ce qui ne s'ensuit pas, car personne n'est obligé de divin précepte d'étudier la théologie et cette science naturelle; il suffit d'avoir une foi, qui fasse fermement établir, croire du cœur sans aucun doute, garder avec une grande piété, professer à haute voix, et même signer de son sang contre tous les ennemis de Jésus-Christ et les enfers même, tout ce que la vérité orthodoxe de l'Église apprend soit révélé par Dieu même immédiatement, soit révélé immédiatement par les anges ou par la nature. Enfin donc que personne ne soit épouvanté de ce nom de nature qu'ils croient peu propre en parlant des choses divines, afin qu'ils le désapprouvent encore moins, qu'ils apprennent avant tout que ces choses ont été infuses et révélées par la nature, et non pas par une autre voie, et que rien de ce qui
est au-dessus de la nature ne peut être infus à un homme mortel, sans le moyen et le secours des espèces sensibles, sans lesquelles on ne peut rien concevoir selon les philosophes, parce que tout ce qui est reçu, est reçu à la manière de celui qui reçoit, de sorte que les mystères célestes sont compris par l'esprit humain d'une manière mortelle et naturelle ainsi, on a besoin d'un miroir, de fantômes, d'ombres, d'images, et du secours des figures, non seulement pour concevoir les choses surnaturelles, mais même les naturelles.
Pour entendre mieux ceci, il faut considérer que ce qui vient dans l'esprit, soit du père des lumières d'en haut, soit du pied des montagnes au-dessous, l'esprit le comprend sous la figure ou représentation d'une chose créée qu'il a autrefois vue et entendue, ou touchée ou goûtée; autrement on ne reconnaît pas ces figures dans la famille des choses physiques: il faut donc conclure que rien ne nous arrive, que nous ne comprenons rien, et ne mettons rien dehors, que par
le moyen et le secours de quelque image ou espèce que nous ne pouvons prendre autrement que par la figure ou caractère dont elle est revêtue comme nous avons dit ci-dessus.
Pour enfin réduire au sens de la physique les figures dépeintes dans cette table, que signifient ces cavaliers montés sur des chevaux de différentes couleurs? Que signifient leurs armes et leurs ornements, enfin les hommes prosternés par terre mis à mort par le sabre, la faim, la mort, les bêtes et le feu? Que veulent dire les nuages qui les environnent dans notre œuvre philosophique? Que signifient-ils dans un sens métaphysique, c'est ce qui nous reste à expliquer.
Le plus prompt de tous les animaux est le cheval et les poètes pour augmenter sa vitesse lui ont donné des ailes, d'où vient l'étymologie de Pégase—αποτηςπεγης—qu'on dit né du sang de Méduse qui volant sur le mont Parnasse frappa la terre de son pied et en fit sortir cette fontaine d'Hélicon ou de Pégase. Qu'entend-on par les ailes, si ce n'est une plus grande vitesse? Je ne dis pas des chevaux, mais des esprits mercuriels que les philosophes chimistes appellent vents, vapeurs ou nuages. C'est pour cette raison qu'on les voit