Tap the page, move to the top or bottom edge, swipe down, or press Tab to reveal reading controls. Use the arrow keys or swipe sideways to turn pages.

← ExitThe Manly Hall Manuscript Collection, Volume I
The Incarnation and the Birth of the Stone

ou esprit physique qui perce et pénètre comme une lance et une épée dont nous avons assez parlé en son lieu, car la figure de l’ange sur une nuée armé d’une flèche et d’un bouclier n’exprime que trop ce que nous avons dit dans les titres précédents du sabre, de la pique ou de l’épée de Persée, d’Hercule, de Mercure, de Mars, de Pallas, de Cadmus, et le fleuve que ce monstre vomit contre cette pucelle pour la faire entraîner par les eaux est notre eau glorieuse qui, par sa vertu admirable, l’emporte sur le reste des eaux de tout le monde ; elle a la force d’attirer à elle le Roi et sa fille sans qu’ils puissent l’attirer à eux.

Par la Vierge enceinte qui a des ailes de plumes d’aigle, qui est environnée du soleil, et a la lune sous les pieds, et une couronne d’étoiles sur la tête, on peut entendre le précieux soufre blanc de nature à cause de sa convenance avec cette vierge, parce que cette terre pure et non corrompue de l’eau mercurielle ou le soufre est engrossé de l’esprit germinatif pur et incorruptible du soleil qui est l’or

monte au haut de l’alambic en forme de terre volatile et très spirituelle. Les anciens la représentent sous la forme d’un aigle qui a ses ailes blanches étendues et l’appellent vierge qui porte dans son sein et ornée de blanches plumes d’aigles. Quoique très blanche à cause de l’esprit solaire de l’or dont elle est grosse, elle teint de couleur d’or, et c’est pour cette raison qu’on la représente environnée du soleil ; on lui met pareillement la lune sous les pieds pour une raison qui n’est pas fort différente, comme si elle sortait du fleuve qui vomit ce serpent monstrueux, parce que l’eau qui reste après la sublimation est toute argentine et purement lunaire et mercurielle parce qu’elle teint les métaux de couleur d’argent et qu’elle ressemble au talc et aux diamants. Par sa couronne composée de douze étoiles nous entendons les esprits des six autres astres et métaux dont elle est ornée, car la couronne se prend toujours pour un ornement royal. Le serpent que vous voyez devant cette vierge qui doit enfanter, prêt à se

jeter sur son fruit pour le dévorer représente la suite de tout l’œuvre. Par le serpent dressé pour dévorer son fruit, c’est l’eau mercurielle qui reste, dans laquelle ce soufre dont nous avons parlé ci-dessus doit être résolu, corrompu, bu par imbibitions réitérées et multiplié ; c’est pourquoi ce cher enfant paraît comme être dévoré par le serpent et sort des chastes et pures entrailles de sa mère, et on lui donne le nom de soufre ou pierre des philosophes.

Mais pour éviter la prolixité, quoiqu’il y aurait une infinité de choses à dire en expliquant cette figure, nous les réservons néanmoins à un autre temps par rapport à l’ordre que nous devons garder en cet ouvrage. Il s’agit maintenant de rendre raison pourquoi Saint Jean ne nous propose pas une vierge chaste, pure et sans tache, mais au contraire impudique et corrompue : la raison en est évidente.

Dans cette création du soufre qui se fait dans la corruption, le premier soufre blanc de nature qui fait les fonctions de mâle couche avec Vénus qui est son épouse et sa sœur, et ainsi par ce

commerce illégitime et ces embrassements déraisonnables et forcés on le représente plein de l’abomination et de l’immondice de sa fornication. Vous ne voyez rien de plus fréquent chez les disciples d’Hermès que le commerce du frère avec la sœur, du père avec sa bru, et de la maîtresse avec son esclave, quoique ces mariages soient illégitimes. C’est un grand crime à la vérité, et qu’on ne pourrait assez punir si on prenait ces choses crûment et si on les interprétait autrement que dans leur sens physique. Que signifie enfin son manteau et son habillement tanné qui tire sur le pourpre, broché de fils d’or et enrichi de perles et de diamants qui brillent de tous côtés, sinon la vertu de cette eau ou de cette terre qui teint de couleur d’or les métaux imparfaits, et sa nature qui change le cristal en pierres précieuses et grossit les petites perles ? Ce qui fait que les grands, les rois, les princes et plusieurs autres saisis d’admiration poursuivent avec une profonde vénération et religieusement ce riche trésor de la toison d’or, comme des chiens qui

aboient en regardant la lune ?

Ceux qui n’ont goûté la physique et la chimie que du bout des lèvres n’arriveront pas au but tout d’un coup. Ses richesses ne sont accordées qu’à ceux qui, avec une peine extraordinaire et une profonde méditation, comme Hercule le premier fondateur, auront terrassé les monstres innombrables de la paresse, de la fainéantise, de la liberté et de la témérité, etc., et qui auront rapporté comme lui les dépouilles du lion rouge et la massue. Ceux qui goûtent les fables des poètes ne les regarderont aucunement comme des contes faits à plaisir, car sous cette fiction apparente de la fable il y a des mystères de la nature cachés, afin qu’ils ne soient pas vus de tout le monde quoiqu’ils soient sous les yeux de tout le monde. Y a-t-il, je vous prie, rien de plus écarté du mensonge que ce qui est sous nos yeux ?

Ainsi il faut examiner avec toute la justesse possible ce que signifient les figures présentes de l’Apocalypse et leurs applications physiques dans les divins mystères. Qu’une femme devienne grosse

des embrassements de son époux, il n’est rien là qui soit au-dessus de la portée de la nature ni dont on doive s’étonner, mais qu’une vierge enfante sans coucher avec un époux et sans être corrompue, c’est ce qui jusqu’ici a été au-dessus de tout entendement humain, qu’elle reste vierge avant son enfantement, dans son enfantement et après son enfantement, sans aucune corruption de sa virginité, c’est ce qui épouvanterait les anges mêmes s’ils ne connaissaient les secrets d’un si grand mystère imprimés sur les choses créées, et si un chrétien doit croire qu’elle a été exempte de la tache de nos premiers pères, tous les mortels ne doivent-ils pas en être saisis d’admiration, puisque les intelligences célestes auraient bien de la peine à en convenir s’il n’était ridicule d’assurer avec opiniâtreté que cette grâce qui a été accordée aux choses sensibles eût été refusée à la mère du Tout-Puissant. Aucun chimiste ne doute que notre esprit mercuriel qui est la figure de la mère de Dieu n’ait été engendré de parents souillés de l’ordure et de la corruption originelle des éléments, de sorte qu’on a peine à croire qu’une substance

si pure et si chaste sorte d’une racine si impure et si gâtée. De ce que la mère de Dieu même n’est point corrompue, de ce qu’elle porte le nom et le titre glorieux de mère de Dieu, de ce qu’éclairée de la lumière divine du Saint-Esprit et mise à couvert sous son ombre est grosse maintenant du Verbe incarné, il résulte que son sang est pur, sa chair sainte et ses entrailles sacrées comme celles de son enfant, et elle monte à un si haut degré de sainteté, de pureté et de virginité qu’elle est presque devenue un Dieu femme et un Christ vierge, quoiqu’il soit impossible de le dire et que ce soit une chose inconcevable à l’esprit humain ; si on retourne les yeux sur les figures de notre physique, ce divin échantillon du miracle divin se trouvera dans notre pierre physique, car le corps du soleil qui est le corps de l’or incorruptible, résolu dans l’esprit pur de notre mercure incorruptible, devient espèce mercurielle et volatile ; c’est ainsi que l’espèce mercurielle même se change en substance d’or fixe et permanente, de sorte que par cette union intime

et maritale de substances, l’esprit fixe de l’or étant devenu volatil reçoit toutes les conditions et qualités de l’esprit mercuriel, et qu’alternativement l’espèce volatile et argentée de mercure devient d’or solaire permanente et incorruptible, d’une manière à peu près semblable quoique sous un exemple grossier et qui a fort peu de rapport à Dieu, parce que Dieu n’entre aucunement en comparaison avec son ouvrage à moins que la comparaison ne soit légère. Dieu par l’association de sa divinité sans tache avec notre humanité a pris dans les entrailles de sa mère un corps sujet et exposé à tous les traits de la chaleur, du froid, de la disette d’aliments, de la douleur, de la langueur, de la crainte et de la mort même.

Que doit-on attendre de plus de cette source inépuisable de l’amour de Dieu envers nous qu’aucun des mortels ne peut tarir ? Qui peut, je vous prie, pénétrer ces mystères cachés s’il n’est éclairé des lumières de notre physique ? C’est d’elle d’où les Rabbins ont puisé toute leur science ; toute la

cabale des Égyptiens s’y appliquait, les [mucabals ?] des Hébreux la professaient, et ils n’ont puisé dans aucune autre source tout ce que nous avons de connaissance des divins mystères comme de ceux de la [notre, biffé] physique : nous pouvons aussi puiser ces mêmes mystères de la même source, de sorte qu’un chacun pourra les proposer plus hardiment que ceux qui auront passé tout le temps de leur vie à expliquer les difficultés d’Aristote. On trompe et on est trompé quand on nie ce qu’on voit de ses yeux ou ce qui tombe, je ne dis pas sous les sens, mais ce qu’on a entre les mains ; on ne peut attribuer à la foi catholique un trône plus auguste ni un plus ferme appui qui ne peut jamais être renversé par la malice des Démons ni culbuté par l’artifice des hommes.

Qui est-ce qui, pourvu qu’il ne soit païen ou infidèle, qui peut se dispenser de lire les secrets tracés sur le front visible et sensible de la nature puisque nos premiers pères ont consacré tant de veilles pour les faire passer jusqu’à nous. Vous ne rougissez point

ô chrétien, que des hommes profanes même, après avoir dissipé les voiles et l’ombre qui nous obscurcissent la nature, l’aient vue telle qu’elle est à nu et à découvert. Vous ne rougissez point encore une fois d’ignorer des choses que savent les païens et dans lesquelles ils sont consommés, et vous laissez aller ce que Dieu vous présente comme à son serviteur et à son fils, à ceux auxquels il les a refusés.

Ô siècle ! Ô mœurs ! Ô crime qui mérite une punition éternelle ! Vous n’ignorez pas que Dieu même a envoyé son fils unique pour les expliquer à tous les hommes du commun et les leur laisser, après les avoir découverts, ces mêmes mystères ensevelis sous les enveloppes de la nature qui n’étaient avant son arrivée connus que des sages seuls : vous ne savez pas que lui-même est la véritable pierre triangulaire sur laquelle il a établi la vérité et la foi de toute l’Église inébranlable pendant tous les siècles, qu’il a scellée du vénérable et sacré mystère de son incarnation qui est le sceau saint et sacré du Dieu Tout-Puissant et la clef, la base

et l’appui de ces mystères que nous devons respecter avec crainte et frayeur, honorer avec joie et amour, traiter avec respect et humilité, et croire enfin avec une ferme foi.

Que ceux donc se taisent qui cherchent de quelle manière la virginité reste sans tache avec la maternité dans un même sujet, de quelle manière une épouse conçoit sans époux, comment un enfant est engendré sans corruption, comment une femme enfante sans douleur et sans corruption, comment Dieu s’est fait homme et l’homme Dieu, etc., puisque cela se découvre non seulement dans l’œuvre de la nature mais même de l’art, du moins à tous les philosophes chimistes, et paraît plus clair que le jour et le soleil.

Contents

Sign in to save your reading →