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← ExitThe Manly Hall Manuscript Collection, Volume I
The Two Natures of Natural Spirits

sortes de supplices en toutes, et aux plus petites parties de leur corps ; ainsi, ils souffriront autant de douleurs, de peines, de maladies, qu’il y aura d’espèces d’agents et d’individus qui altèrent les choses ; ainsi dans le même espace de temps, ils pourront être glacés de froid, brûlés, être précipités dans des abîmes d’eaux être travaillés de toutes les maladies du corps et de l’esprit, et plongés dans le gouffre profond de tous les supplices, et en être accablés, sans pouvoir mourir ni payer les peines dues à leurs crimes, qui dureront pendant toute l’éternité, ni satisfaire à Dieu courroucé, dont ils éprouveront l’inimitié et la vengeance pendant une éternité de siècles, dont la source ne tarira jamais, sans pouvoir le fléchir par aucune prière, ni le toucher ou l’apaiser par l’abondance de leurs larmes.

Si présentement vous demandez comment le feu matériel agit sur les âmes immatérielles, ou si l’on admet un feu pur et immatériel comme celui qui est allumé de la main de Dieu pour punir les Démons et comment il agit sur les corps ; il faut recourir au

vif-argent, qui est la figure de Jésus-Christ et du Démon, de même que de l’esprit de notre quintessence, que si après l’avoir connue, le véritable éclat d’αληθεia, ou de la vérité, ne vous saute pas aux yeux, vous n’entendez rien à la chimie, vous vous trompez dès le pas de la porte et jamais vous ne trouverez d’entrée pour découvrir ces secrets cachés ; parce que dans le vif-argent comme dans un cristal transparent, on découvre tout ce qui se peut objecter là-dessus. C’est certainement une chose étonnante, au-delà de ce qu’on peut dire. Ô abîme infini de sagesse ! ô bonté de Dieu immense et sans bornes ! qui nous a mis devant les yeux une preuve véritable et sensible des choses que nous devons croire et espérer, sur laquelle il a établi la foi comme sur un ferme et inébranlable appui qui ne tombera jamais ; il en est ainsi sans aucun doute, mais qui est-ce qui y a jamais ajouté foi ?

Or, tous les sectateurs d’Hermès témoignent que le vif-argent est le plus pondéreux de tous les corps excepté l’or, et il n’y a que l’or qui se submerge dedans

ce sont les propres termes des philosophes, parce que l’or est sans exception le plus pesant de tous les métaux.

Mais, ô prodige dans la nature ! ce même vif-argent surpasse les corps les plus légers en spiritualité et en volatilité, de sorte qu’il se sublime à la moindre chaleur du soleil, et pullule comme une plante pullule dans les pierres ; je dis plus, il est porté sur les ailes des vents, plus subitement que l’air même ; le vent l’apporte dans son ventre. Or, afin que l’esprit ne s’effarouche pas, il faut savoir que les philosophes chimistes l’ont placé parmi les corps, parce que son corps est terrestre, et l’ont mis au rang des esprits, parce qu’il est tout esprit ; ainsi, vu sa corporéité parfaite, il souffre comme les corps, et comme esprit, il a toutes les manières des essences à la façon des esprits, soit par le secours et l’assistance de la vertu d’en haut qui élève l’activité des agents au-dessus de la nature, puisqu’il pénètre tous les verres les plus solides des métaux, des pierreries et des cristaux et même les corps opaques ; ce qui a été refusé aux

astres brillants des étoiles. Il est plus subtil et plus pénétrant que toutes les autres choses, et à cause de la délicatesse de son essence, il s’altère à la plus légère occasion, de sorte qu’il n’y a point d’astre dans le ciel dont il ne reçoive la vertu ; les éléments répandent et lancent sur lui toutes leurs qualités et il reçoit les impressions et la lumière de tout ce qui agit dans la nature quoiqu’il se change en une infinité de formes, et qu’il s’altère de mille manières, et qu’il prenne comme un autre Prothée, toutes les figures de tout le monde selon qu’il plaît à l’artiste ; il ne se corrompt pas pour cela et ne perd point sa première forme. C’est le sentiment des vrais sages confirmé par l’expérience et la vérité même, parce que, comme il est composé de parties homogènes, ou il reste tout à fait dans le feu, ou sort tout à fait du feu, parce qu’il est le corps le plus condensé et le plus ténébreux de tous ; on l’appelle le réceptacle de l’impureté des corps corruptibles, de l’altération, de la corruption, de la passion et de la mort même, car comme la lumière est l’image et

la représentation de la pureté, de l’incorruptibilité et de la vie bienheureuse, de même les ténèbres sont la figure de toute confusion, de la guerre, des tourments et de la vie malheureuse.

Faut-il donc s’étonner que le vif-argent qui renferme de si grands secrets qui est un jeu et un ouvrage admirable de la nature, l’image du Démon, le singe de Jésus-Christ, toute l’étude de l’homme, le livre de nos pères et les premières figures hiéroglyphiques des anciens, qui a donné lieu à toutes sortes d’emblèmes, de figures, de caractères, d’artifices et d’énigmes, contienne la séparation et la dépuration des choses avant qu’elles soient heureuses, et avant que l’on pénètre les grandes merveilles de la chimie dont la nature montre le chemin ?

La chimie, guidée par la nature, et confirmée par l’expérience, enseigne que toutes choses, soit corps, soit esprits, composées des quatre éléments, ne sont pas exemptes de leurs ordures et de leurs impuretés, telles qu’elles soient, qui sont hors de la première formation de quelques-uns, et qui sont

accidentelles à la matière, qu’elles n’en sont pas le plus souvent dépouillées et purifiées par l’art, et selon les lois de la nature, ou volontairement après de longs espaces de temps, comme il arrive dans l’épurement de pierreries, du cristal, de l’or ou de l’argent. Les anciens appellent chimie cette séparation du pur et de l’impur telle que nous la faisons par le moyen du feu et ont nommé science hermétique celle qu’on fait pour faire de l’argent par le moyen de l’art [grec partiellement lisible : απο…ηρμ…] c’est-à-dire du nom d’Hermès, son inventeur, qui signifie mercure ; de même les influences pures des astres, lancées sur les corps des éléments, sont revêtues des enveloppes de la matière impure et corruptible, afin qu’elles accomplissent toutes les lois de l’altération de la corruption et de la génération, ou jusqu’à ce qu’après avoir terminé leur travail qui dure sans cesse par ce mouvement de génération et de corruption, elles aient atteint un épurement et une clarification parfaite et jusqu’à ce qu’elles se reposent après l’avoir acquise.

Ils ont donné à tout ce qui résulte de ce mélange des éléments purifiés par cette secrète influence de formes

séminales, le nom de quintessence élevée au-dessus des forces des éléments et de la nature, et toutes les choses créées emploient toute leur contention pour l’obtenir et la nature même ne se donne point de repos jusqu’à ce qu’elle y ait conduit son ouvrage ; c’est ainsi que Dieu clarifiera ses ouvrages dans le dernier jour ; c’est ainsi que les âmes exemptes de péché, et les corps des bienheureux après la résurrection obtiendront cette clarification avant d’être rendus heureux pour l’éternité, et avant qu’ils soient réunis et joints par le premier principe de toute pureté d’un lien qui sera indissoluble pendant tous les siècles.

Cela n’est que trop prouvé par la corruption l’altération et mort des choses introduites dans ce qui lui est sujet, qui tâchent de toutes leurs forces à séparer d’elle ce qui leur cause la corruption et la mort, pour les conduire enfin à cette incorruptibilité ; il en est ainsi de la terre, de l’air de l’eau, et du feu, lorsqu’il arrive qu’ils se raréfient, et qu’ils se sont débarrassés des ordures et excréments de leur matière ténébrante

pesante, impure et corruptible, qui travaillent incessamment, jusqu’à ce qu’ils retournent en corps resplendissants de lumière éthérée qui est leur source.

Si les cristaux et les métaux parfaits se spiritualisent et se rectifient par la chaleur intérieure du soufre et en ne faisant qu’un avec les esprits ou substances lumineuses, tous les corps privés de lumière ne cherchent qu’à sortir de leur cachot ténébreux, qu’à briser les liens de la matière, et ne prennent aucun repos jusqu’à ce qu’ils soient arrivés à leur première perfection, et ne soient plus destinés à ce malheureux commerce que pour procurer aux hommes quelque bien et quelque avantage en perpétuant la suite des choses qui doivent être conservées et engendrées jusqu’à ce qu’enfin l’avènement de la glorification universelle, elles arrivent avec l’homme bienheureux à la première clarification, après avoir précipité dans un gouffre éternel toutes les impuretés élémentaires, des ténèbres de leurs ordures, et des qualités corruptibles avec les impies et les Démons.

On peut voir non seulement dans les choses invisibles

quelque agitation, démangeaison ou passion qu’a la matière pour acquérir la perfection ; mais chacun comprend encore l’envie avec laquelle les corps, sans se donner de repos, désirent être réunis à leurs âmes, après la séparation. Ce désir surpasse tout, et est d’autant plus ardent que la clarification des substances qui doivent être jointes, aura été parfaite par leur dépuration parce que l’épurement des corps ou des âmes dans l’ordre naturel ou surnaturel n’a pour fin que cette seule union et cette étroite alliance : c’est un point décidé entre tous les philosophes que la jonction ou les épousailles des choses pures et incorruptibles sont éternelles, et que de même le mariage des substances impures et corruptibles est caduc et momentané et sujet à tous les traits de l’altération. Cela a donné lieu aux physiciens et métaphysiciens de trouver une manière d’épurer ; ils nomment purgatoire ou lavatoire pour purifier les âmes de leurs vices, le lieu destiné pour les clarifier avant qu’elles obtiennent leur béatitude complète. Peut-on donc nier l’immortalité de l’âme, puisque les autres corps

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