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← ExitThe Manly Hall Manuscript Collection, Volume I
The Two Natures of Natural Spirits

Ce qui donne la connaissance des deux natures des esprits naturels bons et mauvais génies.

De toutes les [mot grec incertain] ou difficultés qui se présentent à nous à résoudre, ce sont celles où l’on traite de la béatification tant des corps que des esprits, et de ceux qui doivent être condamnés à des peines éternelles, qui contiennent en elles tout ce qui se peut dire sur cette matière. Mais nous avons à discuter les moyens ou milieux par lesquels ils sont rendus heureux ou accablés de tourments. Tous les saints docteurs, toute la nature, l’art même, nous confirment ouvertement et font un aveu public que les corps et les âmes seront glorifiés ou damnés. Les Docteurs nous l’apprennent, éclairés qu’ils sont sur les mystères de notre foi qui est indubitable, et la nature et l’art nous le font voir, en nous découvrant la lumière qui est l’essence de l’esprit comme dans un miroir très clair. Entrons dans ce chemin royal et chrétien qui nous conduit à pas sûrs à l’explication des merveilles de notre vraie religion.

Il est certain que le corps peut être clarifié ; l’expérience l’atteste, et la nature en convient ; c’est-à-dire que le corps acquiert certaines qualités accordées par la nature aux esprits naturels, par le moyen desquelles il arrive à la clarification comme nous dirons en parlant de la résurrection des corps.

Un véritable chrétien doute encore moins que les âmes des justes lavées dans le sang de l’agneau n’acquièrent pour elles et leurs corps certaines conditions, savoir la subtilité, la clarté, l’agilité et l’impassibilité par lesquelles elles peuvent être bien heureuses et clarifiées. C’est un point de foi inébranlable qui subsistera éternellement. Peut-on, je vous prie, pour peu qu’on ait de bon sens, douter que le corps doué de ces dons glorieux ne jouisse de tous les délices. Y a-t-il quelque obstacle qui l’empêche, vu sa subtilité et son agilité à parcourir les lieux même les plus éloignés, et à pénétrer les corps les plus solides sans perdre ses qualités ? Puisque c’est une grâce accordée, je ne dis pas à tous les esprits, mais aux rayons luisants des corps célestes et même à notre pierre glorieuse ? Est-il surprenant, puisqu’ils

sont incorruptibles, permanents, fixes et lumineux, et que les âmes sont devenues impassibles avec leurs corps, et mille fois plus rayonnantes de lumière, qu’ils jouissent des plaisirs éternels et d’une infinité de délices ? La chose ne souffre point de doute, et il n’y a point à disputer là-dessus.

Quelle difficulté trouve-t-on donc, qu’un corps rendu spirituel et subtil, lumineux et très pénétrant, ne puisse pas passer au travers des portes, les connaître intimement les comprendre, entendre un homme qui parle, le voir, contenir le lieu où il est définitivement et être tout autour de lui et qu’il puisse sans moyens comme sans parole, sans yeux sans oreilles, imprimer les conceptions de son esprit, puisque cela a coutume de se pratiquer dans le corps lumineux, quoique privé de sens et de raison soit par prodige ou merveille ou miracle, comme nous voyons recevoir et renvoyer l’apparence des objets qui se présentent devant un miroir sans qu’il soit gâté ou endommagé. C’est certainement une chose qui ne mérite pas notre réflexion ; la nature nous le fait voir à découvert, et l’art peut opérer ces sortes de merveilles ;

cela se voit encore mieux dans la confection de notre quintessence qui est non seulement l’image très expresse et le symbole de l’âme et du corps glorifié, mais Jésus-Christ même, autant qu’il peut y avoir de rapports entre le créateur et la créature, entre l’infini et le fini.

Il est sûr qu’il y a des corps plus lumineux, plus fixes et plus pénétrants les uns que les autres ; que les uns sont composés d’éléments actifs seulement, et les autres de passifs, comme sont les étoiles et les planètes qui sont composés de la subtile partie de l’air ou du feu qui sont des éléments actifs, et ne font qu’un avec le corps aérien et lumineux. Ces corps ne peuvent être altérés ni souffrir, ni être corrompus et demeureront incorruptibles en cet état jusqu’au jour du jugement dernier ; les esprits de la quintessence, notre esprit et notre corps, les suivent de près, et sont rassemblés et ramassés de l’essence la plus fixe et la plus grossière de l’air et du feu, avec l’essence la plus subtile de l’eau et de la terre, et ne font qu’un avec ces essences, quoiqu’on les voie mêlés et épars parmi ces parties dont il est très difficile de les retirer ; ils ne jouissent cependant que des qualités du Ciel qui est comme leur premier formateur

toujours prêtes à agir, parce que les éléments tiennent un milieu entre les choses créées ; ils ont des corps durs pénétrants, fixes et subtils plus ou moins les uns que les autres, et ainsi par rapport à eux et à la nature de leurs fonctions et de leurs devoirs ils se servent des actifs ou des passifs pour remplir leurs obligations, de telle sorte que les actifs sont occupés à ce qu’il y a de plus élevé, et les passifs à ce qu’il y a de plus bas.

De la lie des éléments, il se compose encore certains corps opaques, terrestres et ténébreux qui sont au-dessous de tout, et plus propres à souffrir qu’à agir ; ce sont ceux que quelques-uns appellent épouvantails, ombres et simulacres.

Dans cette famille élémentaire, les philosophes chimistes ont nommé corps ce qui participe de l’un et de l’autre élément, soit actif, soit passif qui à cause de la délicatesse, de la pureté, de l’incorruptibilité et de la spiritualité de ses parties, participent beaucoup des facultés des esprits, et qui par leurs rapports avec les choses opaques, pesantes, corporelles, épaisses et corruptibles tiennent de leur génie et de leur caractère en tout,

à cause de leur iniquité ; ce qui fait un milieu participant des natures et esprits infernaux, et est l’image des corps damnés. Cela nous montre à découvert ce que nous avons à dire là-dessus. Ce qui est le plus digne d’admiration et dont je ne crois pas qu’il soit défendu de parler, ce sont les prodiges et les merveilles qu’on découvre dans la matière la plus vile de toutes ; j’entends le vif-argent, sur lequel, si nous faisons réflexion, nous trouverons les moyens qui rendent les Démons et les hommes injustes et malheureux.

Y a-t-il rien de plus inouï, rien à qui personne doive ajouter moins de foi, que de voir le possible joint avec l’impossible, le subtil avec le pesant, le pénétrable avec l’épais, et le lumineux avec l’obscur dans un même sujet et dans un même degré, car dans le vif-argent comme dans une juste balance, l’on pèse les premières et secondes qualités des éléments, et la volatilité est au dernier degré de la pesanteur, comme la lumière tout à fait au-dessus de l’opacité, et ces deux extrémités sans perte et sans destruction des substances contraires, par un certain accord si harmonieux, qui nous

est presque inconnu, ne font qu’un composé, qui est le précis et l’abrégé de toute la nature, qui est un prodige dans la nature même, et son ouvrage le plus excellent que nous avons peine à comprendre, quoiqu’il tombe sous nos sens.

Qu’un ignorant le nie, qu’un impie le réfute, qu’un philosophe en dispute, c’est néanmoins le témoignage de la nature ; les physiciens s’y rendent ; l’expérience le confirme et la vérité même fait foi et explique plus clair que le jour, tout ce que la foi orthodoxe nous propose à croire sur les tourments des damnés et sur les genres et degrés de leurs peines et supplices. Nous apercevons par son moyen et nous voyons comme dans un miroir plus clair que le jour, que certains corps des damnés acquièrent des qualités tout opposées à celles des justes, qui leur font souffrir des peines éternelles et qui leur procurent des tourments sans fin. Ces qualités sont nommées par les théologiens l’opacité, la pesanteur, l’épaisseur et la passabilité qui renferment tous les genres de tourments, de peines de supplices, et qui rendent les supplices et les peines

complètes ou éternelles, c’est-à-dire qui n’auront jamais de fin, à cause de leur passibilité et de leur incorruptibilité, c’est-à-dire que les démons et les hommes chargés de crimes subiront une malheureuse éternité de tourments, d’autant plus affreux que leur passabilité, leur obscurité, et leur épaisseur auront été jointes avec la pénétrabilité, la subtilité et la lumière ténébrante ; ce qui aggrave et augmente tous ces différents genres de tourments, qui seront encore au-dessus des misères, des douleurs, et des peines de tout le monde, parce que les qualités qui reçoivent la douleur et la passion seront multipliées dans eux à l’infini ; de sorte que l’opacité de tout le monde, l’épaisseur, etc. se trouveront dans un seul corps des damnés, comme nous avons dit et fait voir dans le vif-argent.

Cela n’est pas digne d’une grande attention. Examinons maintenant si les corps opaques des damnés peuvent occuper un lieu définitivement et circonscriptivement, et tâchons de découvrir aussi s’ils ont l’essence suprême très pondéreuse, la subtilité et l’agilité, mais ce que nous voulons découvrir est au-dessus de la portée des hommes

et inconnu aux esprits les plus perçants des philosophes.

Qu’y a-t-il, je vous prie, de plus inouï que d’entendre que l’opacité et la passabilité soient reçus dans des corps qui ne sont composés que des plus pures et des plus lumineuses qualités des éléments, ce qui fait que la lucidité, la pureté, l’incorruptibilité et la subtilité, est un abîme de prodiges dont on ne peut se débarrasser.

Faisant si les corps ténébreux peuvent par quelque voie naturelle, pénétrer ou être pénétrés, puisque les esprits lumineux se terminent par les ténèbres et sont arrêtés par l’opacité. Ce n’est enfin rien, si nous ne faisons voir par une raison naturelle, comment des corps incorruptibles peuvent supporter en entier ou dedans leurs moindres parties toutes sortes de maladies et de tourments en même temps. Quoique ces choses ne soient pas sans contredit, et qu’on puisse parler au contraire il n’y a cependant point de sophismes, et elles n’ont pas besoin de démonstrations vraies et certaines, comme le sujet de toute contrariété et de toute διαφτορα ou corruption, et l’abîme des ténèbres opposées au

principe vital de la lumière, est un gouffre inépuisable de tous les maux, et l’abîme le plus profond des tourments rassemblés tous en un, car il n’y a point dans la nature de supplice plus grand que la privation de la lumière où la vie des choses est renfermée, comme l’impassibilité jointe avec l’incorruptibilité qui est une continuelle absence des maux, fait une abondance parfaite de biens et de plaisirs éternels et qui ne finira jamais ; de même la passibilité jointe avec l’incorruptibilité, qui est une mort successive et continuelle formera un gouffre toujours plein de tous les tourments et supplices, et un labyrinthe d’où les âmes malheureuses ne se tireront jamais. Ces tourments par rapport au sujet patient seront encore d’autant plus grands et plus accablants qu’il aura été plus capable de recevoir ces qualités, à cause de son épaisseur, car plus il y a de qualité et de faculté, plus il y a de vertus rassemblé dans une, plus l’impression des éléments ou agents restera puissante et forte, à cause de sa subtilité et de la pénétrabilité qui ne feront qu’un avec la passibilité. En un seul moment, ils souffriront toutes

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