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← ExitThe Manly Hall Manuscript Collection, Volume I
Spirits of Armoniac

mieux exprimer la même chose, mais ces esprits, au contraire et par un mouvement opposé éloignent tous les traits de l’amour et ne donnent aux choses que de faibles passions et de molles et vaines inclinations de volupté. C’est pourquoi ils donnent à Vénus Anthée pour fils à la place d’Adonis, et à elle-même le nom de Méduse si connue chez les poètes, et lui attribuent aussi sa très mauvaise origine, puisqu’elle sort du géant Typhon, c’est-à-dire du soufre et d’un monstre qui avait trois corps [quatre signes alchimiques].

Esprits d’armoniac.

Les esprits des forêts, des sels de mercure et de la lune planètes humides sont d’une nature humide ; ces esprits sont fluides, et pour cela n’ont pas les bonnes qualités de leur planète, parce qu’ils sont les causes essentielles de l’altération, de la mort et de la corruption. Tout ce qui ne peut être corrompu par toute autre vertu élémentaire, peut sans difficulté être résolu et altéré par les humidités de ces sels, mais comme ils sont les ennemis les plus déclarés de toute notre vie, ils ne corrompent pas la matière, afin que la génération s’ensuive, parce

qu’ils dissipent comme un feu élémentaire les vertus séminales qu’elles renferment. Ainsi, ils exercent une tyrannie extrême sur toutes choses, particulièrement sur les métaux. Ils résolvent tout ce qu’on jette dedans, comme les eaux du Styx ou de l’Alphée, ils réduisent en liqueurs les métaux mêmes et mercure aussi, mais non pas le soleil et retournent en leur première matière ou ancien chaos ou limbes, car, comme ils demeurent perpétuellement dans le feu et que quelques-uns se fondent, ils peuvent très aisément faire agir sur les corps parfaits des métaux leur vertu aiguë et dissolutive et les détruire du côté de leur mutabilité, lorsqu’ils y sont dans leur perfection.

Est-il rien de plus nuisible au corps et de plus destructif que les eaux fortes et les esprits corrosifs ? Peut-on nier leur inimitié contre les corps, qui est telle qu’ils dissipent, mettent en pièces et déchirent, parcourant et pénétrant toutes leurs parties, ce qu’il y a de vie en eux, d’animalité et de spiritualité. De sorte qu’on ne les regarde pas comme un refuge de voleurs, et une retraite de bourreaux et comme l’hospice des traîtres mais on les prend pour le réceptacle de tous les vents

qui sont les gardes, les soldats et les ministres cruels de la nature, toujours prêts à exécuter ses ordres.

Si nous jetons cependant hors du monde les esprits nitreux, les cyclopes de Vulcain, qui remplissent la moyenne région de l’air les concavités de la terre et toute la superficie des tonnerres, éclairs, maladies pestilentielles de grêle et de tourbillons de vent, de sorte que la nature semble en quelque sorte souffrir des convulsions, des chocs et des tremblements ; je dirai qu’il est non seulement le tourment des hommes, mais l’arsenal de tous les attirails de la guerre. De plus, l’horrible sacrifice des Démons, pour lesquels il répand avec une cruauté inouïe le sang d’une infinité d’hommes qu’il met à mort. J’ajoute enfin que tout ce qui est mortel destructif, nuisible, maladif, pernicieux et criminel, soit dans l’art ou dans la nature sort de lui, comme de la caverne et du gouffre de tous les maux.

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