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fils de Vulcain qui est le soufre qui ne vit que de ce qu’il vole, et de ce qu’il prend sur les autres, comme le feu qui consomme et détruit tout sans s’épargner lui-même, et est enfin consumé par une rouille qui le détruit lui-même. C’est ce qui a engagé les poètes à dire que Typhon a été enseveli sous les flammes du mont Etna dont il a été brûlé et consumé, ou à le comparer à Sisyphe qui est attaché sur un rocher, car il est si fort garroté par les durs liens de son soufre terrestre, qu’à peine peut-on l’en séparer, de sorte qu’il semble né non seulement pour sa perte mais pour la destruction de tout le monde.
Esprits de l’orpiment.
On trouve dans l’orpiment cru certains esprits cachés semblables aux démons du Styx ou damnés qui sont entièrement opposés aux premiers et plus purs esprits des anges et du soleil et qui sont d’autant plus nuisibles et contraires que les autres sont favorables et profitables à tout l’univers ; c’est ce que publient ouvertement les ennemis les plus déclarés de toute la nature, et ceux qui dressent le plus d’embûches à
la vie des hommes, qui n’épargnent personne, parce que personne ne peut l’emporter sur eux, parce qu’ils sont composés la plupart de vif-argent, de vitriol, et de soufre ou de nitre. Certains ont jugé à propos de le comparer à Cerbère qui a trois gueules, ou à Géryon qui a trois corps ; l’or le plus doux et qui s’insinue plus aisément que les autres poisons l’emporte sur les vipères, les aspics, les crapauds les araignées et tous les autres animaux venimeux ; de sorte que tout ce qu’on croit mortel et pestilentiel en ce monde sublunaire est réputé couler sur toute la terre, sur les végétaux, les minéraux et les animaux dispersés de cet astre qui ramasse le venin de tous les monstres et devient la source de leur mort, ce qui fait dire qu’il est un feu sans flamme, une flamme sans lumière, et un flambeau ténébreux qui ne donne point de jour, qui comme une fumée infernale brûle et consume tout ce qui se présente à lui et qui outre cela brûle sans être consumé, et qui vit dans ses propres flammes comme la salamandre, qui est immortelle et incorruptible, et néanmoins corrompt et altère tout, et est en même temps plus mortel que le sang du Centaure Nessus, dont les poètes rapportent que
Hercule empoisonna les flèches, qui ne doit sa naissance qu’aux démons qui l’ont fabriqué dans [mot grec incertain : Ερεβο…] c’est-à-dire dans les ateliers de l’enfer, et l’ont vomi pour détruire entièrement la nature.
Après eux viennent les esprits de Vénus ou de cuivre ou des marcassites qui participent du cuivre qui sont contraires aux aspects, conjonctions et révolutions fortunées de Vénus dans le ciel et aux bons esprits du cuivre semblables aux furies infernales et à leurs compagnons ou sœurs amies de la mort, ils tendent des pièges à la vie de toutes choses, et machinent la mort de toutes les créatures comme Tisiphone qui ronge son cœur, qui a les cheveux épars et pleins de serpents et que l’envie fait sécher sur pied. Si nous comparons ces noires et infernales furies aux esprits verts ou à ceux de quelque autre marcassite vitriolique, je ne sais lesquels sont les plus pernicieux. Elles sont teintes d’un jaune qui tire sur la couleur verdâtre des serpents, elles portent dans leurs dents un venin qui est très pernicieux, et dans toutes les parties de leur corps, elles cachent l’aiguillon de la mort, qui a tant de force que comme l’aigle qui
dévore le foie de Prométhée, il ronge tout, et son corps étant infecté maigrit et se consume. Il leur faut attribuer les mêmes qualités que nous avons données ci-dessus, au venin funeste du vif-argent, du soufre et du vitriol, parce qu’il est composé de ces trois.
Si les anciens sages et tous les poètes ont reconnu Vénus pour mère de ce qui était à produire, comme celle qui préside aux générations qui trace les parties organiques et similaires cachées dans la semence qui leur donne leur propre situation et la couleur qui leur convient, ils ont par une raison contraire des sentiments d’horreur quand ils voient ces esprits infernaux et pernicieux sortir de la nature même, qui par une certaine antipathie ne représente que la mort, la confusion, la guerre, les ténèbres, et répand partout l’image du premier chaos au milieu de toutes les choses créées. De même qu’elle amollit avec ses flèches dissout les cœurs des animaux qui sont mols d’eux-mêmes et qu’elle imprime certaine passion aux choses mêmes insensibles. Les poètes ont donné à Vénus Adonis pour fils, tenant un arc à la main droite, et un flambeau de la gauche pour