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← ExitThe Manly Hall Manuscript Collection, Volume I
Good and Evil Angels

les purs éléments, elles sont tirées du profond cachot du néant et ainsi toutes étant répandues par toutes les parties de l'univers, elles s'y acquittent de leurs propres et différentes fonctions et ministères, selon leur mérite et leur élévation, selon leur nature et le rang qu'on leur a assigné dans ce bas monde. Comme personne n'a parlé, excepté les anciens Égyptiens, de ces esprits naturels, disposés de cette manière et selon cette méthode, nous devons l'expliquer d'après eux, et battre le chemin que nous devons suivre. Les Arabes et les Grecs, l'ont puisé d'eux-mêmes, comme tout ce que nous avons appris d'eux; ils l'ont tiré de la même source, et si nous examinons à fond l'ordre gardé ci-devant par rapport aux esprits célestes, nous en pourrons apercevoir un pareil dans ces derniers.

Nous partageons donc en trois classes ou ordres, qu'ils appellent familles οἰκίας—cette triple distinction d'anges. Ceux du premier ordre qui suivent la première hiérarchie et qui non pas par rapport à leur ordre, mais à leur dignité occupent la première place qui est un siège d'or ou entremêlé d'or et de pierres, sont des esprits incorruptibles, déliés de tout ce qui enveloppe la matière im-

pure, à qui on attribue tout ce que la nature opère de grand et de merveilleux dans tout l'univers, et ils n'ont aucun commerce avec les choses corruptibles. Après eux, suivent les esprits mercuriels et ceux qui sont de leur même nature, qui opèrent dans leur royaume ce que font les Intelligences célestes qui gouvernent les neuf sphères. Ceux du troisième ordre, qui est le plus bas, sont tartarésiens ou quasi satyriens, c'est-à-dire les centraux qu'on croit destinés à dispenser les vertus des choses sensibles et matérielles.

Nous pouvons encore diviser cette triplicité en neuf distinctions, selon les neuf degrés ou familles assignées aux essences intellectuelles et aux planètes; nous accordons au premier mobile universel des choses qui sont à créer tous les privilèges des premiers anges et des premières intelligences du premier mobile; autant qu'il y a dans le ciel étoilé d'idées de formes dispersées confusément et infuses aux seconds esprits intellectuels, elles restent toutes cachées dans le monde de notre pierre. La sphère de Saturne contient la même chose que le troisième ordre des Anges, et même le plomb dans ce règne élémentaire.

L'étain opère entre les métaux ce qu'opère Jupiter

parmi les planètes, les quatrièmes intelligences du quatrième ordre parmi les anges. Il faut juger de même du reste des métaux ajustés, assignés, assujettis à leurs planètes, que des essences intellectuelles.

Comme il y a neuf ordres d'esprits spirituels qui tiennent du caractère et du bon génie des esprits glorieux et des anges, et qui imitent leur nature, de même en ce bas monde, il y a des esprits champêtres et des bois qui suivent les mauvais esprits ou les esprits infernaux qu'on appelle Cacodémons et ils s'ajustent les uns avec les autres dans leurs opérations. Les Égyptiens prétendent qu'ils sont engendrés de la lie et de la crasse des Éléments, et croient que selon la place qu'ils occupent, ils sont ignés, aqueux, terrestres et aériens. Les Centraux sont tous ceux qui du centre de la matière où ils sont enchaînés comme dans une prison ténébreuse ou une demeure de soufre, font tout ce qui peut nuire et causer de la perte, en sorte qu'ils semblent nés pour la ruine et le renversement de tout l'univers comme ceux comme ceux qui sont les auteurs de tous les maux. Quelques-uns d'eux qui même sont les premiers

recherchent par prières quelque part à la majesté ténébreuse et à l'empire infernal de Pluton, prince de l'obscurité; demeurent sur son siège de soufre d'où l'on dit que coulent les quatre fleuves d'enfer, qui sont les quatre plus mauvaises qualités des éléments, par le moyen desquelles, comme de quatre furies, ils sèment toutes toutes d'inimitiés, de haines, d'antipathies, de guerres, de corruptions, et la mort même au milieu des choses créées.

Parce que Pluton a voulu disputer avec l'or, qui est sans contredit le premier de tous les métaux, il a été précipité dans une prison obscure et ténébreuse comme dans un étang de soufre, et garrotté de chaînes indissolubles, il paie les peines éternelles dues au crime qu'il a commis. Sa puissance comme il est le chef de tous est si grande, qu'il s'acharne cruellement contre tous les corps qui lui sont sujets. Il glace du froid le plus horrible les plus chauds; brûle les plus froids; brise les plus durs; sèche les plus humides; condense les corps aériens, et plus cruel qu'un monstre, se jette sur son

père, dévore les enfants qu'il engendre, et à l'imitation d'un tigre, ou comme un lion, met à mort et fait périr par un sanglant carnage ce que son premier créateur a fait naître. Je dis plus, quoique ce soit quelque chose d'horrible à dire, plus venimeux qu'un basilic, il tue de sa vue et de son haleine, et répand un mortel poison sur tout ce qu'il touche et engendre toutes les espèces de maladies dont il pullule en ce monde; s'il est mêlé avec des esprits cruels, comme des sels et des soufres, il machine des pertes encore plus grandes, et médite des carnages plus sanglants.

Qu'y a-t-il je vous prie, de pire que le vif-argent commun avec le soufre comme il se trouve dans les métaux imparfaits, ou avec des sels, comme on peut voir dans l'air sublimé?

Les princes des mensonges suivent immédiatement après les Esprits tartariens; ils peuvent s'enflammer et brûler, étant d'un soufre commun et d'un esprit vulgaire, et par leur antipathie naturelle, ils résistent en tout aux esprits des astres du second ordre qui pré-

président au ciel étoilé et tâchent d'effacer et de détruire toutes les idées des formes imprimées sur leurs semences, car cet esprit porte le fer et le feu sur leur siège, brûle et détruit tout ce qu'il touche; il n'épargne pas Vénus même, et méprise le sabre de Mars; il s'emporte cruellement contre le soleil et la lune qui n'appréhendent rien, et brûle tout d'un feu d'enfer; il l'emporte sur les taureaux aux pieds d'airain qui vomissent feu et flammes destinés à labourer la terre de Mars, et qui ne peuvent conserver ni défendre de lui ce qui a été créé dans la nature. Il vomit une plus grande quantité de flammes que le mont Etna. Le lit de mercure et de ses compagnons est de feu rempli de flammes et de soufre; ils y sont punis de leurs forfaits; c'est un gouffre immense de puanteur et de corruption, qui de son odeur infecte peut empester toute la terre; c'est l'abîme de toutes les plus mauvaises qualités et son corps, joint avec le nôtre est le réservoir de tous les maux et contient une plus grande quantité de maladies propres à faire périr et ruiner entièrement la nature que la boîte de Pandore.

Ils sont suivis des esprits antimoniaux, qui sont opposés à la planète de Saturne, et aux anges du 3e ordre dans toutes leurs fonctions, et leurs bons offices et s'accordent avec les esprits infernaux pour être les inventeurs de tous les maux et de tous les arts pernicieux. C'est ce qui fait qu'on les appelle vases d'iniquités, ou réservoirs de toutes les malignités; sous l'apparence de procurer quelque bien ou quelque avantage ils détruisent et ruinent toutes les choses avec lesquelles ils sont mêlés; ils les dépouillent de leurs forces et leur cruauté est telle, qu'ils ne font rien en leur présence et que ces autres choses se trouvent dénuées de leurs propriétés. Ces esprits exercent surtout leur violence contre Mars, prince des dieux et des métaux qui met les armes bas devant eux, c'est pourquoi on les regarde comme des supplices et des bourreaux exterminateurs.

Cet esprit est le Dragon qui de son haleine fait mourir tous les animaux et emplit et infecte de son venin toute la région supérieure de l'air; c'est un glaive très aigu des deux côtés, c'est-à-dire qu'il brûle et corrompt les corps par la combustibilité du soufre

et par la subtile pénétration du mercure; comme un traître cruel, il s'acharne si fort contre le cœur et les parties nobles, qu'il les fait presque sortir du corps; comme un hôte infidèle, il ne vit qu'en ruinant autrui; comme le grand Fourbas, il lutte, surpasse et vainc ceux qu'il attaque, et comme un autre hercule il n'épargne pas sa mère qui est mercure. On dit qu'il est le plus animé des esprits de l'enfer; il est le bain infernal de Pluton, et l'eau du Styx dont se servent les furies de l'enfer pour faire tout périr; il prend de temps en temps de nouvelles formes du démon Protée afin de mieux séduire; c'est un esprit trompeur qui porte la mort sous espérance de guérison; il dévore une pilule amère afin de tromper sous cette apparence extérieure, et il présente une coupe empoisonnée adoucie avec le sucre; il fait offre de la vie, et il lance la mort; on le compare au Cerbère à trois gueules parce qu'il tue de son pus écumant et de son poison mortel, ce qui fait qu'on l'appelle liqueur empoisonnée et entrée de l'enfer, parce qu'il met en danger de perdre la vie ceux qui en usent.

Quoique dans les essences mercurielles des métaux même les plus purs nous rencontrions de purs esprits qui par un bienfait de la nature sont utiles à quelque chose, chacun peut cependant dans ces parties sulfureuses en trouver d'impurs qui sont très nuisibles et qui sont comparés aux mauvais Démons de la troisième espèce, parce qu'ils tiennent de la nature des esprits de l'antimoine et du caractère du vif-argent; mais comme ils participent aux mauvaises inclinations de tous les esprits et de toutes les furies de l'enfer, surtout de ceux qu'on nomme Saturniaux, c'est-à-dire de plomb. On dit qu'ils sont les esprits, qu'ils soignent et examinent tous les métaux comme ces derniers examinent les crimes et qu'à la réserve du soleil et de la lune, qu'ils reconnaissent à cause de leur souveraine propriété, ils réduisent le reste en cendres, et parce que cet esprit renferme mercure et le soufre qui ressemblent fort au vif-argent et au soufre commun, il faut lui accorder à plus juste titre tout ce que nous avons accordé aux autres ci-dessus. Tout ce que les bons esprits de Saturne font soit dans le ciel, ou sur la terre, surtout pour

corporifier les idées des spermes et des semences qui renferment en elles les formes des choses, trouve de la résistance dans ces mauvais esprits qui par un instinct contraire et une antipathie diabolique, tâchent d'éteindre leurs esprits germinatifs par leur froideur qui leur est pernicieuse et qu'ils multiplient à l'infini.

Les anciens, pour cette raison, leur ont donné une faux dans les mains pour faire voir qu'ils sont les destructeurs et les exterminateurs de tout et comme d'une gueule béante et affamée, ils dévoraient ce que les bons avaient engendré; on les compare au dragon de Lerne, qui engendré dans des eaux froides et bourbeuses avait dévoré les sept compagnons de Cadmus qui sont les sept métaux, car si on pèse leur force dans une juste balance, ils ne paraîtront pas beaucoup au-dessous de ce dernier venin, en cruauté et en inhumanité. Cet esprit ennemi du plomb est l'aigle cruel qui ronge le foie renaissant de Prométhée. Par l'aigle, nous entendons son vif-argent cru, et quand on dit que Sisyphe roule continuellement un rocher pour expier son crime, c'est-à-dire qu'il est condamné par la nature dans la coagulation des pierres;

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