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← ExitThe Manly Hall Manuscript Collection, Volume I
Good and Evil Angels

Des bons et mauvais Anges et de leurs différences, rangs, occupations et de leur pouvoir dans la nature créée

Le tyran Nicocréon demandant quel était le plus grand des Dieux reçut pour réponse de l'oracle Sérapis qu'il fallait tenir pour dieu celui dont la tête était dans le Ciel, le ventre sur les mers, les oreilles dans l'air et les yeux brillants dans la lumière du Soleil, c'est ce qui a engagé Orphée à dire selon notre foi orthodoxe, il est un, seul, parfait, qui a créé tout, qui voit tout, qui se connaît lui-même et toutes choses, que l'esprit seul peut voir et comprendre, et dans un autre endroit il est tout, Pan, Tepher, tout, tout-puissant, plus ancien que le temps, seul Ignée, seul Éthérée, seul terrestre, seul aquatique. Nous ne finirions jamais si nous voulions rapporter tout ce qu'ont dit les docteurs sacrés et profanes, qui se rapportent

tous au sixième sens; il nous suffit de dire à ceux qui veulent connaître et chercher Dieu qu'il n'est rien dans toute la nature créée qui ne nous l'indique en quelque sorte, quoique sous des voiles grossiers; c'est pourquoi s'il nous est permis de sonder toutes les parties de la nature avec toute la pénétration de notre esprit, nous trouverons en elle quelques vestiges ou caractères de la Divinité, même dans les mauvais anges qui ont osé les souiller par une entreprise téméraire. Les anciens ont fait un si grand cas de ces vestiges, quoiqu'ils ne représentent qu'une image grossière de leur créateur, qu'ils les ont regardés comme Dieu même.

Démocrite, Orphée et Pythagore, dans leurs recherches sur les choses du ciel, se sont écriés qu'il y avait autant de divinités qu'il y avait de parties dans ce monde, ou pour mieux dire, que dans toutes les parties du monde, il y a un esprit divin par sa vertu; ils appelaient dieux, les effets de cet esprit, mais ils se trompaient lourdement en prenant ces effets pour leur première cause.

Porphyre et quelques autres ont dit aussi avec assez

de raison, que tout était plein de Jupiter, mais ils prenaient la figure pour la chose même, et ne connaissaient pas le créateur de cette fausse divinité. On peut donc connaître et apercevoir la première image créée de la divinité, qui est ce bas monde, qui est très pur et très simple, et propre à recevoir toutes sortes de formes suivant cette expression du poète: «Un esprit au-dedans le nourrit et l'anime.»

Zoroastre, plus éclairé, appelle cette étincelle de la divinité les doux enfantements de l'âme et de la vie de toutes choses créées et à créer, et les anciens se conformant à lui, ont dit unanimement qu'il était besoin d'un milieu et d'un lien pour marier les âmes créées avec les corps, et les choses célestes avec les terrestres, qui dans un composé sont les deux extrémités; ils ont donc cru que l'esprit universel du monde ou certaine quintessence qui, comme le véhicule de l'âme, sert à attirer le feu céleste et immortel, qui est le lien de la vie et l'aimant qui attire les vertus célestes dans les mixtes, provenait de l'espèce incorruptible des Éléments.

La seconde et la plus expresse image créée de la divinité sont les anges, qu'on appelle intelligences immortelles, impassibles, incorruptibles, immatérielles et simples, qui devaient servir le

créateur et gouverner le monde sous ses ordres et être comme un milieu et un lien entre le créateur et les créatures, l'immortel et les mortels, l'infini et les bornes finis, etc., quoiqu'il y ait différents genres d'esprits, et qu'il y en ait diverses espèces qui sortent de ces intelligences immatérielles, comme nous l'allons expliquer plus au long.

L'École de nos ancêtres établit trois sortes d'anges; les premiers d'eux sont au-dessus des célestes, exempts de toute matière, et n'ayant aucun commerce avec les inférieurs; ils jouissent uniquement de la vue de Dieu et sont rassasiés de l'abondante source de son nectar, ce qui fait que quelques-uns les ont nommés animaux de la sainteté ou anges de la face.

Les seconds sont les intelligences célestes, ainsi nommées parce qu'ils régissent les astres, auxquels ils président dans la sphère où ils sont nommés. Ils croient qu'ils tirent leur origine de la partie la plus pure et la plus fixe de notre mercure, mais ils ont pris les corps des astres, ou planètes, ou des étoiles pour les intelligences qui les font agir et les gouvernent. Après eux viennent en troisième lieu les intelligences qui sont comme maîtres et dispensateurs des

choses d'ici-bas, qu'ils ont appelés origine, et d'autres certaines vertus occultes, et esprits invisibles, destinés à conduire et disposer les choses sensibles et matérielles, qu'ils ont prétendu être corporels, et comme sans corps, et conséquemment mortels et matériels. Mais ils se sont trompés dans leur opinion en confondant cette espèce intellectuelle avec l'esprit universel dont nous avons parlé, ce qui ne se peut faire parce qu'ils sentaient la lie des qualités élémentaires, corruptibles et mortelles.

Or Dieu a créé tous ces ministres de la source du néant comme toutes les choses créées qui tombent sous la vue. Nos docteurs et théologiens suivent ces trois divisions des anges et en partagent encore chaque ordre en trois qu'ils appellent hiérarchie ou chœurs et leur attribuent à tous différents emplois dont il est à propos de se taire ici. Pour expliquer ce qu'en disent les théologiens hébreux, ils appellent les premiers de ces anges, anges de toute sainteté; Dieu se sert d'eux pour donner la première existence des choses à toutes choses; il se sert des seconds pour faire sortir toutes les idées de formes répandues dans le chaos ou les limbes; des troisièmes pour imprimer les formes à tout ce qui doit être créé; des quatrièmes pour leur donner

une force accidentelle et individuelle; des cinquièmes pour tirer les éléments des premiers abîmes de la matière; des sixièmes pour engendrer les métaux, des septièmes pour engendrer les végétaux, et des huitièmes pour produire les animaux, le soin des neuvièmes et des derniers est confié aux hommes; c'est pourquoi on les appelle leurs maîtres, leurs docteurs, leurs esprits défenseurs et tutélaires.

Quoique cet arrangement des anges paraisse ne pas beaucoup servir à notre sujet, puisqu'il ne nous regarde pas, et que ce n'est pas notre sentiment, nous avons voulu néanmoins l'ajouter ici, pour pouvoir connaître non seulement dans le monde intellectuel et céleste, mais aussi dans le monde inférieur naturel et élémentaire, un arrangement qui n'est pas fort différent, et qui correspond à la fin pour laquelle ils ont été créés, au moyen duquel nous puissions en suivant le chemin royal qui est tout droit, toucher aux secrets de la nature et aux mystères de la divinité.

Quoiqu'il n'y ait aucun ordre dans les enfers et qu'on ne donne aux Démons ni premières ni secondes

places, il est cependant certain qu'il y a quelque ordre et certains emplois auxquels ils sont destinés et on les divise en neuf degrés ou ordres, comme les bons anges. Les premiers sont les pseudothées ou faux dieux et les antithées, ou contre Dieu. Ils s'attribuent le nom de Dieu, les adorations et les sacrifices et ceux qui les suivent sont les esprits des mensonges, qui président aux prédictions et aux oracles. Les troisièmes sont les vases d'iniquités, inventeurs de tous les maux et des mauvaises sciences; ils sont suivis des auteurs de crimes. Les cinquièmes immédiatement après sont les inventeurs des maléfices, des prestiges, et des faux miracles. Les sixièmes sont les puissances aériennes, qui se mêlent avec le tonnerre, les éclairs et les vents, corrompent l'air et causent des pestes et des maladies. Les septièmes sont les furies qui sèment les discordes, les guerres, et les autres maux. Les huitièmes sont les accusateurs, et ceux qui examinent nos crimes. Les neuvièmes et derniers sont les tentateurs, qui font le guet autour de chaque homme, et se répandent dans ce bas monde pour faire commettre les crimes.

Quelques-uns prétendent les partager en sept ordres, suivant les sept péchés mortels, à chacun desquels ils rattachent chacun de leurs ordres, ce qui, bien loin de me paraître erroné, me semble conforme à la foi catholique. Les Arabes, les Égyptiens et les Grecs après eux, leur ont encore assigné des places pour expier leurs crimes. Voyez Agrippa, il en traite fort au long dans sa Philosophie secrète.

Dans le royaume céleste ou dans la famille des planètes dont les vertus suivent de près celles des intelligences, nous attribuons au premier mobile duquel dépend le premier mouvement pour la vie, et la première existence des choses, tout ce qu'on accorde aux premières intelligences de la première hiérarchie dans le monde céleste. Nous plaçons ensuite dans le ciel étoilé les idées confuses qui contiennent les semences des choses, qu'on peut comparer aux secondes espèces intellectuelles. Nous mettons en troisième lieu tout ce qui concerne le troisième ordre des anges dans le ciel ou dans la sphère de Saturne, c'est-à-dire qu'on y voit la séparation et la concrétion des formes

confuses dans le premier Ciel sans quoi elles resteraient confusément dans le chaos ou dans les limbes. Ensuite, nous attribuons à la quatrième sphère de Jupiter, comme propres, les fonctions et les organes des esprits vitaux et animaux, sensitifs, nutritifs, et de la respiration, ce qui constitue la forme accidentelle, et est attribuée au quatrième ordre des anges. Nous accordons en cinquième lieu à Mars et aux intelligences de sa famille, les mêmes vertus élémentaires en ce qui concerne et est destiné pour la nutrition, la végétation et l'augmentation. La sixième hiérarchie des intelligences qui préside aux métaux et choses métalliques a pareillement et presqu'un semblable empire à celui que possède le soleil dans le monde sublunaire, à qui il appartient de distribuer à toutes les créatures les esprits vitaux et la respiration balsamique de la vie.

Comme le soin de la végétation regarde les septièmes espèces intellectuelles, de même la vertu de Vénus est de tracer et d'exprimer les formes et les figures proportionnellement diverses des parties par la force végétative. Mercure occupe la huitième sphère dans le ciel; il préside à toutes les humidités élémentaires et aux humeurs nutritives et végétatives

du huitième ordre; les derniers esprits de notre neuvième sphère aussi bien que les intelligences angéliques du neuvième ordre sont chargés de la conservation de toutes choses sublunaires et du soin de la génération. Les esprits de la dernière et la plus basse classe céleste sont naturels, et comme ils sont composés de la substance élémentaire, ils ne sont point esprits à parler proprement et théologiquement; à cause de leur délicatesse, de leur pureté, de leur subtilité et de leur facilité à pénétrer l'essence éthérée, nous leur donnons le titre d'esprits; ils ont tiré leur origine du plus pur mercure de l'ancien limbe, pour secourir la nature et pour servir à son ministère, c'est pourquoi tout ce qui est créé dans la nature, soit végétal, soit animal, soit minéral coule de lui et des parties des éléments, et est même attiré par sa vertu bénéfique et aimantine, comme l'âme raisonnable dans les organes du corps humain y est retenue par ce fort lien d'amour qui l'attire, et par l'identité de nature, et retenue par le corps, devenu comme un instrument propre à tout ce qui opère ce que vous [illegible].

Tous le reste des essences pures, simples et incorruptibles, comme le soleil, les astres, les anges et l'âme raisonnable, et

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