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← ExitThe Manly Hall Manuscript Collection, Volume I
The Labors of Hercules

Explication courte et physique des travaux d'Hercule, selon le sens hermétique philosophique

1°. Les serpents que Junon envoie à Hercule dans son berceau pour les étouffer dans son premier combat; c'est-à-dire ce que l'artiste doit entreprendre d'abord dans l'œuvre; c'est la mortification du serpent mercuriel ou vitriolique par la sublimation, car dans elle comme dans le caducée, ils s'étranglent et se mortifient en se dévorant, afin qu'après en avoir ôté le venin, on en puisse faire la souveraine médecine et la thériaque la meilleure.

2°. Le second combat qui se présente est contre le lion de la forêt de Némée d'une grandeur monstrueuse, auquel Hercule, après l'avoir terrassé en combat singulier, ôte la peau qu'il porte pour ornement ou comme un manteau royal. La peau de ce lion rouge, appelé cerf rouge par

par quelques-uns, est une certaine terre rouge ou rougeâtre et sablonneuse qui est le manteau ou le couvercle dont on revêt notre esprit solaire qui est le véritable Hercule et qu'il porte pour ornement. De cette terre on tire une eau végétale d'une vertu très puissante, dont il se sert comme d'une massue pour terrasser une infinité de monstres et pour faire plusieurs actions éclatantes.

3°. Hercule déjà habillé surmonte l'hydre qui fourmillait de têtes et de serpents avec un flambeau et un sabre dans la forêt de Lerne; ce troisième combat ou cette troisième opération est la plus dangereuse de toutes, il faut de la force et de la peine pour tuer l'Hydre, c'est-à-dire mercure qui pullule en têtes, c'est-à-dire en sept métaux représentés par ces têtes, car de quelque manière que soient préparés le mercure ou les sept métaux, on peut néanmoins les réduire en leur première forme; il y faut employer le fer et le feu, c'est-à-dire que l'artiste a besoin d'employer le soufre de Mars et le feu sans lesquels on ne peut dissoudre et vaincre les différentes couleurs qui succèdent dans l'œuvre, sont prises pour ces sept têtes et sont comparées aux sept métaux, savoir; le noir à Saturne, le rouge

à Mars, le blanc à Jupiter, le vert à Vénus, le bleu à la Lune et la couleur du citron à l'or et ne se sont dissipées que par le moyen du feu et du soufre.

4°. Sur le mont Érymanthe, il prend un sanglier qui ravage tout; c'est lui qui a tué Adonis. Par le sanglier nous devons entendre le vinaigre des philosophes qui dissout Adonis, c'est-à-dire le fils ou le soufre de Vénus; il l'amène vivant au roi Eurysthée, ce qui signifie le soufre vif des philosophes régnant et fixe, qui est notre Roi. Il l'amène après sa corruption et sa mort, c'est-à-dire que nous le résolvons.

On aperçoit assez en chimie ce que signifie la fable où est représenté son combat contre les oiseaux stymphalides, dans lequel, à coups de flèches, il les fait fuir du lac Stymphale ou de l'île de Mars jusque dans l'île d'Enyée, puisque ces oiseaux marquent les vapeurs ou esprits qui dans la corruption voltigent de tous les côtés du vaisseau. On dit qu'ils obscurcissent le ciel par leur grand nombre, parce que pendant ce temps de corruption le Soleil s'obscurcit et se corrompt, jusqu'à ce que notre Hercule les ait coagulés par ses flèches, qui sont les esprits

fixatifs, et les ait repoussés jusque dans l'île d'Enyée qui est une terre fertile et remplie de tous biens; le lac Stymphale représente la matière qui par corruption est résolue en eau noire et puante.

5°. Il surpasse à la course et tue un cerf qui avait les pieds d'airain et les cornes d'or sur le mont Ménélas. Ce cerf est la figure de l'eau d'or fixe dont l'esprit aurifique marqué par les cornes d'or, acquiert une si grande volatilité et spiritualité qu'il fuit plus aisément que le mercure volatil; c'est pourquoi on dit qu'il le chasse à la course, et qu'il l'arrête. Par les pieds d'airain du cerf l'on entend le laton des Sages, comme nous le ferons voir plus au long en son lieu.

Qu'entendons-nous par les quatre chevaux de Diomède roi de Thrace, qui se rassasiaient de la chair et du sang de ses hôtes, sinon les quatre insignes facultés et qualités des éléments, qui se nourrissent des esprits métalliques qu'elles tiennent comme en prison? Diomède représente ce mercure des philosophes. Il est très cruel et barbare, et donne la chair de ses hôtes à dévorer à ses chevaux, c'est-à-dire l'épure du soufre et du mercure, pour en

nourrir ses chevaux, c'est-à-dire pour être sucée et dévorée par les qualités des éléments.

7°. La plus grande, et néanmoins la moins sanglante de toutes les victoires d'Hercule, fut celle qu'il remporta sur Anthée, géant de Lybie, fils de la terre, que personne ne pouvait vaincre, parce que les forces lui manquant, il en reprenait sur le champ de nouvelles par le seul attouchement de sa mère, et ainsi se retirait toujours du combat sans avoir été dompté. L'ayant enfin vaincu, après l'avoir élevé de terre, il l'étouffa. Puisque dans les préparatifs de cette victoire ou (pour ainsi dire) de cette opération où le travail d'Hercule est nécessaire pour la finir, il faut que notre Anthée qui est le soufre d'or fixe ou le fils de la terre soit (l'emblème) sublimé en l'air, c'est-à-dire au sommet de la tête de l'alambic, autrement on ne le peut vaincre, c'est-à-dire réduire en quintessence afin qu'il puisse convertir les métaux par la teinture et la pénétration et devenir médecine souveraine.

8°. On doit juger du taureau furieux qui ravage presque toute la Crète, de même que le sanglier d'Érymanthe

mais le commerce monstrueux de Pasiphaé avec le taureau dont naquit le minotaure fait voir l'union de l'esprit végétatif de la matière avec son corps parce qu'ils participent l'un de l'autre, de l'esprit par l'âme de Pasiphaé et du corps par le taureau.

Hercule remporte la victoire sur Achéloüs, le plus célèbre de tous les fleuves. Nous allons examiner ce que veut dire par là notre physicien, car Achéloüs a une si grande vertu et une telle propriété qu'il prend différentes formes; quand une est détruite, il se change en une autre, ce qui fait qu'Hercule a de nouveaux travaux et de nouveaux dangers à essuyer. Les différents cours de ce fleuve qui font dire qu'il prend différentes formes nous montrent les différentes opérations de la matière, ses différentes formes, et les différentes couleurs qu'elle prend, et qui dans tout l'œuvre se succèdent les unes aux autres; ainsi ne nous arrêtons pas davantage à en faire l'explication.

La race d'Atlas et de ses frères renferme tout le secret du vaisseau, du fourneau et du feu. Atlas fut fils de Japeth, qui était fils du Ciel et de la terre, et qui épousa

la nymphe Asie. De ce mariage naquit Atlas, c'est-à-dire l'esprit minéral le plus grand de tous, Hespérus, c'est-à-dire l'esprit végétatif et Prométhée qui dénote le feu céleste. Nous disons que de cette multiplicité de feux s'engendre la corruption universelle des choses, qui contient tous les secrets ou mystères de cet art comme nous l'expliquerons en son lieu.

11°. Que veulent enfin dire dans la philosophie chimique Géryon au triple corps, Cerbère aux trois gueules et le Sphinx sous trois formes, terrassé par Hercule. Pour dénouer ce nœud gordien, nous entendons la triple substance des choses; l'eau ou le soufre, le sel ou mercure qui dans toute génération doit être détruite par la corruption par un mouvement successif; car la corruption de Mercure est l'âme et la génération du soufre, et au contraire la mort et la corruption du soufre consiste dans la vie de Mercure, de même que nous disons que la génération du sel est la subversion de l'âme mercurielle et du soufre.

12°. Enfin le combat contre les Centaures, et la victoire remportée sur eux, et sur les étables d'Augias, nettoyées par Hercule

ne nous expliquent pas peu de choses mais même (de l'aveu de tous les philosophes) renferment ce qu'il y a de plus sublime dans cet art sous les liens de la fable. Par les Centaures qu'engendra Ixion d'une nuée qui lui fut supposée à la place de Junon, nous entendons la double nature de Mercure et du soufre, savoir la pure et l'impure dont les corps qui participent sont appelés imparfaits et ne seraient jamais utiles dans cet art, s'ils n'étaient auparavant purifiés par notre Hercule. Les étables du roi Augias sont remplies du fumier de mille bœufs depuis trente ans; Hercule les vide en trois jours. Nous ne devons rien attendre de pur et d'homogène des substances impures des Éléments; bien loin de cela, nous ne devons compter que sur quelque chose d'imparfait et de monstrueux, et de corruptible, ce qui est représenté par le Centaure. C'est pourquoi, avant tout, il faut séparer l'esprit pur de notre mercure de ses substances corruptibles très noires et humides qu'il a reçues dans sa génération, étant changé en vapeur, ou converti en atomes qui sont les vaches d'Apollon, et le purifier entièrement, sans quoi il ne viendra pas en soufre de nature pur et fixe, mais pour accomplir cet œuvre difficile, on a besoin d'Achéloüs

qui lave et nettoie cette noirceur du laton ou du soufre. Si on néglige ce travail d'Hercule, tous efforts deviennent inutiles, toutes les peines, les soins et les mouvements qu'on se donne ne servent à rien. Hercule vainct Cygnus dans un duel opiniâtre et le surmonte encore après qu'il eût été changé en oiseau blanc, c'est-à-dire que pour finir l'œuvre voilà le plus grand et le dernier combat et un travail au-dessus de tout autre, car le soufre blanc étant converti en rouge, il ne reste rien qu'un profond repos et une joie parfaite. C'est alors qu'Hercule a tué l'aigle qui dévorait le foie renaissant de Prométhée attaché sur le Caucase, qu'il ramena des enfers Alceste, femme du roi Admète qui pour délivrer son mari de la mort, et lui prolonger la vie de plusieurs années a souffert la mort en sa place; mais il l'a ramenée des enfers après en avoir terrassé tous les monstres. Alceste est notre eau mercurielle qui n'a pas fait de difficulté de mourir à la place de son mari, c'est-à-dire son soufre; mais présentement Hercule l'a rappelée des cachots de la mort et de l'enfer, à une autre nouvelle et meilleure vie, ce qui a fait dire à Virgile: «Il est aisé de descendre aux enfers, la porte du noir Pluton est ouverte nuit et

jour, mais revenir sur ses pas, et remonter sur la terre, cela n'a été possible qu'aux fils des Dieux chéris de Jupiter, ou à peu de héros qu'une valeur éclatante a élevés jusqu'au Ciel.»

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