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← ExitThe Notebooks of Joseph Joubert, Volume II
YEAR 1805

Quiquonque ne scait pas (ou du moins ne sent pas) quelles différence on doit mettre entre ces mots, le beau et la beauté, le vrai et la vérité, l’idéal et l’abstrait, est mauvais métaphysicien.

25 décembre.

L’homme aime à remuër ce qui est mobile et à varier ce qui est variable. Ainsi chaque siècle imprime à chaque langue quelque changement; et de plus, le même esprit d’invention qui créa les langues les détériore en subsistant toujours.

C’est vouloir guérir les malades à grands coups d’épée; c’est panser leurs blessures à coups de bâton.

Quiquonque n’est jamais duppe n’est pas ami.

Il y a beaucoup de défauts qu’on n’a jamais quand on est tout seul, ou seulement en tête à tête. Aussi ne peut on les appercevoir que dans les cercles ou assemblées.

J’entends par le monde le monde, et non un petit nombre de coteries.

26 décembre.

De ce qu’il faut pour vivre avec les autres — et — de ce qu’il faut pour vivre avec soi même.

... leurs défauts le plus tard qu’on peut.

... le style fatiguant d’un homme qui pense trop de choses à la fois.

En parlant au public. incertitude : on ne scait à qui on parle. Aussi toute éloquence est feinte si on ne voit pas ses auditeurs.

27 décembre.

Peut être a-t-il raison (Scaliger); et qu’en effet il faut parler des merveilles de l’art d’une manière ornée et conforme à l’art, et des merveilles de la nature d’une manière simple, nuë et conforme à la nature.

Il y a dans Voltaire et dans Lucien du comique et plus souvent de la farce littéraire.

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