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← ExitThe Notebooks of Joseph Joubert, Volume II
YEAR 1805

L’abbus de l’expérience est de conclure de quelques unités à la multitude ou, de la multitude à l’absolue universalité.

La multitude des affections élargit le cœur.

15 septembre.

— les corps avides d’une chair nouvelle.

21 septembre (19 septᵇʳᵉ à Villeneuve.)

Il n’importe pas qu’il y ait beaucoup de ce que vous appellez certitude dans les choses, pourvu qu’il y en ait beaucoup dans les esprits. La conviction est nécessaire plus que la vérité. C’est par la conviction qu’on se propose un but, qu’on vise, qu’on atteint etc.; et qu’on acquiert de la droiture, de l’ordre etc. — Qu’importe que le but soit blanc pourvu qu’en l’ajustant on prenne l’habitude de tirer juste?

Il y a une infinité de choses auxquelles la règle sèche ne peut pas être appliquée et qu’il faut mesurer avec le liquide.

Ames où rien ne retentit parce qu’il n’y a pas d’étenduë. — Accords de l’âme et des organes en quelques uns. Il se fait en ceux là comme un concert perpétuel. Chaque impression produit en eux un son. Tout y est musique. Ils sont vraiment organisés.

22 septembre.

De ceux qui sont organisés, où dans lesquels chaque point de leur surface est une touche, chaque fibre une corde, en harmonie avec leur âme; chaque capacité un vuide, un espace retentissant. — dont les actions et les paroles sont les notes d’une musique; dont la vie enfin est un air (dorien dans les uns, ionien dans les autres).

... par sentiment doit être une règle plus sûre que par sensation. Mais juger par connoissance ou par lumière doit être une règle encore plus sûre.

De ceux qui sont organisés, c’est à dire qui sont semblables à des orgues, à des intrumens de musique.

Dans Platon, au Théétète, « les enchantemens » nécessaires pour produire la beauté.

24 septembre.

I. La vérité n’est point une chose vraie, mais ce qui fait que toutes les choses sont vraies.

II. C’est une vérité que toutes les choses qui sont vraies ne doivent pas être dites ou du moins être publiées.

III. Avoir la connoissance d’un fait n’est pas avoir le droit de le publier.

IV. Et scavoir un fait n’est pas en avoir la connoissance.

On ne peut sortir des règles communes que par des raisons qui ne sont pas communes et qui ne peuvent être exprimées que par un langage subtil.

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