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15 juin.
Erolien observe, dit Leclerc, que la phrase d’Hippocrate est la même que celle d’Homère. » (Histoire de la Médecine, lib. 3, pag. 241. 1729.)
20 juin.
Il y a une critique encourageante qui semble dire : « Soyez beau; courage, allons » et une autre désespérante qui semble dire : « Soyez nul. »
Une partie essentielle de la civilité de ce temps là étoit de ne jamais se séparer sans s’être réjouis ensemble. — Et cette joye qui est si liante, qui établit une sympathie entre ceux qui n’en ont pas d’autre et qui par cela même est un élément de concorde dans l’humaine société.
Ces boissons aqueuses concentrent. Celle du vin rend expansif. L’abbé Delile disoit fort bien : « On n’est jamais seul avec du caffé. »
1ᵉʳ juillet.
Malheur à qui se trompe tard! Il ne se détrompera pas.
...Frigidus obstiterit circum præcordia sanguis. (Virgile.)
On diroit aujourd’hui calidus, attribuant à la chaleur du sang ce que les anciens attribuoient à sa froidure. C’est varier du froid au chaud.
4 juillet.
Et ce ne seroit peut-être pas un conseil peu important à donner aux écrivains que celui-ci : — N’écrivez jamais rien qui ne vous fasse un grand plaisir.
10 juillet.
« Il vaut mieux rejetter la plus belle pensée que de la mal exprimer. » (v.) Il a raison. (Vid. suite du Menteur, acte IV, scène 1ʳᵉ.)
17 juillet.
Non pas froid, mais refroidi. Règle de l’art.
18 juillet.
Elégance continue. Faut-il absolument que l’élégance soit continuë? Il faut qu’elle soit dominante. Mais ne faut-il pas quelquefois la briser dans le discours pour la faire valoir, comme on la brise dans les sons, dans les couleurs, dans les lignes de l’architecture.
« Mais (dit-il) cela produit des sentimens... » Le reste produit des idées; et ce qui produit des idées, etc. Ajouter : — Et ce qui produit des dispositions —. La grandeur d’esprit est la disposition constante où les ouvrages de Corneille mettent l’âme de ses lecteurs.
Ne s’ennuye-t-on pas quelquefois soi même de sa propre élégance, ne peut-on pas en ennuyer les autres? Une élégance continuë ne partiroit-elle pas d’un soin, d’une attention, d’une ambition et d’un artifice trop continuëls? Grande question!
Et nota bene que l’élégance de V. n’est souvent que de la pompe.
Il faut mettre du soin où il faut du soin, et une apparence de négligence où il faut de la négligence. « La négligence à mon gré si requise », dit Lafontaine. Et en effet la négligence est quelquefois requise.
Cette « élégance continuë » n’est qu’une élégance convenuë, une élégance qu’on s’est prescrite, qu’on ambitionne. La nature cesse d’y être.
L’élégance de Fontanes devint même trop continuë.
Dans cette élégance continuë, l’oreille est plus consultée que la pensée.
« Un esprit éclairé ». Eclairé! Il faut l’être, et sentir qu’on l’est pour bien comprendre la force de cette expression.