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← ExitThe Notebooks of Joseph Joubert, Volume II
YEAR 1818

Faux jour, fausses clartés, fausses lueurs, objets faussés. O combien tout cela est fatiguant! Et tout cela par de faux milieux.

Ils prennent les progrès de je ne scais quelle industrie pour un progrès des lumières.

8 novembre.

Les faux milieux. (Lafontaine a fait de milieu un pluriel) : mettant de faux milieux entre la chose et lui. Ce grand poëte a fort bien assigné pour cause à la plupart de nos erreurs le faux milieu que nous plaçons presque partout et qui nous trompe presque toujours, lorsqu’il a dit à la suite du vers cité : et mesurant par soi ce qu’il voit dans autrui. Et en effet nous voyons tout à travers nous même; nous sommes un milieu toujours interposé entre nous et les autres choses.

Nicole. Ce n’est pas son esprit, mais ce qu’il pense, qui est sublime.

Les lieux communs sont véritablement des lieux, car tout doit y être placé.

9 novembre.

De ce qui contracte et De ce qui dilate le cerveau — et — Des systoles et des diastoles de l’esprit et de l’attention.

Ce qui est abstrait et même ce qui est abstrus repose quelquefois les esprits frivoles, en arrêtant leur mouvement.

[…]0 novembre.

Si vous voulez bien penser, bien parler, bien écrire et bien agir, […]aites vous d’abord des « lieux », de « vrais lieux ». Faute des vrais […]ieux, on place ses pensées hors du vrai jour et sa conduite hors de […]’ordre.

Nicole. Ce n’est pas ce qu’il dit, mais ce qu’il pense, qui est sublime. Il ne l’est pas par l’élévation naturelle de son esprit, mais par celle de ses doctrines.

Ferme, uniquement contre la fermeté; et sévère seulement contre les vertus hors de mode. Il s’effraye du blâme de ce qui est nouveau et de l’estime de ce qui est ancien. Affligé profondément quand on dit du bien de Louis XIV et du mal de Cambacérès.

12 novembre.

Mʳ de Bonnald, — homme qui écrit les yeux fermés.

Fénelon. « Les traînantes pensées ». Oui, mais aussi elles sont coulantes. (Journal Quotidien, Art. du marquis de Louville.)

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