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En bonne compagnie, il faut être railleur, moqueur et plaisant avec esprit, avec grâce, avec agrément ou ne pas l’être.
[…]4 novembre.
Les mœurs poëtiques sont celles de l’âge d’or, les mœurs patriarcales sont celles de la bible. Les mœurs graves et austères sont celles de l’histoire. Les mœurs saintes ou religieuses sont celles des légendes. Si donc nous voulons tout connoître ou connoître tout ce qui est digne d’être imité, il faut lire aussi les légendes; il faut en faire une partie de nos études et de nos observations.
Saints. Les merveilles de leur vie ne sont pas leurs miracles, mais leurs mœurs.
Leurs mœurs sont plus merveilleuses que leurs miracles. Ne croyez donc pas à leurs miracles, si vous voulez, mais croyez à leurs mœurs. Rien n’est mieux attesté, et que dis-je? ces mœurs là subsistent encore, ici dans un couvent, là dans une chaumière, plus loin dans un palais et plus loin encore dans les déserts.
Les mœurs poëtiques sont celles de la vie humaine et de l’individu isolé. Les mœurs patriarcales doivent être celles de la famille. Les mœurs graves, celles de l’homme public; et les mœurs simples, celles du prêtre, du vieillard, du malade, du chrétien.
Des mots et de leur abondance. Il faut donner les fleurs et les fruits à pleines mains et à pleines corbeilles. Mais, les perles et les diamants, un à un et en les comptant.
5 novembre.
La folie est une maladie du cerveau, et non une maladie de l’esprit.
Des lumières (en littérature). Les lumières éclairent l’âme et tout ce qui n’éclaire pas l’âme n’est pas lumière. L’âme ne peut être éclairée que sur ce qui lui est analogue, sur les êtres et les rapports spirituels comme elle, sur sa nature, ses devoirs.
Un habile chimiste, machiniste, anatomiste, agronomiste, etc. n’est pas éclairé par son espèce de scavoir : il n’est qu’instruit, c’est à dire dressé, exercé, rendu apte ou habile à un exercice particulier. Les enclumes, les marteaux, les scalpels, les récipiens, les cornuës, ni même des charruës ne sont pas des chandelles.
Qui disoit à un admirateur passionné des anfractuosités d’une campagne : « O comme vous aimez les femmes! »
Dieu n’a pas besoin pour ses desseins des bonnes actions des hommes.
Alors, Dieu retire nos forces à lui, et on vieillit.
L’homme nud n’est qu’un singe sans poil et sans ride. Il n’a en volume les proportions qui le rendent beau que lorsqu’il est vêtu ou dans quelque attitude qui cache ses disproportions.
6 novembre.
Des études qui contractent et des études qui dilatent le cerveau. Récréatif etc.
Les esprits légers, frivoles, dissipés; peuvent aimer de temps en temps ce qui est abstrait, ce qui est abstrus. Ils y trouvent quelque repos, quelque plaisir. Cela les fixe en les arrêtant sans qu’ils puissent avancer ou passer outre.
7 novembre.
Ils appellent « progrès des lumières » les progrès de l’industrie. Le progrès de l’industrie dans quelques-uns est anéantissement de l’industrie dans tous les autres. « A force de machines (dit très bien Mʳ de Bonnald) l’homme ne sera bientôt plus lui-même qu’une machine », un tourneur de manivelles.
Toute lumière vient de haut. Les marteaux, les enclumes, les règles, les compas, les récipiens et les cornuës ne sont point des chandelles, et moins encore des lumières.
On peut être instruit et très instruit, c’est à dire être dressé et très dressé à quelque art, à quelque industrie et n’être pas éclairé.
Le bâton même de l’aveugle l’instruit, le soutient, le dirige, mais ne l’éclaire pas.
Les lumières éclairent l’âme et rien de ce qui n’éclaire pas l’âme n’est lumière. Or, l’âme ne peut être éclairée que sur ce qui est spirituel comme elle, sur ses rapports, sur ses devoirs, sur les esprits, sur sa nature et sur ses destinations.
De « ce qui est involontaire dans la nature de l’homme »; et De Cuvier : que — il n’y a jamais rien en lui d’involontaire ni d’invariable.