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24 octobre.
Que, dans un corps ecclésiastique, la réunion est formée par la règle et la participation à une vie singulière et commune. Mais, dans un corps laïc ou quasi laïc, cette réunion ne peut avoir lieu que par quelque synthèse ou par une commune participation à une opinion singulière à laquelle l’attachement devient lien. Ainsi du principe des corps ecclésiastiques, qui est la règle, se forment de véritables communautés régulières ou des ordres; du principe des autres corps, il ne peut se former que des espèces de sectes ou des partis.
Subtilités sans agrémens, sans vivacité, sans légèreté; lourdes et sombres, nées d’esprits froids et pesans.
Ce qui est observé dans le M-zv-ll-n, que « les véritables bons mots surprennent autant ceux qui les font que ceux qui les écoutent ». Ils naissent en nous malgré nous ou du moins sans notre participation volontaire, comme tout ce qui est inspiré. (Vid. loc. cit. à propos de Mme de Cornuël.)
27 octobre.
C’est que la plupart des faits (dans l’histoire) ne sont que des opinions; mais la plupart des opinions (dans les philosophes) sont des faits certains, car il est sûr qu’ils les ont euës.
Quand les livres sont tels et si nombreux qu’ils occupent plus l’attention que les choses et que le monde...
30 octobre.
Tout ce qui augmente l’esprit et la vie...
Ou, pour mieux dire, favoriser (en éducation) tout ce qui nourrit en nous le principe d’esprit et de vie que nous y portons. Et remarquez que je dis tout ce qui nourrit le principe. Je dis le principe et non pas le développement. Car le développement hâtif ruine le germe.
31 octobre.
Les Necker et leur école.
I. C’est là (si on ose ainsi parler) montrer une pensée par ce qu’elle peut avoir de plus intérieur et avec tous ses intestins.
II. Jusqu’à eux on avoit dit quelquefois la vérité en riant. Ceux-ci la disent toujours en pleurant ou du moins en soupirant, en gémissant (mais avec des demi-soupirs ou des demi-gémissemens). A les entendre, toutes les vérités sont tristes ou mélancoliques. Aussi, M. de Pange m’écrivoit-il « triste comme la vérité ». Aucune lumière ne les réjouit, aucune beauté ne les épanouit, tout les concentre. Leur poëtique est héraclitienne. On ne peut bien les lire qu’avec un accent apprêté et ému et, pour ainsi dire, au son des flûtes.
(Quotidienne, 13 juillet 1817, Ruche d’Aquitaine (baronne de S...) : « C’étoit une poësie de regards, d’accens et de gestes... » Pas si mal dit pour une folle.)
2 novembre.
L’imprécation grecque : « Puisses-tu avoir l’envie de bâtir. » Il y a […]n souhait plus terrible à faire contre un peuple, en morale, en poli[…]ique et en religion : « Puisses-tu avoir l’envie de détruire et de […]émolir. »
[…] novembre.
Religion. Tellement vraie qu’il faudroit s’y soumettre quand elle ne seroit pas bonne; tellement bonne qu’il faudroit la garder quand elle ne seroit pas vraie.
Voltaire. Quelquefois il est triste, il est ému; mais il n’est jamais sérieux.
Il faut que le respect envers le prince ôte seul la liberté.
15 novembre.
S’il seroit non pieux de dire que le ciel nous a condamnés à des religions obscures...
16 novembre.
La coutume et l’authorité étant détruites, chacun se fait des habitudes et des manières selon son naturel; grossières, s’il a le naturel grossier.