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← ExitThe Notebooks of Joseph Joubert, Volume II
YEAR 1816

9 octobre.

Le courage a ses folies. Les Ibères de Sertorius.

13 octobre.

La physique divine et la physique humaine.

Le sens intime nous trompe peu, ou ne nous trompe du moins que de la manière dont Dieu lui même veut que nous soyons trompés. Car nul de nous n’est destiné à tout scavoir et à ne se tromper jamais.

Les tournures ingénieuses de phraze dirigent et contiennent l’esprit.

14 octobre.

Chez celui-ci le stile nait des pensées, et chez l’autre les pensées naissent du style.

15 octobre.

Sainte Thérèse est la Sapho de la dévotion.

Personnages inférieurs à l’idée qu’on se forme d’eux inévitablement. Homère, Platon, Fénelon et Racine. C’est qu’ils appartiennent à des genres transcendans dont on a en soi une idée nécessaire, et qu’on leur applique le mérite de leur sphère.

16 octobre.

De la verve; mais point de fiel.

La vérité consiste à imaginer les choses comme Dieu les voit et la modération à être ému comme les anges.

On n’est bon que par la pitié. Il faut donc qu’il y ait quelque pitié dans tous nos sentimens pour qu’ils soient bons, même dans notre indignation, dans nos haines pour les méchans. Mais faut-il qu’il y ait aussi de la pitié dans notre amour pour Dieu? — Oui, de la pitié pour nous : comme il y en a toujours dans la reconnoissance.

Bonne haine et bonne colère.

17 octobre.

Il faut donc qu’il y ait dans tous nos sentimens quelque pitié pour nous, ou quelque pitié pour les autres. L’amour des anges pour les hommes n’est qu’une pitié continuelle. Aucun sentiment sans pitié. Eternelle compassion!

19 octobre.

Opposer aux idées « libérales » du siècle les idées « morales » de tous les temps.

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