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← ExitThe Notebooks of Joseph Joubert, Volume II
YEAR 1805

Ancienne cour de bonhommie avec tout l’esprit des beaux siècles.

12 juin.

Ceux là n’eurent pitié que du bourreau et ceux ci ne secourent que les vicieux.

Voir le monde, c’est juger les juges.

Un cœur dont la capacité d’aimer a été à la fin comblée et perdit son avidité. Un esprit qui a donné ses fleurs, une âme qui a produit ses fruits, un être qui a rempli ses destinations, un mérite qui a mis hors de lui et au jour tout ce qu’il pouvoit contenir etc. Enfin qui n’aime que par habitude.

Enfin je ne pus m’exprimer ce que j’éprouvai auprès d’elle qu’en me disant que — je voyais en elle un aiman qui n’exerçoit plus d’attraction.

13 juin.

J.-J.- en a cœuilli la fleur. (Ou c’est un sujet dont J.-J. a cœuilli la fleur.)

Extravaguer méthodiquement. Combien sont insupportables ceux à qui cela arrive. C’est que ils n’extravaguent pas assés sincèrement ni par conséquent avec grâce.

Voltaire dans ses complimens a peut être cent fois plus d’hyperboles de sentimens que Balzac n’a d’hyperboles d’expressions.

— Et n’aimant que par habitude. C’est un aiman sans magnétisme.

Car l’amitié est une plante qui doit résister aux sécheresses.

15 juin.

... parce que sa volonté a trop peu de part à ses idées et à ses sentimens.

Tous les beaux mots sont dans la langue. Il faut scavoir les y trouver.

Labruyère (je crois) dit aussi que « toutes les bonnes maximes sont dans le monde ». Cela est-il vrai? y sont-elles toutes?

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