Tap the page, move to the top or bottom edge, swipe down, or press Tab to reveal reading controls. Use the arrow keys or swipe sideways to turn pages.
Commencer toujours par des mots qui disposent à écouter ceux qui les suivent. Donner à ses phrazes un commencement qui amène la fin.
L’infaillibilité de l’âme.
23 mai.
Ces paroles qui avoient la toute-puissance derrière elles pour les soutenir.
Mettre du sérieux ou du grave dans la plaisanterie. C’est toujours le sérieux ou le grave qui attache l’âme tandis que la plaisanterie amuse l’esprit.
26 mai.
Faire pour les enfans ce que Mʳ de Bonnald dit qu’il faut faire pour le peuple : « Peu pour ses plaisirs, assez pour ses besoins, et tout pour ses vertus. »
Ore rotundo. Le sens complet dans chaque mot en fait la rondeur.
27 mai.
« Organisé », disent-ils, comme s’il s’agissoit d’un instrument de musique ou d’un poëte.
Alexandre Soumet. « L’orage a passé sur la terre ». Cela est chantant. Pourquoi? C’est qu’on peut s’arrêter à chaque mot comme sur une note. Chaque mot offre une image, un sens complet, comme chaque note offre un ton : 1. l’orage — 2. a passé — 3. sur la terre.
D’abord créer un vuide, une place, un lieu, préparer et amener. C’est tout l’art de la suspension.
Perspective ou éloignement nécessaire aux événemens pour en être affecté (ou touché) d’une manière poëtique, et pour les traiter en poëte.
Double-croche ou triple-croche (dans le discours), sont les mots polysyllabiques.
Il faudroit réserver cette disposition pour le châtiment et menacer alors de « la liberté de la presse » comme d’une innondation (et d’un incendie). Ces hommes qui passent leur vie à lire ou à écrire des choses nouvelles, par une intempérance ridicule de curiosité ou d’or[…]eil mettent seuls de l’importance à cette imprudente concession; […]s les autres sont leurs échos.