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← ExitThe Notebooks of Joseph Joubert, Volume II
YEAR 1814

15 mars.

De la déférence, pour l’âge, le mérite et la dignité : elle est une partie du devoir. Pour les égaux, les étrangers, les inconnus, elle est une partie de la politesse ou de la vraie civilité.

L’arbre ne vit point sans écorce, et la religion a la sienne; toutes les vertux ont la leur.

Nota. Que l’amour et la haine, la faveur et la défaveur peuvent entrer dans les loix qui sont faites pour ceux qui ne sont pas encore nés. Nos souvenirs et nos systèmes peuvent nous porter à des préférences et à des vengeances dont les loix elles-mêmes peuvent se ressentir.

Berne, Fribourg et le Valais. Chaque gouvernement etc... Et de la conquête : qu’elle se perd ou doit se perdre par la non-occupation continuée et par la non possession prolongée. Chaque peuple doit imposer aux pays conquis le gouvernement qu’il juge le meilleur pour soi; si monarchiste, la monarchie; si démocratique, la liberté — à moins que le peuple conquis n’en aime mieux un autre et qu’un autre ne soit évidemment préférable pour lui.

16 mars.

Les littératures hébraïque, grecque et latine représentent fort bien la sculpture, la peinture et la gravure ou la copie au simple dessin.

19 mars.

Il n’y a pas là précisément une belle poësie, mais cela en donne l’idée; et tout ce qui en donne l’idée charme l’esprit.

On peut en dire autant de beaucoup de tableaux qui donnent l’idée d’une belle peinture sans qu’elle y soit. Et même de quelques livres. Anacharsis par exemple donne l’idée d’un beau livre et ne l’est pas. Racine et Fénelon eux même donnent de leur génie ou de leur âme une idée supérieure à ce qu’ils en laissent voir.

Dans l’art et dans la nature, il y a des individus et des ouvrages qui plaisent plus qu’eux même en quelque sorte parce qu’ils appartiennent visiblement à un beau genre. C’est alors l’espèce qui est belle et qui seule embellit la personne ou la chose [qui] en sont empreintes.

Il faut donc avant tout pour qu’une personne, une chose, une pro[…]ction soient belles, que l’espèce ou le genre en soient beaux. Sans […]te condition, il n’y aura pas là de beauté intérieure et qui puisse […]cher notre âme. Car il n’y a de touchant et de pénétrant que ce […]i vient de Dieu, de l’âme et du dedans.

[…] mars.

Comme il y a la langue du cœur et la langue de l’âme, il y a aussi […] langue de l’intelligence. Les philosophes grecs (Platon et Aristote) […]nt possédée éminemment.

[…] mars.

(hor. 4 noct.) « Je verrai votre vérité, c’est à dire ce que vous êtes. » […] vérité de chaque chose est ce qu’elle est. Virtutem tuam et verita[…]m tuam.

On demanderoit, si on l’osoit : — Croyez-vous que Dieu pense […]nsi?

Dieu est le lieu de la vérité, non seulement parce qu’elle est en lui, […]ais parce qu’elle ne peut être vuë et jugée que dans lui, par rapport […] lui et par ce qu’elle est en lui.

La vérité universelle et la vérité particulière. Sans doute, ce que […]ieu pense est bien pensé. La vérité de fait (ou de simple existence) […] la vérité de nature (ou d’existence nécessaire).

La vérité est la réalité dans les choses intelligibles.

« L’homme est un animal religieux », voilà une vérité de nature […] de nécessité. « Les hommes sont avides, intéressés », voilà une […]érité de simple fait qui, pouvant être ou n’être pas, peut être ignorée […]ans dommage pour l’esprit. Car la connoissance de la vérité univer[…]elle, de la vérité des natures, de la vérité proprement dite et néces[…]aire est d’une grande importance pour le bon ordre et la lumière […]e l’esprit. Mais la connoissance des vérités particulières n’est néces[…]aire ou même utile qu’à nos affaires.

(Ort. sol.) Per differentiam proximam. Quand je dis « l’homme est […]n animal religieux », je fais de l’homme une définition d’autant meil[…]eure que je l’isole réellement de tout ce qui le touche. Je le distingue […]es anges et des bêtes. Je détermine son genus proprium par un seul […]ot dont la vérité est sensible, visible et pour ainsi dire palpable.

[…]7 mars.

Dieu contemple les âmes et veille sur les hommes. Que les hommes […]ontemplent Dieu et toutes les choses divines, ou ce qui est divin […]ans les choses!

[…]4 mars.

— les choses communes avec soin, les brillantes avec négligence. […]e qui est approfondi, toujours dirigé vers le cœur; une apparence […]e pathétique, ou plutôt un pathétique dissimulé, mêlé à tout: l’huile […]êlée aux mouvemens. Etc.

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