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« Le souverain bien, c’est le beau », disoit Platon. Il pensait que […]ans tout ce qui est beau il y a une lumière ou une science mêlée de […]laisir.
[…]9 août.
« Il n’y a, disoit-il, de toujours vrai que ce qui est toujours le […]ême, ni de toujours beau que ce qui étant beau est toujours semblable à soi. On n’est donc heureux que par la connoissance et la contemplation de ce qui est immuable. » Tout cela est bon, mais cela ne dit rien au cœur. Il eût [cu] mille fois plutôt fait de dire : « Il n’y a de bonheur que dans une âme bien réglée ». Il y a donc des plaisirs ennemis du bonheur, et peut être aussi des sciences, quoiqu […] ait dit en son nom : Sunt autem in hac mixtione scintiæ omnes adhibendæ... voluptates contra non admitti omnes possunt (Vid. in Phileb.)
Que : il y a une expression philosophique comme il y a une expression poétique.
Dans Platon il y a plus de forme que de matière.
De la quadrature morale. Et que les idées pures ont une espèce d’angulité ou de rondeur mathématique par laquelle on entrevoit qu’elles se conviennent ou se disconviennent entre elles, quand on a des ïeux intérieurs.
Et monté sur le faîte, il aspire à descendre.
Un charpentier à califourchon sur un toit, quand il a mis la dernière main à son ouvrage, a probablement fourni cette belle image à Corneille.
Si la poësie a emprunté une belle image au charpentier, celui-ci emprunte à son tour un beau mot à la politique : ne dit-il pas qu’il couronne son bâtiment?
30 août.
Suivre pour aller au ciel le même chemin que ses pères, affin d’y habiter le même point. Même voyage, même but, même chemin, pour arriver au même gîte.
Laisser à chacun, en les perfectionnant seulement, sa mesure d’esprit, son caractère et son tempéramment. Il faut que ceux qui sont nés délicats vivent délicats mais sains, que ceux qui sont nés robustes vivent robustes mais tempérans, que ceux qui ont l’esprit vif gardent leurs ailes, que les autres gardent leurs pieds dans toute leur largeur et épaisseur mais en marchant droit et sans pesanteur. Enfin il ne faudroit laisser au corps ni la force qui endurcit l’âme, ni la susceptibilité excessive qui seroit propre à l’énerver. Car il y a un degré de force qui produit l’insensibilité; l’irritabilité portée à l’excès ne vaut pas mieux. « Des nerfs de bois » disoit fort bien Chateaubriand. Il ne faut pas non plus qu’ils soient de laine ou de coton. Rien ne sied à l’esprit, que son allure naturelle, d’où son aisance, sa grâce et toutes ses facilités ou réelles ou apparentes. Tout ce qui le guinde lui nuit; en forcer les ressorts, c’est le perdre. Enfin, enfin, nous portons tous quelques indices de nos destinations; il ne faut pas les effacer, il faut les suivre : sans quoi nous aurons inévitablement une fausse et malheureuse destinée. Altérer ou rendre autre, détruire le soi naturel est en éducation le pire des égaremens.
Ni l’amour, ni l’amitié, ni le respect, ni l’admiration, ni la reconnoissance, ni le dévouement le plus mérité et le plus absolu ne doivent nous ôter la conscience ou le discernement du bien et du mal. […]st là un bien qu’il nous est défendu de vendre et que rien ne […]auroit payer.
Dieu. L’enfant le croit semblable à l’homme; l’homme exercé le […]oit semblable à la lumière, ce qui est un bien petit progrès.
Il y a dans ces explications plus de géométrie et plus de mécani[…]e, mais non pas plus de vérité et beaucoup moins de vraisem[…]ance.
[…] août.
Ecrire. Pour bien écrire, il faut une facilité naturelle et une diffi[…]lté acquise — ou autrement — écrire facilement par nature et dif[…]ilement par art (par réflexion et par bon goût, etc.).
[…] septembre.
Le comique naît du sérieux (du sérieux du personnage). Le pathé[…]que naît de la patience ou du repos (du repos de celui qui souffre). […] n’y a donc point de comique sans gravité ni de pathétique sans […]dération. Pour être comique, celui qui fait rire doit ignorer qu’il […]t risible. Pour être pathétique, celui qui pleure doit ignorer (ou […]tenir) ses propres larmes. Celui qui communique son propre rire […]est que plaisant. Regnard est gai, Molière est comique. Un valet […]eut être plaisant (voyez Scapin); son maître doit être comique (voyez […]rgante).