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← ExitThe Notebooks of Joseph Joubert, Volume II
YEAR 1805

Tous ces jeunes esprits que la révolution a échauffés et fait éclore avant le temps, avant leur âge.

La pourpre du soleil couchant. Magnifique. (Ad vivum. Sᵗ Martin.) Et quelles draperies dans les nuages, quelles apparences d’un dais, d’un lit et de rideaux!

Pour juger des choses de goût, il faut se donner le temps de les goûter.

— et qui n’aiment ce qui est bien que lorsque cela exprime ce qu’ils pensent.

[…]7 mars.

Ils n’ont pas même pénétré la matière.

Cherchons dans les beaux vers les matériaux d’une belle prose.

Ne pas étendre le son plus que le sens n’en a besoin pour être montré tout entier.

Ce style oratoire a souvent les inconvéniens de ces opéras où la musique empêche d’entendre les paroles. Ici les paroles empêchent de voir les pensées.

Tous ces écrits dont il ne reste, comme du spectacle d’un ruisseau (roulant quelques eaux claires sur de petits cailloux) que le souvenir des mots qui ont fui.

— Non pas tant une multitude qu’une assemblée, un chœur de mots, disposés chacun en son rang et ayant chacun sa couleur, sa figure et sa fonction nécessaire.

18 mars.

Modeler ou mouler des raisons, les peindre, les sculpter. Mettre en images les rapports.

... Ces boissons qui remplissent l’esprit d’ivresses plus redoutables que celles du vin.

Il faut (dit Longin et disoient les anciens rhéteurs) « que ce soit la passion qui fasse les figures ». Or l’humeur est une passion. La gayeté même en est une.

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