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[…]3 mai.
Platon vouloit surtout être agréable dans sa sphère.
(Journal du jour.) Voltaire. « Il avoit plus besoin d’erreurs que de […]mières. » Mais il proscrivoit les erreurs qui lui étoient inutiles, et […]e répandoit que les siennes. Les vérités qui le servoient étoient les […]eules qu’il respectât.
Pourquoi le Tartuffe est à la mode et en faveur.
(Article A.) « Flatteurs à gages » (plus nombreux au nord qu’au midi). C’est qu’apparemment les habitans du midi scavent mieux se […]latter eux mêmes. Ils ont une vanité qui se suffit.
Chez les Indiens et dans certaines fêtes religieuses, les voleurs punissent leurs mains, les menteurs punissent leurs langues, les […]ébauchés se déchirent les reins ou se découpent le front pour se punir de leurs plaisirs ou de leurs mauvaises pensées. Tout cela est […]ien respectable. Mais il fait rire des supplices de ces faquirs qui se […]ervent à eux mêmes de persécuteurs et de bourreaux « pour exciter […] vénération » par « la commisération ». Il n’y a rien de céleste ici. L’orgueil de la bassesse et l’ambition de la nullité ne méritent que le mépris et l’infamie. On fait bien de les décrier. Et ceppendant que […]le prudence est nécessaire en pareille matière! car si l’extravagance du faux prêtre entretient la sagesse du vrai dévot... Et puis l’injure faite imprudemment à une religion est une injure faite à toutes, car toutes ont entre elles quelque ressemblance légère, nécessaire et inévitable.
— voient partout des animalcules. Ils prennent pour organisé tout ce qui tourne, et le mouvement pour la vie.
1ᵉʳ mai.
Platon. Il y a dans cet homme une lumière qui est toujours prête à se montrer et qui ne se montre jamais. On la voit dans ses veines comme dans celles d’un caillou. Il faudroit frotter ses pensées et les heurter pour l’en faire jaillir. Il amoncèle des nuées qui recèlent un feu céleste. Ce feu céleste attend le choc.
11 mai.
Avantage de la bonne compagnie et de la société des lettrés à Paris. Les idées médiocres s’y dépensent en conversation; on garde les exquises pour les écrire. A cet égard, la conversation écume l’esprit... La conversation à Paris fait bouillir l’esprit et l’écume. Ecumer son esprit, c’est épurer son goût.
Il y a, pour l’observateur et le connoisseur, des mots et des pensées remarquables partout, dans les conversations des sots, dans les écrits les plus médiocres, etc. Cela est en circulation comme les pièces d’or, dont tout le monde fait usage et dont personne ou presque personne ne remarque l’éclat, la valeur intrinsèque et la beauté.
On peut faire de ces monnoyes des bijoux; mais qui scaura les mettre en œuvre?
14 mai.
[Servan.] La religion : la nôtre avec les yeux de la foi, celle des autres avec les yeux de la raison. Et cela est très bien fait.
Contre la théorie de M. de Servan et la pratique de Voltaire. Il faut que l’histoire ait un effet moral et non un effet littéraire.
(Pensées de Servan manuscrites.)
24 mai.
Seroit-il donc plus difficile à la souveraine sagesse d’imprégner une nature de vérité et de vertu qu’à l’homme d’imprégner de sel un morceau de beurre ou de pâte.
« Solatia rerum. » Appliquer ce mot à la culture de l’esprit — et aux livres. Quelquefois les pensées consolent des choses etc. Les livres consolent des hommes.
Hélas! ce sont les livres qui nous donnent nos plus grands plaisirs et les hommes qui nous causent nos plus grandes douleurs. Cette parole est dure... elle m’échappe et....