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← ExitThe Notebooks of Joseph Joubert, Volume II
YEAR 1811

8 août.

La paresse qui vient du cœur.

Les subtilités modernes n’ont de la vogue que parce qu’on a oublié les subtilités anciennes.

« A brebis tondue Dieu mesure le vent. » Dieu mesure le vent aux saisons et la sagesse aux siècles. On diroit qu’il mesure aussi le goût selon les [illisible] et la sagesse selon les siècles. (Val de Loup, jeudi 8 août 1811.)

14 août.

Il faut (dans les arts) que l’utile y provienne de l’agréable, et non l’agréable, de l’utile. Ce sont les enchantemens de l’esprit et non les bonnes intentions qui produisent les beaux ouvrages.

3 septembre.

Les enfans n’obéissent aux parens que lorsqu’ils voient que les parens obéissent à la règle. L’ordre et la règle une fois établis et reconnus sont la plus forte des puissances.

17 septembre.

Les sens sont des lieux ou des points où l’âme a des plaisirs ou des douleurs. Par la mort, par l’âge et souvent par la maladie, ces points et ces lieux sont détruits. Par le recueillement, par la prière et par l’austérité religieuse ou philosophique, l’âme en est absente.

(17 septembre. L’enterrement de la M-rry, à Villeneuve.)

18 septembre.

La religion. Elle est pour l’un sa littérature et sa science; elle est pour l’autre ses délices et son devoir.

Cicéron, et son érudition, où il a montré plus de goût et de discernement que de critique.

La critique est un exercice méthodique du discernement.

« Il faut les rendre insatiables de Dieu. » C’est une faim dont ils seront malheureusement assés distraits par les passions et les affaires.

Les anciens. L’immatérialité étoit pour eux une idée dont ils n’avoient pas trouvé l’expression (diroient les Necker, dans leur jargon.)

25 septembre.

La philosophie sérieuse et la philosophie frivole. Voltaire et Rousseau.

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