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Un peu de pensée suffit à l’esprit, comme un peu de lumière suffit à l’œil pour son plaisir. Car toute pensée est lueur.
[…]eudi 19 mai.
« La gaïeté (dit Villeterque) repose et raffraichit le jugement. » Oui, si elle est douce et modérée ou si elle est naïve et vive. Mais elle égare et détruit le bon sens, si elle est une pure habitude de l’esprit, si elle vient plutôt d’une manière de voir qu’on s’est donnée que d’une bonne humeur qu’on a reçue.
[…]0 mai.
Maures de Grenade. Les Espagnols leur ont attribué leurs mœurs, je veux dire leurs propres mœurs.
Du plaisir que le public éprouve à ce spectacle (où il ne veut que s’amuser), quand il peut saisir une image. Comme un enfant à qui on jetteroit des estampes — coloriées.
21 mai.
Ce n’est pas l’erreur qu’il faut craindre, c’est le mal. Et ce n’est pas du vrai et du faux qu’il faut s’occuper avant toutes choses, mais du mal et du bien.
(P. M.-). Oui, trop peu de mots et un tissu de langage trop serré, mais aussi beaucoup de sens. Lorsque l’attention l’a percé, on trouve sous ce pointillé de la largeur etc.
De grandes choses en petit, un vaste espace en raccourci. (Le raccourci tend à être désagréable, mais il a de l’utilité.)
Voltaire. Ce n’est pas par la règle du laid et du joli qu’il faut le juger [mais] par celle du bien et du mal. — Si on le pèse surtout au poids du sanctuaire. —
Style où tout est continu comme dans un mur; et où tout est lié et contenu par une espèce de bandelette ou de linceul comme les momies et les corps morts.
22 mai.
Il faut se piquer de sincérité et non d’infaillibilité; d’autant plus qu’il dépend de nous d’être sincères, mais non pas d’avoir l’esprit juste.
L’haleine de l’esprit, c’est l’attention.
L’imagination est le goût. La raison est sans appétits : la vérité et la justesse lui suffisent.
23 mai.
Mʳ Cʳ a raison. Il ne faut montrer dans les arts que le pied, la main et la tête. « Mets Héliogabale tout nud, puis place le entre deux pourceaux. » (Vid. Journal de Paris, lundi 23 mai 1808.) — On peut dire, comme M-rc+r à toute statue parfaitement nuë : — Place toi entre deux pourceaux.