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3 mai.
Comment il se fait que les connoissances inutiles inspirent seules de la vanité. Par exemple, personne n’est fier de distinguer la chaux du sable, et cependant c’est une connoissance utile. Mais distinguer le quartz du xiste, connoître le zinc, etc.
4 mai.
— objets, où souvent l’imagination est plus à craindre que les yeux.
L’expérience varie, et peut produire également la confiance ou la défiance. Hipocrate l’appelloit trompeuse. Il faut donc réunir son expérience à celle des autres pour bien juger.
La différence est grande d’un pilier à une colonne. La colonne est le pilier dans sa beauté, dans sa légèreté, le pilier parfait et réduit à n’avoir rien de trop.
Un talent, comme une aptitude à un métier. Cultivons donc en nous cette autre partie qui est divine. Et nous le pouvons tous, puisqu’elle dépend peu du corps.
... Dans le ciel personne ne sera poëte, car nous ne pourrons rien imaginer au delà de ce que nous verrons. Nous ne serons qu’intelligens. Cultivons donc l’intelligence, cette éternelle faculté qui sera toujours exercée et qui suffira au bonheur.
L’ennui (cet ennui dont ils parlent tant), le devoir le chasse.
[…]5 mai.
Les poëtes. — et les images des objets les servent mieux que leur présence.
La parenthèse, excluant certains mots de la construction, en isolant ceux qu’elle renferme, permet de donner plus de variété aux phrazes et un plus grand nombre d’inflexions au style.
Nous l’avons dit, les poëtes sont plus inspirés par les images que par la présence même des objets. — Ainsi, l’idée de la perfection est plus nécessaire aux hommes que les modèles. Et quand je dis que l’idée de la perfection est plus nécessaire que les modèles, je ne veux pas dire seulement dans les arts, mais dans les mœurs.
6 mai.
Il faut, pour bien décider ces questions, sortir de la logique, et entrer dans la métaphysique ou dans la morale; c’est là qu’on trouvera la vérité.
« Esprit fort » n’étoit point mal dit. Quand l’esprit et l’aptitude à raisonner ont plus de force et d’excellence, ou seulement plus d’exercices que les autres facultés de l’âme, elles égarent, elles trompent.
Si l’esprit n’est que fort et n’est pas doux ou s’il n’exerce que sa force sans se livrer à sa douceur, s’il s’habitue à aller toujours en avant, comme une épée, sans prendre garde à ce qu’il blesse...