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Ils prennent cette affaire du quiétisme pour une subtilité scholastique et c’est une question importante de morale religieuse, une question de perfection, c’est à dire une de ces questions où les moindres erreurs érigées en principes auroient pour les meilleurs les plus funestes conséquences.
En toutes choses, quiquonque corrompt l’idée que les hommes doivent se faire de la perfection, corrompt le bien dans ses premières sources. Et l’exagérer, cette idée, la rendre fausse etc., est peut être plus dangereux que de la mutiler et de l’échancrer en la laissant vraie et tronquée.
11 avril.
— Fier du mérite qu’il se connoit ou qu’il se croit.
12 avril.
La faiblesse qui ramène à l’ordre vaut mieux que la force qui s’en (sic) éloigne; et ce qui nous prive de l’excès nous perfectionne.
Eheu! Si qua aspera fata rumpas! (Virgile). Add. De Ἐμαυτῷ
13 avril.
La nécessité peut rendre une action douteuse innocente, mais ne peut la rendre louable.
Dans le style, il faut que les tours se lient aussi bien que les mots. Voltaire disoit : « Il faut que les liaisons soient courtes. » (Les liaisons de phrazes.) Il disoit bien.
16 avril.
Le caractère français en effet est d’être communicatif.
Il y a des pensées lumineuses par elles mêmes. Il y en a d’autres qui ne brillent qu’où elles sont. On ne scauroit en quelque sorte les déplacer sans les éteindre.
Ou : du relief en peinture. Il ne peut pas se déplacer. Le relief en sculpture au contraire. Ainsi on ne peut isoler avec succès que les pensées qui ont beaucoup de corps et de forme.
17 avril.
De l’agrément (ou faux agrément) qui naît du désordre des idées ou des objets dans la plaisanterie (telle que celle de Voltaire.) Que : il ne prouve aucune excellence d’âme.
18 avril.
Cette division n’est pas complette; car le chant lui même peut être l’objet du chant. Et s’il peint alors une âme en harmonie, un talent qui s’élève et qui redescend par une belle échelle ou une belle succession de sons, une existence qui s’égaye et qui se jouë entre la terre et le ciel, libre de soins et livrée à mille affections qui se succèdent d’elles mêmes, enfin une intelligence désoccupée qui vole au hazard comme l’abeille, qui s’arrête dans son chemin sur mille objets sans se fixer sur aucun, qui caresse toutes les fleurs et qui bourdonne son plaisir.
Cette peinture en vaut une autre; — et « qui d’une voix légère, passe du grave au doux, du plaisant au sévère » : c’est le mérite d’un beau concerto.
Oui, toute vérité. Et si un tableau, quel qu’il soit, ne laisse pas l’âme en repos, c’est qu’il n’est pas assés parfait.