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← ExitThe Notebooks of Joseph Joubert, Volume II
YEAR 1808

23 janvier.

« La science gaïe » ou « gaïe science ». Toute peinture, toute sculpture, toute architecture et toute poësie doit mériter ce nom.

25 janvier.

La sensibilité!... C’est un terrein mouvant, et qui ne peut servir de fondement à la vertu qui est une chose ferme, stable, invariable. Le plaisir est fluïde.

Il y a en nous comme un fonds de joye et de contentement. Si rien ne trouble cette source, si elle garde sa pureté, si trop de terre ou de sable ne la comble pas... Autrement, nous n’en sentons la douceur et le raffraichissement, nous n’en sommes enfin arrosés que par débordement.

Si les Ames nous voyent, elles ont du plaisir de nos prosternemens quand nous adorons Dieu qu’elles voyent et que nous croyons.

Pour être heureux, il ne faut que l’Ame et Dieu.

... et même alors pour être estimé il faut insulter avec grâce.

26 janvier.

J’ai laissé dormir mes règles.

27 janvier.

Le ton leste qui depuis Voltaire a prévalu dans la langue.

Le manger et le boire ne nous touchent que par imagination. Mais le plaisir qui les suit vient des imaginations agréables auxquelles ils nous rendent plus disposés.

28 janvier.

Pour être tragiques, il faut que les malheurs soient rares.

La plupart des pensées de Pascal (sur les loix, les usages, les couleurs) ne sont que les pensées de Montaigne qu’il a refaites.

Les colonnes au lieu du mur plein lorsque le mur plein n’est pas nécessaire. Les colonnes sont des appuis; c’est la nécessité ornée.

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