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← ExitThe Notebooks of Joseph Joubert, Volume II
YEAR 1808

18 janvier.

Harmonie et périodes. S’ils peuvent s’en passer, et s’ils ont le bon esprit et le talent de se faire lire avec plaisir sans employer ces périodes? Ecrire n’est pas chanter — et lorsque le sens est si clair qu’il attache l’esprit et le contente sans que l’oreille ait besoin de son et de bruit...

Cet auteur qui disoit qu’il mangeoit des fraises « pleurantes de maturité » !!!!!! L’inanimation vaudroit mieux qu’une pareille animation.

Les passions des jeunes gens sont des vices dans la vieillesse.

Les méchans n’ont rien d’humain que les passions : elles sont presque leurs vertus.

19 janvier.

« La beauté sans les grâces, hameçon sans appât », disoit Ninon.

On a moins d’idées alors, mais on en a plus de bonnes.

Passer des jurisconsultes ou sages aux pairs, c’est descendre et rétrograder.

20 janvier.

Un beau nom les pare aussi bien et mieux que ne pourroit le faire un beau vêtement.

21 janvier.

Mezeray, le dernier des Gaulois.

22 janvier.

La maladie et la retraite. L’une guérit des passions et l’autre fait vivre sans distractions.

De la lumière sèche, que les anciens désiroient à l’esprit.

Le goût! le goût... L’esprit ne mange pas toujours. Il a d’autres facultés que le goût, et d’autres appetits que celui de goûter. Il a sa vuë, il a des yeux; il touche, il flaire, il combine, etc.

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