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Ces mots qui ont si longtemps erré dans leur pensée semblent aussi être mobiles et comme errans sur le papier. Ils s’en détachent en quelque sorte aussitôt qu’on les fixe avec une vive attention; et accoutumés qu’ils étaient à se promener dans la mémoire de l’auteur ils s’élancent pour ainsi dire afin de se coller à celle [du lecteur] par une sorte d’attraction qu’y imprima l’habitude et leur origine dont ils paroissent se sentir, etc. (sic.)
— On auroit pu au moins lui répondre que les sciences sont une chose sans laquelle on ne scait pas que les sciences sont inutiles.
... quelque chose d’élancé et de peu charnu.
L’un est le doux sommeil et l’autre est l’espérance. (Voltaire.)
Pourquoi il y a dans ce vers un défaut. Pourquoi le rapprochement est forcé. Il n’est pas assés sérieux. Pourquoi.
22 février.
De tels vers qu’on croit rapides ne sont réellement propres qu’à peindre l’effort ou une espèce de frottement comme celui des rats.
Mettent le nez à l’air, montrent un peu la tête... (Etc. voyez la suite.)
Partez, courez, volez...
Il y a là plus de remuement que de mouvement, de progrès. Il faut que le vers sérieux avance à grands pas et non en piétinant. Il doit donner à la rapidité, quand il veut la peindre, la démarche des dieux d’Homère : « il fait un pas et il arrive... » Les vers où il y a tant de sections ressemblent aux insectes qui ont mille pieds ou des jambes dont les articulations sont multipliées. Il y a là quelque chose qui est petit, qui va par sauts et à reprises. Il n’y a point de rapidité.
Car — l’art a toujours pour objet « ce qui est le meilleur toujours et en tout temps ». Mais, à cause de la prudence qui est en lui, il se contente dans les sujets particuliers de ce qui est le meilleur pour eux et pour lui même et pour le temps.
Platon. Oh! le bon comique.
Oui : mais c’est ici une chose qui ne peut se montrer et qui, pour être bien enseignée, exige autant d’intelligence de celui qui apprend que de celui qui instruit.
De la remémoration. Vieux mot très juste. L’esprit fait alors ce que fait le chien chasseur en repassant sur toutes ses traces, affin de retrouver la voye.
Il faut donc bien que la pensée soit quelque chose et qu’elle laisse d’elle même quelque trace ou quelques fumées, puisque nous avons le pouvoir, en nous remettant en quête, en revenant sur ses brisées, de la rattrapper quand elle a fui.
Tout ce qui est très spirituel et où l’âme a vraiment part ramène à Dieu, à la piété. L’âme ne peut remuër, ouvrir ses yeux, se réveiller, sans sentir Dieu. Vérité véritable! vérité qui suffit! toutes les autres sont inutiles au bonheur, puisque sans elles et avec celle là on peut être pleinement, parfaitement, entièrement heureux.
Air, lieu, lumière, vie, santé, scavoir, beauté, aliment et délices de l’âme.
Dieu aime l’âme. Et comme il y a un atrait qui porte l’âme à Dieu, il y en a un, si j’ose ainsi parler, qui porte Dieu à l’âme. Dieu fait de l’âme ses délices.
Et en effet, quand on se souvient d’un beau vers, d’un beau mot, d’une belle phraze, c’est toujours dans l’air qu’on les lit; on les voit devant soi, les yeux semblent les lire dans l’espace. On ne les imagine point sur la feuille où ils sont collés. Au contraire un passage vulgaire ne se distingue point du livre où on l’a lu; et c’est là que la mémoire le voit d’abord quand on le cite. J’en appelle à l’expérience.