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← ExitThe Notebooks of Joseph Joubert, Volume II
YEAR 1807

Une pensée est donc, tantôt un simple mouvement et tantôt une action de l’âme.

21 mars.

— Comme ces horloges qui répètent deux fois les mêmes heures.

... plus grand, plus fort, plus abbondant que tous les autres, il fera cependant des ouvrages moins agréables.

Laissez à votre grave poësie sa marche lente; les petits pas ne lui conviennent point.

De la matière poëtique. c’est à dire de la matière lumineuse et sonore, ou tout au moins de la lumière phosphorique. Ou, si le fonds en est vulgaire, de la matière taillée, arrondie, arrangée comme la pierre l’est dans les palais, en portes, en fenêtres, en colonnes, en pilastres, en chapiteaux.

De la matière poëtique — et que — il faut qu’elle soit ou transparente ou sonore, ou artistement travaillée; qu’ainsi toute matière peut devenir poëtique, si elle est taillée, polie et disposée comme la pierre l’est dans les édifices qui sont beaux. Le poëte peut donc construire avec de l’air ou des métaux, avec du phosphore ou des sons, avec du fer, avec du marbre, de la brique même s’il lui plaît, avec de l’argile, pourvu qu’il ait le talent de la bien mouler. Il fera toujours un bon ouvrage, s’il scait être décorateur dans les détails et architecte dans l’ensemble : car tous les autres arts doivent s’associer au sien.

Un seul beau son est plus beau qu’un long parler.

Vérités historiques, — la connoissance en étant peu nécessaire à l’âme.

22 mars.

Poësie d’idées.

L’hyver est plus un temps de piété. Les fêtes religieuses devoient donc y être plus nombreuses.

— puisqu’il ne se trouve que des arbres de cette hauteur. Dieu nous ayant créés propres à aimer ce que nous devions voir et nous ayant inspiré des goûts assortis aux plaisirs qu’il nous destinoit. Voilà pourquoi on a raison de dire que l’art, pour nous plaire, doit ressembler à la nature. Car c’est à aimer la nature que nous naissons d’abord disposés. Mais, comme nous sommes destinés à aimer aussi quelque chose qui est plus beau que ce que nous avons, l’art pour nous charmer a besoin tout à la fois de nous rappeller la nature réelle où nous sommes et de nous faire appercevoir cette autre nature à venir.

Indépendamment de la portée de la vuë, notre goût pour la longueur des lignes perpendiculaires ne doit pas excéder la mesure de, etc. (A revoir.)

A la place de ces maladies qui attaquoient la vie, il en [est] venu d’autres qui n’attaquent en nous que la santé et le bonheur. Avec celles là, on vit infirme et on se sent tout à la fois ou alternativement raisonnable et capricieux.

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