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← ExitThe Notebooks of Joseph Joubert, Volume I
YEAR 1797

17 avril.

Ce monde me paroit un tourbillon habité par un peuple à qui la tête tourne.

Les mourants héritent des morts.

Les pensées des Grecs sont comme les nôtres court-vêtues.

Œuvres de Lysias. On voit bien par les tournures qu’employent ces orateurs athéniens que les plaideurs avoient plus à espérer ou à craindre des juges que de la loi. Dans nos tribunaux françois, on réclamoit ses droits avec bien plus d’assurance et de hauteur. C’est que ces droits étoient fixés d’une manière plus invariable par des loix dont les juges n’étoient censés que les ministres. C’étoit ces loix qu’on invoquoit. Les anciens ne parloient qu’aux juges et ne s’occupoient que de les amolir.

La langue latine abondoit en mots et en tournures oratoires. Les Athéniens, en parlant dans les causes non solemnelles, n’usoient point des compartimens appellés exorde, narration et péroraison. Cette distribution... (Voyez Isée).

L’opinion est mobile, mais le sentiment ne l’est pas. Cela est louche; mais cela est vrai.

2 mai.

L’histoire (a très bien dit quelqu’un) est encore plus propre à nous donner de la patience que de la prévoyance.

29 avril.

Que les cérémonies du catholicisme plient à la politesse.

2 mai.

Le corps visible est un surcot. L’autre corps est une tunique.

5 mai.

De l’oreille humaine ou de l’opinion.

La justice est le droit du plus faible.

La bonhommie et les affaires. — Les affaires ont une sorte de difformité que la bonhommie adoucit. Elle va jusqu’à leur prêter de l’attrait.

7 mai.

Emprisonnés dans notre corps... et notre âme a ses fenêtres.

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