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← ExitThe Notebooks of Joseph Joubert, Volume I
YEAR 1796

Le génie de la liberté chez les uns et le génie de l’émulation chez les autres.

9 avril.

S’ils se connoissent tous, démocratie. S’ils sont mêlés, aristocratie. S’ils sont divers, la Royauté.

14 avril.

Bottes de foin, gerbes et fagots de sarmens : Sont les coussins de la vie agreste.

18 avril.

Voltaire. Dans l’espèce intelligente (ou plutôt) dans le monde intellectuel, il est le singe. Ses lettres : c’est là surtout qu’on voit les gambades du singe dans toute leur légèreté. Il y contrefoit à merveille le poète et l’historien. Il fait plus de plaisir encore dans la Pucelle. Il y contrefait le bonhomme.

« La paix des prisons » en est le dédommagement.

21 avril.

L’illusion est dans les sensations. L’erreur est dans les jugemens. On peut à la fois connoître la vérité et jouïr de l’illusion.

Comme ce cierge, — Empédocle de cire, — qui se jette dans l’Etna.

Il ouvre ses yeux et il tient sa vuë arrêtée, pour laisser s’enfoncer l’objet.

Toutes ces sortes de livres n’apprenent pas à connoître les matières dont ils traitent, mais ils apprenent à en parler.

Il ne faut pas montrer la corde, il ne faut pas montrer le nerf.

24 avril.

Il est des esprits voyageurs qui aiment à parcourir les livres et en rapportent le souvenir de tout ce qu’ils ont lu. Ceux-là doivent, comme Bayle, composer des dictionnaires, des recueils, etc.

L’un aime à dire ce qu’il sait, et l’autre à dire ce qu’il pense.

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