Par un instinct digne d’étoner, il n’est rien que ces sortes de filles épargnent pour se doner un air oisif, un air délicat et un air paré.
L’oisiveté prépare singulièrement à la volupté ; la délicatesse des manières ou du corps en suppose l’usage, et la parure le désir.
Mais quelle sagacité de tout ne faut-il pas dans une classe si grossière pour deviner tout cela !
Elles aiment aussi à se donner un air enfantin parce qu’il suppose l’exemption de tous soucis.
Figurez-vous des gens enfermés dans une machine où ils cassent et brisent tout ce qu’elle contient, mais qui d’ailleurs veillent avec soin... l’éloignent de tout ce qui pourrait la choquer et la détruire.
C’est l’image de la plupart des ministres. Ils se jouent du bonheur intérieur de l’état, mais d’ailleurs ils n’omettent rien de tout ce qui peut servir à sa conservation et même à sa splendeur politique. Ils se trouvent bien dans cette machine et seroient fâchés qu’on l’endommageât ; peu leur importe du reste que leurs compagnons s’y trouvent mal ou bien. Ce n’est pas là leur affaire, ou du moins ce n’est pas leur inquiétude...
[1783?]
Il n’est pas indifférent de voir une femme à la ville ou à la campagne, le matin ou le soir, dans un temps de soleil ou de pluye, aux flambeaux ou à la lumière.
— C’est une chose naturelle que les hommes se rassemblent aux approches de la nuit.
Presque toujours le chœur (c’est-à-dire le public) est composé de vieillards, c’étoient eux qui dirigeoient la chose publique, c’étoient eux qui prenoient soin de la patrie, c’étoient d’eux que provenoient les conseils et les résolutions, choses convenables à leur expérience, à leur âge, à leurs talens et à leurs goûts.
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The Notebooks of Joseph Joubert, Volume I · Book Mode · Diotimos