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← ExitThe Notebooks of Joseph Joubert, Volume I
[Malebranche.]

On voit avec la vuë et on peint avec un pinceau. L’esprit est le pinceau, instrument qui est surajouté à la main qui s’en sert, comme la main elle même est ajoutée et adaptée au tronc.

L’amour est la volonté en repos et en action. En repos par la possession, et en action par le plaisir.

Dans la haine on repousse un objet auquel on tient par l’attention. Il y a donc lien d’attention.

Ne dit-on pas : instrument de la providence!

Vous n’êtes que des tapissiers, occupés à couvrir d’images la toile que se figurent tous les yeux.

L’entendement déterminé par la volonté. Elle le meut, le fait pencher, le détermine et même le fixe... On a perdu le langage propre à parler de pareilles choses.

Ce globe est une goutte d’eau; le monde est une goutte d’air. Le marbre est de l’air épaissi.

Le mens agitat molem de Virgile. Dieu est l’auteur du mouvement.

Qu’en effet nos particules ne sont pas même des sons, tandis que chez les anciens elles étoient même des notes; quelquefois inutiles à l’esprit, elles ne l’étoient jamais à l’oreille. D’où il s’ensuit que nos langues étant un instrument différent de celui des anciens, nous devons opérer avec leur goût, mais non pas avec leur manière.

1ᵉʳ décembre.

« Dieu hait l’impudence », disoient les Egyptiens. Il en est en effet tellement l’ennemi qu’elle s’enfuit de nous aussitôt que la pensée de Dieu y entre.

2 décembre.

De ceux qui sentent Dieu comme règle, comme lumière, et De ceux qui le sentent comme amour.

Des flots de lumière et des nappes de clarté.

Que fait-on en métaphysique par une grande découverte, sinon entendre parfaitement le sens d’un mot dont on se servoit tous les jours?

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