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Il n’est point de gouvernement (parmi ceux qui ont un nom et un caractère) qui soit vraiment incompatible avec la religion chrétienne. Par elle, la démocratie est moins libre, l’autocratie a de la régularité, etc.
Tout se fait et doit se faire par une sorte de transaction, dans les nouveautés politiques.
C’est à la position des peuples que ces institutions doivent s’assortir. Il n’est pas nécessaire de regarder au dessus de soi en les fondant, mais tout autour.
La métaphysique est bonne pour ceux qui s’égarent dans les régions supérieures. Ceux qui ne quittent pas la terre n’en ont pas besoin. La morale leur en tient lieu.
Il n’y a de grave dans la vie civile que le bien et le mal, le vice et la vertu. Tout le reste y doit être un jeu.
Gouvernement, la guerre et la paix, l’abbondance publique et [la] tranquillité générale sont votre affaire. Vous êtes établis pour débarrasser de ces grands soins les hommes privés. L’arbre qui protège est votre emblème. Il ne doit y avoir et il n’y a de soucieux à cet égard dans un état bien administré que ceux qui gouvernent.
A la vérité, il importe extrêmement, pour débarrasser les particuliers de ces soins, d’avoir un gouvernement qui en soit capable, c’est à dire dont les parties se correspondent tellement que leurs fonctions leur soient faciles, leur durée assurée.
Appuyez celui qui commande, comme pour être à l’abri des injures de l’air il faut que la couverture soit bonne.
Une constitution à faire est un édifice à élever. Songez à la clef de la voûte. Qu’elle soit tellement solide qu’autour d’elle rien ne puisse être abbaissé et qu’elle même ne puisse jamais ni descendre ni s’exhausser.
Un peuple toujours inquiet est un peuple qui bâtit toujours. Ce peuple loge sous un dais dont il a perpétuellement les bâtons à tenir avec les deux mains. Il n’y a qu’une tente et non pas des murs et une voûte solides. Il est campé et non établi.
... Et gouverner comme le ciel, sans que les hommes s’en mêlent.
Il y a des passions de l’âme que les loix doivent contenter : l’amor habendi, par la propriété; l’ambition, par la puissance paternelle; la vanité ou l’amour de l’éclat, par les cérémonies de la politesse, etc. Il faut contenir ces passions dans leurs bornes, premièrement par la modération dans les désirs; deuxièmement par un exercice perpétuel de la puissance intérieure; troisièmement par la vanité d’être estimé soi même poli.
Le loisir de penser au ciel. Où il n’y a aucune espèce de théocratie, il n’y a ni vertu ni bonheur.
Ses affaires vont bien, mais sa tranquillité va mal. Je ne vois là qu’un peuple qui croit ne pouvoir pas acheter ses richesses à trop haut prix. Otez-lui demain son commerce, il trouvera après-demain ses anxiétés politiques insupportables. Il ne voudra plus les souffrir. Une vie toute paisible lui rendroit sa constitution odieuse.
Monarchie française. Tant que les grands et le peuple l’ont aimée... Mais tous s’en étant dégoûtés, son principe conservateur, l’affection qu’on lui portoit, le plaisir qu’on en recevoit, son âme en est sortie et son corps entier s’est dissous : il s’est pourri.