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H [ ] dit que « la matière est sœur de Dieu ». Non, elle n’en est pas la sœur. Elle en est l’ongle et le cheveu, si je puis ainsi m’exprimer. Il n’est point d’être qui n’ait en lui quelque chose qui n’est pas lui. Dieu est semblable à tous les êtres, car il s’est peint dans ses ouvrages. La matière est son instrument; il l’a eu toujours avec lui. C’est l’instrument de sa puissance, le rejet de sa force, le [supplément] de son essence. Elle sert à créer les âmes, comme le monde à les loger, et la vie à les éprouver. C’est la carrière dont l’éternité est la fin et le ciel est la récompense.
Dieu mettra t’il les belles pensées au rang des bonnes actions? Ceux qui les ont cherchées, qui s’y plaisent et s’y attachent auront-ils une récompense? Le philosophe et le politique seront-ils payés de leurs plans comme l’homme de bien sera payé des bonnes œuvres? et les travaux utiles ont-ils un prix et un mérite aux yeux de Dieu comme les bonnes mœurs? Peut-être bien; mais ce premier prix n’est pas assuré comme le second et il ne sera pas le même; Dieu n’en a pas mis dans nos âmes l’espérance et la certitude. D’autres motifs nous déterminent...
Il me semble pourtant que les ouvrages de Platon ont pu lui être comptés dans le ciel, mais que Montesquieu même n’eût pas osé y présenter les siens. Quand à Bossuet, à Fénelon, les leurs y seront admissibles (sans contredit); et même ceux de Mahomet. Mais Confutzée, etc., non. Ils n’ont pas parlé de Dieu; ils n’y ont pas assés conduit.
Si Dieu récompense ces dons, cette admirable intelligence, etc. les autres viennent du soleil, leurs yeux ont repu leur esprit. Mais leurs âmes n’ont point vu Dieu, elles ne l’ont point regardé. Leur vie, et non pas leur étude, aura droit à la récompense.
Les uns en sont les serviteurs, les autres en sont les amis. Mais il est plus sûr de se fier à l’obéissanse qu’à l’affection.
Cette santé qui endurcit les organes et qui accable l’esprit. Cette force du corps qui opprime l’âme.
Il faut agir tant que l’on vit. Mais quoi? faut-il agir à la fin de la vie comme au milieu ou au commencement. À cette époque, notre action ne doit-elle pas être dirigée autrement que dans d’autres temps? Faut-il alors agir pour ce qui fuit ou pour ce qui s’approche?
Pour moi, je crois qu’il faut planter et non bâtir, quoiqu’en aient dit les jeunes hommes. Le temps et la santé, quand ils changent, changent aussi notre tâche et nos obligations.
Et — tout âge est près de sa fin — Ainsi il y a un avenir qui est toujours pro[che] et dont il nous importe à tous de nous occuper également, avenir que la jeunesse a sous les pieds : la vieillesse le voit placé devant ses yeux.
I. Un peuple (ou plutôt la multitude) n’a pas besoin de tenir des loix ou des conventions une puissance qu’il tient de sa force, laquelle lui vient de son nombre. Ainsi cette déclaration est au moins inutile. (Il faut apprendre au peuple à contenir cette force, comme il faut apprendre aux rois à modérer leur authorité.)
II. C’est la puissance qui ne vient que des conventions et du consentement qui a besoin d’être déclarée.
III. Il est nécessaire dans cette machine que la multitude oublie ses droits et que le chef oublie sa faiblesse. Mais etc.
« En général (disoit fort bien M. de Bonnal) tout est ce qu’il doit être, mais a besoin d’être maintenu tel. » Disons : tout occupe sa place, mais tout n’est pas dans ses limites.
V—t—R est un ange de ténèbres.
Ouï, en général je me représente fort bien Bossuet, Fénelon, même Platon, et même Mahomet portant leurs œuvres devant Dieu. Même Pascal, et même Labruyère, et même Vauvenargues, et même Lafontaine, car leurs œuvres peignent leur âme. (Et tous ceux dont les œuvres ont quelque chose du pur esprit.) Mais non pas J.-J. Rousseau, qui n’y a mis que son humeur et ses efforts; pour Voltaire, les siennes le peignent aussi, et elles lui seront comptées, ce me semble, mais à charge. Racine n’est point dans les siennes. Et aussi il s’en dégoûta. Son talent y est, mais non pas lui.
Employer à penser à Dieu la matière qui fait les passions. Tous les autres sujets de réflexion l’excitent et la mettent en mouvement, mais celui ci l’anéantit en lui donnant un autre cours.
Quand on a passé de la philosophie à la religion, il faut repousser la philosophie, elle tendroit à nous ramener en arrière. Ceux qui sont au delà (sic) ont seuls besoin de passer par elle.
27 juillet.
Anciens. Ils n’avoient pas plus de génie, mais leur art étoit meilleur que le nôtre. Et il y avoit dans leurs pays un meilleur goût que dans les nôtres. Ils avoient hérité d’habitudes qui étoient meilleures.
28 juillet.
Du temps des peines. La philosophie n’en scait pas le temps, mais la religion le fixe. Et elle l’appelle éternel. Or vous scavez ce que nous avons dit des limites de la première et de la nécessité de la seconde. Nous ne la contredirons pas, d’autant plus que pour la combattre il faudroit que la philosophie s’avançât hors de ces limites et allât plus loin que nous n’avons dit qu’elle devoit aller.