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← ExitThe Notebooks of Joseph Joubert, Volume I
YEAR 1804

24 janvier.

Dans un ouvrage et dans son style : l’art d’en pallier les défauts et de se les déguiser à soi même; c’est ce qui devient impossible à une grande attention.

La goutte de rosée et le diamant : les couleurs et la rosée se jouent dans l’un et dans l’autre.

— Comme ces nuages obscurs que j’ai vus bordés de lumière.

25 janvier.

La brièveté ornée.

LL [Delalot]. Il a l’esprit [ ] et une probité hargneuse.

Ces temps où les esprits s’enfoncent trop ou pénètrent trop avant dans ce qu’ils pensent.

Quand l’auteur se parle à soi même au lieu de parler au lecteur.

26 janvier.

La prose a ses contraintes, aussi bien que ses libertés.

27 janvier.

Ouï, nous avons tous dans ce siècle le défaut de nous enfoncer trop avant dans ce que nous pensons, et tant pis pour ceux qui ne l’auroient pas, car ils ignoreroient beaucoup de choses que les autres scauroient. Mais si ce défaut peut se montrer dans ce qu’on pense, il faut le cacher avec soin dans tout ce qu’on dit. Il ne faut pas que le langage s’en ressente.

[Charlatans]. Ils prirent aux peuples polis leurs pompes et aux barbares leurs austérités. (Voy. la Velléda de Tacite et sa haute tour.)

[…]8 janvier.

Des traits? Oui. Beaucoup de traits. Quand ils ne servent qu’à l’éclat, il faut les exclure. Mais on en a besoin pour peindre. Et ceux-là il faut les chercher. Ils abrègent.

Tout ce qui est exact est court.

On peut peindre tout un visage (avec des traits) dans un espace qui n’est pas plus large qu’un ongle. Pour le décrire avec des phrazes il faudroit une page entière et encore on ne parviendroit pas à en donner une idée exacte.

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