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← ExitThe Notebooks of Joseph Joubert, Volume I
YEAR 1804

[…]3 janvier. (Douceur du temps.)

La religieuse et son teint; et comment la piété fait vivre.

« En s’écartant de la nature », répètent-ils sans cesse. Eh! dites plutôt : en s’écartant de ses devoirs.

[…]4 janvier.

— Chaque mot y vient d’une idée, qui n’a laissé d’elle même en se dissipant que ce reste, que ce vestige.

Les Hébreux avoient seuls un dieu invisible. Il y avoit chez eux l’escabeau des pieds du Seigneur; mais ils pensoient que ces pieds ne se voyaient pas.

[…]5 janvier. (Le thermomètre a onze degrés.)

Les couleurs de la prose et ses ouvertures de bouche.

[…]6 janvier.

Un tel style n’est possible qu’à ceux qui ont de telles pensées, de tels sujets, un tel talent.

Il n’est pas aisé de s’entendre soi même, comme l’insinuoit Fontenelle quand il disoit de lui-même : « J’ai toujours tâché de m’entendre. » Et c’est surtout dans ce qui, de la part de l’âme, est mouvement qu’il est difficile de scavoir précisément ce qu’on veut dire. On a à peindre alors quelque chose qui est véritablement mouvant. Si on ne l’a saisi tout d’un coup, il faut y revenir à plusieurs fois.

[—] me disoit que je voulois employer toutes les pensées et me passer de tous les mots. L’observation est juste.

L’herbe qui germe remuë la terre et laisse autour de sa racine des traces de ce mouvement. Voyez les prés.

17 janvier.

La mémoire et le rythme.

18 janvier.

Respecter la mort. La mort d’autrui, la sienne propre. C’est une chose sérieuse, qu’il faut faire avec réflexion et à laquelle il faut penser quant on la fait.

C’est une clef; qu’elle soit d’or ou de fer, qu’importe? elle est propre à ouvrir.

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