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... chante pour lui; et c’est ce qu’il ne faut pas, chanter pour soi.
Pour en finir sur la colère, elle n’est pas mauvaise dans le sang (et à la place où la nature l’a mise). Mais elle ne vaut rien dans l’esprit, où la raison ne peut la souffrir et où elle est vraiment déplacée.
24 décembre.
Légion d’honneur. (à la lettre) distinction de n’en être pas.
25 décembre.
— qui veulent bien laisser entrevoir leur douleur, mais qui ne veulent pas qu’on en voye les bornes.
La mort de la jeune fille. « C’est que Dieu en a eu besoin », disoit la bonne mère L-m-c. [Lemoce?]
26 décembre.
« Cela peint, mais à contresens, — en arrêtant l’esprit sur un point de description qui n’est point à sa place », dit très bien Ch. D. (Mercure du samedi 24 Xbre 1803). C’est mettre le fonds dans l’avant.
28 décembre.
(Dans la cabane.) Quand l’âme se parle à elle même et quand elle se donne le spectacle de ses propres pensées, elle les revêt de figures, elle se parle par images. Elle parle ainsi à Dieu même. Ce langage est vraiment intime.
Il me semble que l’esprit pur et le langage qu’il se tient n’est point l’âme ni son langage. L’esprit pur que les Malebranchistes ont tant et tant recommandé n’est qu’une attention extrême qui dépouille ce qui l’occupe de sa pâte et de ses couleurs pour ne s’en représenter rien que les plus secs linéamens.
C’est l’art de la névrologie, l’art du campeur, de l’arpenteur, l’art du simple leveur de plans. L’âme ne se borne pas là. Elle se peint tout et le peint. L’esprit pur n’est qu’un de ses aides.
Et que tout sorte des entrailles, tout jusqu’à la moindre expression. C’est peut-être un inconvénient, mais c’est une nécessité : je la subis.
29 décembre.
(Au Clos). Leurs heures de chaque journée et leurs jours de chaque semaine ont un devoir qui les attend.
L’âme qui parle à Dieu et qui se parle à elle même. Comment elle lui parle, comment elle se parle à soi. Elle cherche à s’interresser. L’esprit, quand il se parle, ne se trace qu’un simple plan et un toisé de chaque objet. C’est là sa somme toute.
Et Dieu même, comment les hommes imaginent-ils qu’il leur parleroit? Employeroit-il ce langage de l’esprit pur qui ne diroit rien à leur cœur. C’est un langage de scavant, mais il n’est divin ni humain. Il n’est que docte. Et à ce propos, les 4 pouces de terre calcaire du Cᵗᵉ de Milly. Il étoit chimiste. C’étoit là tout l’homme pour lui.
Ce qu’on appelle motif dans le chant. Autre manière de l’entendre.
L’attention est soutenue (dans les vers) par l’amusement de l’oreille. La prose n’a pas ce secours. Pourroit-elle l’avoir? J’essaye. Mais je crois que non.