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← ExitThe Notebooks of Joseph Joubert, Volume I
[On Voltaire.]

Ce qu’il dit de la possibilité et de la facilité même des plus hautes vertus par la nature et les propriétés de l’habitude est ingénieux, piquant et vrai. Ces propriétés de l’habitude sont donc un bienfait. Qu’il y a là d’esprit fin et de bon esprit! Lisez ce bon père Yves André.

19 décembre.

— En ce cas, on ne souffre pas, parce qu’il n’y a pas de lutte contre le mal. Application de cette observation à un autre repos, celui qui vient de la résignation.

Enfin, quand on n’a pas trouvé le mot qu’on cherche, on met le mot qui est sur la route, et qui peut nous y ramener sans qu’on scache par quels moyens. Cela même est du naturel, car la nature nous y porte.

Dévotion; ou dévouement à la religion (dans sa conduite). Cela est fort beau. Et quand on a déshonoré ce mot, on a fait un grand mal.

De ceux qui peuvent prendre [garde] à la pluye et au beau temps, au vent, à l’heure et à la lune — ou — De ceux qui possèdent leur âme et qui sentent tous les momens avec leurs variations — et — De l’uniformité des saisons, des jours, des heures pour le trouble et les passions.

L’âme qui est toujours la même mesure le temps. L’âme qui est dans le trouble ne mesure rien. Tout lui est uniforme autour d’elle parce que son changement et sa perturbation est toujours la même.

Votre géométrie est opposée à la docilité. Elle roidit l’esprit à l’enfant. Bonne peut être à redresser celui de l’homme.

Oui, vous; parce que vous écrivez avec de l’encre. Mais j’écris avec des couleurs.

21 décembre.

Dieu! Si l’être ou l’existence est son essence, il s’ensuit évidemment que l’idée de ses deux éternités est comprise dans celle de son actualité.

Et nous aussi nous voyons tout en nous mêmes.

Les nombres sont nécessaires à la faiblesse humaine, comme des étiquettes propres à distinguer. Mais à Dieu, non. On n’a pas besoin de compter, pour connoître, quand on voit. On a bien appellé Dieu l’éternel géomètre; mais qui pourroit souffrir qu’on l’appellât l’éternel arithméticien?... [etc. P. André.]

22 décembre.

Aristote a prétendu que la colère étoit bonne à la vertu et à la raison. Il la croyoit indispensable à la politique pendant la guerre et au gouvernement de la famille pendant la paix. « Il faut (disoit il) s’en servir à la guerre, non comme d’un bon capitaine, mais comme d’un brave soldat. » C’est là (disoit le p. André) plaider pour la nature humaine.

Il paroit même, par ce qu’Aristote dit de la colère, que les Grecs étoient un peuple naturellement modéré et placable. Les Romains l’étoient beaucoup moins. Jamais le trait de la lamproye ne seroit arrivé à Athènes, eût-elle été toute puissante. En tout, Aristote est mille fois plus sensé et plus homme du monde là dessus que Sénèque qui ne parle qu’en déclamateur et en homme d’école.

Cette géométrie de beauté (on dit bien ligne de beauté?) si bien connue des anciens.

23 décembre.

Il faut que l’âme y touche (à tous les endroits d’un ouvrage).

Ils disent quelquefois, en parlant des ouvrages de musique, l’air de..., le chœur de..., l’ouverture de... Tout ouvrage doit avoir aussi ses airs, ses chœurs, ses ouvertures.

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