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← ExitThe Notebooks of Joseph Joubert, Volume I
[On Voltaire.]

[…] octobre.

S’il en faut croire Bossuet, les arbres ont joué un grand rôle dans les humaines destinées. C’est par un arbre, etc.

Eh! nous nous contentons tous d’une espèce de mathématique littéraire, morale et civile, et vraiment transcendante, car elle est pour nous sans aucune application à la pratique de chacun.

[…] octobre.

Dans Montlosier. — Et le peu de ménagement pour des doctrines qu’il respecte. C’est immoler ses sentimens à ses opinions.

Σπέρμα. Vient du superflu des organes, et non du superflu des alimens. Preuves par inductions. De là héridité de maladies ou de forces partielles. Singularités dans la constitution. L’âme aussi a ses superflus.

Matrice. Est-elle un organe particulier à un sexe.

Il sort donc de chaque partie un principe, c’est à dire un germe qui porte en soi la propriété de produire une chose semblable à ce qui la produit. Et de ces germes réunis est formé le germe total qui est parfait lorsque etc.

Tout est sans cesse germant ou germinant, exceptés ce qui est d’accident dans chaque individu, c’est à dire excepté ce qui est étranger à la chose qui fait son germe. Or aucune ne peut produire un germe que lorsqu’elle est réunie à toutes les autres, — et germiner en même temps. Car le germe total ou parfait est produit, comme nous l’avons dit, par la réunion universelle des germes de chaque partie. Si certains animaux sont inféconds, cela vient de ce que toutes leurs parties ne sont pas complettes ou bien adaptées les unes aux autres, de ce qu’enfin il y a dans leur individu quelque chose d’étranger à leur nature ou de mal assorti dans leur construction.

[…]9 octobre.

[Fl[eu]r[y]]. Qu’une pensée sorte d’une tête qui en a mille ou qui n’en a qu’une tous les mois, cela est égal au lecteur ou à l’écoutant pour son plaisir.

23 octobre.

— de sorte qu’être obligé de parler (sur ces matières) c’est être obligé de se tromper.

24 octobre.

Ils plaçoient la dyade ou le mélange comme un des principes du mal, aussi bien que l’infini ou l’indéterminé, l’informe. Ce mot d’infini doit être pris en mauvaise part dans leur philosophie. Dieu étoit absolu et par là même parfait, mais non pas infini. Infini, dans leur langage, étoit un attribut d’imperfection. Le sens de ce mot est changé.

25 octobre.

Pour la composition ou production, il ne faut que : un germe de mouvement, un point d’émotion, un principe d’idée, qui cherche à se développer et qui ne soit pas encore parfaitement développé.

Tout ce qui s’est déroulé parfaitement peut entrer comme ornement, même essentiel, mais ne peut pas suffire comme cause unique dans un ouvrage.

Chinois. Leur mouvement peut être ressemble trop à l’immobilité.

Du respect pour les choses et du trop de ménagement ou esprit de conservation poussé trop loin.

... On les regarde comme de simples idées et de pures apparences qui se forment inévitablement dans l’esprit et se glissent dans les discours de ceux qui ont à traiter de pareilles matières, mais y sont produites par nos affections plus que par notre connoissance, et dans lesquelles il y a tout au plus une grande sincérité, mais non pas une exacte et rigoureuse vérité.

Si nous ne pouvons rien concevoir (pas même Dieu) sans quelque raison préalable, en sorte que nous l’imaginons comme ordre avant même de croire à lui comme puissance et existence. C’est à dire que l’idée de la règle entre encore plutôt et plus aisément dans nos esprits que celle du modèle, et ainsi en toute chose. On imagine fort bien la règle sans modèle, mais non le modèle sans la règle. La règle en supposition et en perspective est inséparable de toute idée de modèle en quoi que ce puisse être. (Mardi 25 octobre, minuit.)

26 octobre.

(En effet) que de choses on dit de bonne foi en discourant sur un sujet, qu’on ne penseroit si on se bornoit à le connoître sans en parler. L’esprit, s’échauffe et sa chaleur produit ce qu’il ne tireroit pas de sa lumière. Parler est une source d’erreurs, peut être aussi de quelques vérités. La parole a des ailes. Elle porte où l’on n’iroit pas. Nécessité de discourir, nécessité d’en trop dire, de surabbonder.

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