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Platon. Brillant de sa propre lumière. (Sydus, esprit de flamme par sa nature, et non pas seulement éclairé).
26 mai.
Qu’à proportion que les parties, les pensées etc. qui doivent se trouver dans un ouvrage y arrivent et s’y arrangent mieux, les mots y deviennent plus indifférens, y sont moins importans et semblent y tenir une moins grande place. L’auteur y prend moins garde. Tant qu’il s’occupe tant des mots, c’est qu’il n’a pas encore trouvé sa chose, ou sa tournure.
31 mai.
Chateaubriand a trop peu d’art, mais un inépuisable naturel.
Les défauts — froid, fade, languissant — de nos anciens écrivains qui cherchoient à épurer la langue, étoient ceux qui frappoient le plus les critiques du temps. (On le voit encore dans Boileau.) Nos modernes pèchent depuis longtemps par l’excès contraire.
Avoir une attention tellement ferme qu’elle voit les idées comme si elles étoient des choses, et à la manière dont les yeux voient les réalités qui sont en object devant eux et qui se peignent dans leur rétine.
2 juin.
Ce qu’on écrit difficilement est écrit avec plus de soin, se grave mieux.
Toute prose (d’un certain genre, d’une certaine perfection) a l’air d’être une traduction de certains vers anciens.
3 juin.
Tous ces mots répétés ressemblent aux coups que l’on redouble parce qu’on n’a pas porté celui qui seroit décisif.
Il faut (peut-être) jetter dans les esprits des semences (seulement) et non y planter des arbres morts et des plantes toutes venues.
Associer toujours une idée ou une expression neuves avec une idée, une expression ou une tournure communes.
Il y a dans ces beautés quelque chose de mal sain et de blessé.
6 juin.
G[eo]ffr[oy]. On voit dans son langage à la fois la bonne morale du temps et les vices de l’homme.