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10 février.
Mêlons Aristote à Platon; c’est à dire procédons tantôt comme l’un et tantôt comme l’autre; pour atteindre à la vérité, qui a tant de points, tant de chemins et tant de portes, mais qui exige que notre esprit se replie en tant de façons.
« L’ordre est la loi des esprits (expression de Malebranche), Dieu est leur lien ». La vérité est leur spectacle, aimer est leur bonheur et connoître en est l’aliment.
11 février.
Une physique qui soit semblable à la morale. Qu’est-ce que l’homme (dites vous). Et qu’est-ce que le monde? Ils ne sont en effet et réellement que ce qu’on dit. Des atômes aux yeux de Dieu.
Le langage affectif, qui devient une mode.
12 février.
Vos gazettes qui aprennent aux enfans à se tuer, en leur donnant l’idée du suicide.
L’ordre. Mettre Dieu dans ses actions, et non pas se borner à le mettre dans ses pensées.
En effet — nos tragédies raisonneuses. Rien n’excite la pitié que ce qui est naïf. La terreur est le seul sentiment tragique qui se puisse allier avec la réflexion. (Vid. Michaud.)
13 février.
Dire que « Dieu s’est fait lui-même » est une manière d’exprimer son incréation plus conforme à la faiblesse de notre esprit, à qui ces expressions donnent à la fois une idée du commencement qui lui est proportionnée, et une idée d’éternité conforme à Dieu. Il y a dans cette manière de parler ce qui convient à nous et ce qui convient à la vérité.
« J’aime mieux le prendre tout fait », disoit Mme de V[intimille].
L’esprit pur a sa prose aussi bien que sa poésie et je dirois volontiers : la prose d’Aristote et la poésie de Platon.
« Les ailes de la métaphysique », comme dit Fénelon. Nous en avons fait une science à quatre pieds. Quadrupedante putrem quatit ungula campum. (Virg.) Son style cependant devroit ressembler à celui que Fénelon attribuoit à Pellisson qu’il remplaçoit à l’Accadémie, lorsqu’il disoit de lui : « Son style noble et léger ressembloit à la démarche des divinités fabuleuses qui couloient dans les airs sans poser le pied sur la terre. »
En tout : l’âme, le corps et l’ombre; c’est à dire l’essence, la constitution ou composition liée, et l’ombre ou apparence. Par son essence, il est; par sa constitution, il existe; par son ombre...
Je quittois l’habitude pour rentrer dans mon naturel. En ce moment donc, l’attrait venoit du naturel, l’habitude se défendoit; de là venoit la résistance, ou la répugnance à l’attrait.
Les plaisirs sont un point d’appui, ou un point de distraction.