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Espacer ses mots, ses phrases, ses pensées. — Compressibilité des uns et des autres : on ne doit point en abuser.
... et des esprits qui soient sympathiques au mien.
[…] mars.
En musique, « l’art de l’augmentation et de la diminution du bruit » — d’en marquer, d’en faire sentir les gradations et les dégradations par nuances et demi-tons — véritable « art du clair-obscur ».
4 mars.
Comment le feu se communique par les fumées, comme il s’y prend et s’y attache.
L’équilibre. On le cherche pour s’endormir. Si intérieur, facile à trouver. Sinon, difficile. — Avec combien peu de chose on l’établit : un pli ou un dépli suffit.
De tels écrits. Il suffit d’en avoir goûté et d’en retenir la saveur.
Voyez Lamotte. Il se trompe toujours par d’excellentes raisons.
5 mars.
Ce vers ridicule de Lamotte : La sci-ence d’aimer s’est perfecti-onné-e. bon à envoyer à M. de St P[ierre].
« Comme cet ouvrage avoit fait beaucoup de bruit dans ma tête, je croyois qu’il [en] avoit fait beaucoup dans le monde; mais je me suis trompée. » Mme de Bⁿᵗ. Cela est très bien dit.
6 mars.
Journaux. « D’un divertissement on fait une fatigue. » Se lisent vite; ne doivent contenir que des pensées qui ne puissent pas arrêter l’esprit du lecteur. Un journaliste, pour être bon, ne doit pas être trop supérieur au public, mais un primus inter pares. Et de là, les jeunes gens qui ont de l’esprit et du talent sont propres à bien écrire un journal. Car toutes les pensées (même communes) étant pour eux des nouveautés, des découvertes, ils leur donnent de bonne foi du relief par l’expression; et par le bienfait de leur âge ils écrivent bien ce qui ne mérite que peu d’être bien écrit.
28 février.
[Le président de Brosses.] « Je ne pourrai jamais me résoudre à dire qu’un bâtiment sans colonnes soit un bâtiment parfaitement beau. » Je suis de son avis.
27 février.
Le marbre, plus propre que le bronze (et par conséquent que toute autre matière) à rendre nettement une expression de vie, une belle expression. On lui donne assés aisément, sinon le teint, au moins le moelleux de la peau. Je dirois presque son mouillé. Plus il [est] dur, plus il est sec, mieux il l’exprime comme par une espèce de repoussement qui les renvoye et les maintient à la surface. (sic.)