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Le divorce? il ne plaît pas même dans les oiseaux. Buffon a diffamé les tourterelles en nous disant, etc.
Ils sont premiers — et non premiers qui ont fait — mais premiers qui ont bien fait. Avant Homère, il exista mille poètes.
Si une intelligence supérieure vouloit rendre compte des choses humaines aux habitans des cieux et leur en donner une idée exacte, elle s’exprimeroit comme Homère.
25 février.
Pourquoi les instrumens que les peintres ont mis quelquefois dans les mains des anges sont ridicules. 1ᵒ c’est que le son en est connu. 2ᵒ c’est que dans l’imperfection terrestre de nos voix mêmes, nous n’en usons que pour en tirer des effets propres à nous donner une idée...
1ᵐᵉⁿᵗ Une bouche entrouverte avec une certaine rondeur dans un visage où est dépeinte l’expression qui est propre au chant fait imaginer une voix. Mais un clavier d’orgue sous des doigts, un violon entre des mains, une flûte sous une bouche, ne fait point du tout imaginer des sons.
2ᵐᵉⁿᵗ Nos instrumens dont l’effet est connu, déterminé, fixe, invariable ne prêtent point à l’idéal.
3ᵐᵉⁿᵗ Nous n’usons de ces intrumens dans notre imperfection terrestre que pour en tirer des effets propres à nous donner l’idée d’une harmonie supérieure telle que nous pouvons aisément nous figurer des voix célestes.
Peintres, faites chanter les anges, mais ne les faites pas jouer du luth, et encore moins de la basse. Il est ridicule de mettre un pareil orchestre ou dans les airs ou dans les cieux. Et Raphaël lui-même eut tort lorsque dans la Sainte Cécile...
On peint une bouche qui chante, parce qu’il y a là de la vie. Mais on ne peut en aucune manière peindre un instrument qui résonne parce qu’il est de bois et qu’il n’a point de visage qui puisse en exprimer.
En tout, il ne s’agit pas tant de peindre quoi que ce soit que d’en donner l’idée. Mais on ne parvient jamais à donner l’idée d’une chose qu’en peignant avec vérité ce qui se trouve propre à la donner.
Il faut que les pensées s’entresuivent et se lient, comme les sons dans la musique, par leur seul rapport — harmonie — et non comme les chaînons d’une chaîne, comme des perles enfilées.
Et peut-être en effet tous les talens marqués viennent de quelque singularité interne qui nous constitue tous en un état plus ou moins maladif et ne fait de nous que des êtres bizarres, si elle n’est unie d’ailleurs à une parfaite organisation.
J’ai toujours une image à rendre. Voilà donc une image et une pensée, deux choses pour une et double travail pour moi. Outre la pensée et l’image, j’ai encore une troisième chose à exprimer; c’est la disposition, l’attitude ou les mouvemens de l’esprit en passant d’une idée à l’autre.
Dans l’oratoire, il y a mouvement complet et par conséquent aisé à faire; dans le philosophique, il n’y a que demi mouvement, ou mouvement retenu, et par conséquent difficile.
[…] février.
Contrastes. Ne plaisent et ne sont beaux qu’autant qu’ils participent (et ne sont en effet) de celui qui se trouve en nous entre l’âme et le corps, l’esprit et la matière. Lors donc qu’il y a dans quelque objet ou dans quelque ouvrage quelque chose qui est propre à frapper l’esprit et les sens, en sorte que l’esprit domine, l’objet et l’ouvrage sont beaux.
[…]8 février.
Dieu. Puisque nous imaginons son essence sous les apparences de l’air, nous ne pouvons mieux nous figurer son action que sous l’apparence d’un souffle.
[…] mars.
Cet amour vient des sens sans doute, mais il s’en est séparé. Ou plutôt il entre par les yeux et y demeure comme un charme. Il descend dans le cœur, mais s’y arrête et ne va pas plus loin. La partie inférieure de nous même lui est opposée et ennemie.
[…] mars.
En philosophie, la manière de Platon et celle de Fontenelle, excellentes toutes deux. Pourquoi.
[…] mars (mardi gras).
Je passe ma vie à chasser à ces papillons — tenant pour bonnes les idées qui se trouvent conformes aux communes, et les autres seulement pour miennes.